C’est le matin que les professeurs et les policiers réclament…

« C’est le matin que les pro­fes­seurs et les poli­ciers réclament, que les phi­lo­sophes ont exal­té depuis deux siècles, le matin de l’uniformité, du réflexe condi­tion­né, du meilleur des mondes, de l’ordre abso­lu, de la réa­li­té éga­li­taire, de la gri­saille, de la réac­tion uni­forme à un sti­mu­lus uni­forme, le matin où une cloche qui tin­te­ra fera prendre aux mou­tons le che­min du pâtu­rage. C’est aus­si le matin pour la venue duquel nous prions dans nos orga­ni­sa­tions indus­trielles, dans nos fermes col­lec­tives, dans nos conciles ecclé­sias­tiques, dans nos sys­tèmes de gou­ver­ne­ment, dans nos rap­ports entre États, dans nos nobles demandes d’un gou­ver­ne­ment mon­dial. C’est le matin auquel nous aspi­rons lorsque nous for­mu­lons la prière d’être un jour tous les mêmes. C’est le matin contre la venue duquel, qu’ils le sachent ou non, les jeunes élèvent leur pro­tes­ta­tion. Et c’est un matin, il faut l’espérer, qui ne vien­dra jamais. »

Robert Ardrey
La loi natu­relle, édi­tions Stock, 1971

Qu’une entité politique se forme, puis s’agrandisse par des moyens entièrement pacifiques…

« Qu’une enti­té poli­tique se forme, puis s’agrandisse par des moyens entiè­re­ment paci­fiques, c’est dans l’histoire une nou­veau­té inouïe dont il faut se féli­ci­ter. Mais ne soyons pas naïfs et sachons per­ce­voir, der­rière l’“Hymne à la Joie”, les froids cal­culs des déci­deurs : l’élargissement de la Com­mu­nau­té a quelque chose d’une pré­da­tion. Les éco­no­mies avan­cées espèrent exploi­ter des réserve de main‑d’œuvre qua­li­fiée à bon marché. »

Rémi Brague
Modé­ré­ment moderne, édi­tions Flam­ma­rion, 2014

Ils comprirent subitement qu’un nouveau vouloir demande de nouvelles lois…

« Ils com­prirent subi­te­ment qu’un nou­veau vou­loir demande de nou­velles lois, des lois qui se for­mu­laient dans les cer­veaux inlas­sa­ble­ment en tra­vail de ces lut­teurs soli­taires, et qui les char­geaient d’une si mons­trueuse res­pon­sa­bi­li­té que seuls pou­vaient l’assumer ceux qui étaient dis­po­sés à se don­ner sans res­tric­tion. […] Ce sont les hommes qui décident et non pas les faits. »

Ernst von Salomon
Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1930, trad. Andh­rée Vaillant et Jean Kucken­berg, édi­tions Plon, coll. Feux croi­sés, 1931

La France a perdu le privilège, sur son sol, d’imposer son mode de vie…

« La France a per­du le pri­vi­lège, sur son sol, d’imposer son mode de vie, son modèle cultu­rel. On n’a plus le droit d’exiger qu’on vive à Rome comme les Romains’. On peut juste récla­mer la coexis­tence. Ain­si émerge le nou­veau concept de Vivre ensemble’. C’est un nou­veau pas, un nou­veau recul ; la nation fran­çaise tente la jux­ta­po­si­tion, à la liba­naise, de com­mu­nau­tés auto­nomes qu’on renonce à fondre ensemble. Avec seule­ment un règle­ment de copro­prié­té : le code laïc, que beau­coup rejettent, d’ailleurs. C’est aux citoyens fran­çais de s’adapter et de raser les murs, tête basse. Le temps est venu de la colo­ni­sa­tion à rebours et de l’assimilation à l’envers. »

Phi­lippe de Villiers
Le moment est venu de dire ce que j’ai vu, édi­tions Albin Michel, 2015

Il n’y a pas de croissance économique ou de prospérité à la séduction…

« Il n’y a pas de crois­sance éco­no­mique ou de pros­pé­ri­té à la séduc­tion de laquelle on doive céder quand le prix à payer serait une limi­ta­tion essen­tielle de la liber­té et de l’espace néces­saire pour que cha­cun puisse réa­li­ser ce qui lui est acces­sible au-delà de la sphère condi­tion­née de la matière et des besoins de la vie ordinaire. »

Julius Evo­la
Les Hommes au milieu des ruines (Gli uomi­ni e le rovine), 1953

Avant 1945, dans toutes les nations européennes, on honorait encore les symboles militaires…

« Avant 1945, dans toutes les nations euro­péennes, on hono­rait encore les sym­boles mili­taires et l’héroïsme du com­bat­tant. Même en France, mal­gré les consé­quences mul­tiples de la Révo­lu­tion, l’offi­cier de réserve béné­fi­ciait d’un sta­tut moral pri­vi­lé­gié, au même titre que le pro­prié­taire ter­rien, alors que cette grâce était refu­sée aux pro­fes­sions du com­merce et de la finance. Faute de recul et de vision his­to­rique, on ne mesure pas encore l’ampleur de ce qui a été détruit. »

Domi­nique Venner
His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, Édi­tions du Rocher, coll. His­toire, 2002

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