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Citations sur la démocratie

Les philosophes grecs n’approuvaient pas la démocratie…

« L’autre jour à la Chambre, M. Eden a expri­mé sa dou­leur face aux évé­ne­ments en Grèce, la patrie de la démo­cra­tie”. Est-il igno­rant ou de mau­vaise foi ? δημοχρατία n’était pas, en grec, un terme posi­tif, mais presque l’équivalent de loi de rue” ; et il a omis de signa­ler que les phi­lo­sophes grecs (et la Grèce est bien davan­tage la patrie de la phi­lo­so­phie) n’approuvaient pas la démo­cra­tie. Et les grands États grecs, en par­ti­cu­lier Athènes à l’époque de son apo­gée artis­tique et poli­tique, étaient plu­tôt des dic­ta­tures, si elles n’étaient pas des monar­chies mili­taires comme Sparte ! Et la Grèce moderne a aus­si peu de rap­port avec l’ancienne Hel­lade que nous en avons, nous, avec la Bre­tagne d’avant Julius Agricola. »

John Ronald Reuel Tolkien
Lettres (1981), n°94, édi­té par Hum­phrey Car­pen­ter et Chris­to­pher Tol­kien, trad. Del­phine Mar­tin et Vincent Fer­ré, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2005

Une idéologie de vieillards…

« À 18 ou à 20 ans, com­ment un gar­çon épris d’absolu, d’enga­ge­ment, de sacri­fice, de foi… pour­rait-il être démo­crate, sys­tème basé sur le com­pro­mis, le scep­ti­cisme et la rela­ti­vi­sa­tion des idées, la réduc­tion de toute chose aux petits inté­rêts et à la tran­quilli­té bour­geoise. C’est une idéo­lo­gie de vieillards et de ren­tiers, ima­gi­née par des bour­geois (des gens qui pensent bas­se­ment) pour leur satis­fac­tion propre. »

Domi­nique Venner
Car­nets rebelles – volume I, édi­tions de La Nou­velle Librai­rie, 2021

Dans la démocratie marchande, l’identité est une part de marché…

« Dans la démo­cra­tie mar­chande, l’identité est une part de mar­ché et de l’« offre poli­tique » par­mi d’autres, comme la sécu­ri­té ou la sou­ve­rai­ne­té, ni plus, ni moins. La lote­rie élec­to­rale n’est qu’un diver­tis­se­ment, un opium dont les effets, d’ailleurs, s’amenuisent. Ain­si la seule fonc­tion d’un par­ti aux pré­ten­tions révo­lu­tion­naires, en cas de crise grave, serait d’ordonner : « Il faut savoir ter­mi­ner une grève ». Les dés sont pipés ; il ne faut plus jouer mais vivre et penser. »

Rémi Sou­lié
Raci­na­tion, édi­tions Pierre Guillaume de Roux, 2018

Tel est le romantisme : une passionnante plongée dans le subconscient européen…

« Tel est le roman­tisme : une pas­sion­nante plon­gée dans le sub­cons­cient euro­péen, un inven­taire, non encore exhaus­tif, mais déjà d’une richesse incroyable, de notre domaine cultu­rel. Après cela, l’Eu­rope se conso­lide sous la forme que nous lui connais­sons : bour­geoise, mer­can­tile, colo­nia­liste, démo­cra­ti­sante, nive­leuse, nationaliste… »

Pierre Gri­pa­ri
Cri­tique et auto­cri­tique, édi­tions L’Âge d’Homme, 1981

Le faux dogme de l’égalité…

« Le faux dogme de l’égalité, flat­teur aux faibles, abou­tit en réa­li­té à la licence infi­nie des puissants. »

Ber­trand de Jouvenel
Du pou­voir, 1945, édi­tions Hachette, coll. Plu­riel, 1972

La démocratie dégénérant en oligarchie…

« La démo­cra­tie dégé­né­rant en oli­gar­chie, l’idéologie domi­nante éri­gée en pen­sée magique, nous nous trou­vons là en pré­sence de deux graves dérives qui sont direc­te­ment res­pon­sables de la para­ly­sie dont notre socié­té semble atteinte. Arri­vée au terme de son cycle his­to­rique, la gauche peut se tar­guer d’avoir fait dépé­rir le politique. »

Bru­no Mégret
L’Autre scé­na­rio pour la France et l’Europe, Édi­tions Cité liber­té, 2006

Il est clair qu’un parti occupé à la conquête…

« Il est clair qu’un par­ti occu­pé à la conquête ou à la conser­va­tion du pou­voir gou­ver­ne­men­tal ne peut dis­cer­ner dans ces cris que du bruit. Il réagi­ra dif­fé­rem­ment selon que ce bruit gêne celui de sa propre pro­pa­gande ou au contraire le gros­sit. Mais en aucun cas il n’est capable d’une atten­tion tendre et divi­na­trice pour en dis­cer­ner la signification. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

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