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Je crois que notre société industrielle souffre…

« Je crois que notre socié­té indus­trielle souffre d’un malaise fon­da­men­tal, qui est d’ordre moral et poli­tique et se résume à ceci que l’individu n’a de pou­voir que dans le rôle irres­pon­sable du consommateur. »

Ber­trand de Jouvenel
Arca­die, Essai sur le mieux vivre, in Revue de droit com­pa­ré, édi­tions S.E.D.E.S, 1969

Nous nous retrouvâmes dans une salle pleine à craquer…

« Nous nous retrou­vâmes dans une salle pleine à cra­quer de jeunes de notre âge. Sur la scène, l’un deux jouait de l’accordéon. Et tous se mirent à chan­ter. Ce fut pour moi un choc fan­tas­tique que cette bru­tale révé­la­tion d’une com­mu­nau­té vivante, d’une patrie inter­dite dont le ciment était cultu­rel avant d’être poli­tique. En un éclair, je com­pris que Nation et État peuvent ne pas coïn­ci­der. Et aus­si qu’un peuple est indes­truc­tible tant qu’il existe, dans de mul­tiples foyers, une manière de vivre qui n’est pas celle du « pays légal » pour reprendre une vieille for­mule maur­ras­sienne. »

Jean Mabire
La Varende entre nous, édi­tions Pré­sence de La Varende, 1999

Il y a deux façons principales d’envisager l’homme et la société…

« Il y a deux façons prin­ci­pales d’envisager l’homme et la socié­té. Ou bien la valeur fon­da­men­tale est pla­cée dans l’individu (et, par suite, dans l’humanité, for­mée de l’addition de tous les indi­vi­dus) : c’est l’idée chré­tienne, bour­geoise, libé­rale et socia­liste. Ou bien la valeur fon­da­men­tale, ce sont les peuples et les cultures, notions émi­nem­ment plu­rielles qui fondent une approche « holiste » de la socié­té. Dans un cas, l’humanité, somme de tous les indi­vi­dus, est éga­le­ment « conte­nue » dans chaque être humain par­ti­cu­lier : on est d’abord un « homme », et secon­dai­re­ment seule­ment, comme par acci­dent, membre d’une culture et d’un peuple. Dans l’autre, l’humanité n’est que l’ensemble des cultures et des com­mu­nau­tés popu­laires : c’est par ses appar­te­nances orga­niques que l’homme est fon­dé dans son huma­ni­té. D’un côté, on a Des­cartes, les Ency­clo­pé­distes et l’idéologie des droits de l’homme ; la natio­na­li­té et la socié­té reposent sur le choix élec­tif indi­vi­duel et le contrat-plé­bis­cite révo­cable uni­la­té­ra­le­ment. De l’autre, on a Leib­niz, Her­der, le droit des cultures et la cause des peuples ; la natio­na­li­té et la socié­té reposent sur l’héritage cultu­rel et his­to­rique. La dif­fé­rence entre ces deux concep­tions se retrouve jusque dans la façon d’envisager l’histoire et le struc­ture du réel. Nous sommes bien évi­dem­ment, quant à nous, du côté du holisme. L’individu, à nos yeux, n’existe qu’en liai­son avec les col­lec­ti­vi­tés dans les­quelles ils s’inclut (et par rap­port aux­quelles il se sin­gu­la­rise). Toute acti­vi­té indi­vi­duelle repré­sente un acte par­ti­ci­pant de la vie d’un peuple. L’intérêt de l’individu ne sau­rait être appré­cié « en soi ». »

Alain de Benoist
Orien­ta­tions pour des années déci­sives, édi­tions Le Laby­rinthe, 1982

Nous combattons à la fois pour l’héritage des ancêtres…

« Pour­quoi nous com­bat­tons ? Nous ne com­bat­tons pas prio­ri­tai­re­ment pour la « cause des peuples », car l’identité de chaque peuple le regarde et ne nous regarde pas, et parce que l’histoire est un cime­tière de peuples et de civi­li­sa­tions. Nous com­bat­tons pour la cause du des­tin de notre seul peuple. Même dans l’action poli­tique, cultu­relle ou méta­po­li­tique la plus quo­ti­dienne, la plus terre-à-terre (et qui est indis­pen­sable), la plus humble, même dans la for­mu­la­tion de pro­grammes pra­tiques, il faut avoir en tête cet impé­ra­tif de Grande poli­tique : nous com­bat­tons à la fois pour l’héritage des ancêtres et pour l’avenir des enfants. »

Guillaume Faye
Pour­quoi nous com­bat­tons – Mani­feste de la Résis­tance euro­péenne, Édi­tions de L’AEncre, 2001

En fait la colonisation en cours est beaucoup plus conforme…

« En fait la colo­ni­sa­tion en cours est beau­coup plus conforme à la défi­ni­tion et à l’étymologie du terme que celle à laquelle s’est livrée la France dans ce qui fut son empire, jadis. Colo­ni­sa­tion de peu­ple­ment, colo­ni­sa­tion par la masse démo­gra­phique, colo­ni­sa­tion par sub­sti­tu­tion eth­nique, elle est sur­tout beau­coup plus grave, en cela qu’elle menace, elle, d’être irré­ver­sible, sans recours pos­sible. Une colo­ni­sa­tion comme celle qu’a pra­ti­quée notre pays, une colo­ni­sa­tion mili­taire, poli­tique et admi­nis­tra­tive, on peut s’en débar­ras­ser en un tour­ne­main, l’histoire l’a mon­tré. Une colo­ni­sa­tion comme celle qu’il subit depuis des lustres, une colo­ni­sa­tion par chan­ge­ment de peuple, celle-là est défi­ni­tive, à moins de faire inter­ve­nir la remi­gra­tion, pré­ci­sé­ment, avant qu’il soit tout à fait trop tard. »

Renaud Camus
« Lettre à Fabrice Robert », sep­tembre 2014

Les longues périodes de paix favorisent certaines illusions…

« Les longues périodes de paix favo­risent cer­taines illu­sions d’optique. L’une d’elles est la croyance que l’inviolabilité du domi­cile se fonde sur la Consti­tu­tion, est garan­tie par elle. En fait, elle se fonde sur le père de famille qui se dresse au seuil de sa porte, entou­ré de ses fils, la cognée à la main. »

Ernst Jün­ger
Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1995

Toute idéologie organique donne un sens au monde…

« Toute idéo­lo­gie orga­nique donne un sens au monde, et le monde fait sens, plus ou moins éla­bo­ré, pour toute socié­té humaine. Or, il n’y a pas de cohé­sion des groupes parce que le monde a un sens ; il y a du sens dans le monde parce qu’il faut de la cohé­sion dans les groupes. »

Régis Debray
Cri­tique de la rai­son poli­tique, édi­tions Gal­li­mard, 1981

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