Auteur

Alain de Benoist

Né en 1943, écrivain français, journaliste, essayiste, conférencier, philosophe, Alain de Benoist a publié plus de 100 livres et plus de 2000 articles, aujourd'hui traduits dans une quinzaine de langues. Ses domaines de prédilection sont la philosophie politique et l'histoire des idées, mais il est aussi l'auteur de nombreux travaux portant notamment sur l'archéologie, les traditions populaires, l'histoire des religions ou les sciences de la vie. Il est considéré comme l’inspirateur du mouvement intellectuel dit de la « Nouvelle droite », même s’il récuse ce terme parce qu’il le trouve trop équivoque. 

Découvrez 26 citations d’Alain de Benoist

Nous dirons qu’une société et un peuple sont en forme…

« Nous dirons qu’une socié­té et un peuple sont en forme quand : 1) ils res­tent conscients de leurs ori­gines cultu­relles et his­to­riques ; 2) ils peuvent se ras­sem­bler autour d’un média­teur, indi­vi­duel ou sym­bo­lique, capable de ras­sem­bler les éner­gies et de cata­ly­ser la volon­té de des­tin ; 3) ils conservent le cou­rage de dési­gner leur enne­mi. Or, aucune de ces condi­tions n’est réa­li­sée dans la socié­té libé­rale mar­chande, qui : 1) dis­sout les mémoires ; 2) éteint le sublime et effrite les pas­sions ; 3) ne veut pas avoir d’ennemi et croit qu’il est pos­sible de ne pas en avoir. »

Alain de Benoist
Orien­ta­tions pour des années déci­sives, édi­tions Le Laby­rinthe, 1982

Il est dans l’essence du mythe de requérir le culte…

« Parce que le divin demande à être incar­né” (Wal­ter F. Otto), il est dans l’essence du mythe de requé­rir le culte, comme il est dans l’essence du culte d’appeler le mythe. Tous deux tra­duisent la mani­fes­ta­tion du sacré et la pré­sence du divin. Tous deux répondent à cette pré­sence, l’un par la parole, l’autre par le geste, éclai­rant du même coup la façon dont la théo­rie et la pra­tique sont liées. Si le mythe est un dire, le rite est un faire qui pro­longe ce dire. Le mythe, écrit Van der Leeuw, est une célé­bra­tion en parole, le rite est une décla­ra­tion en acte”. Pas­cal David ajoute que le culte n’est autre chose que l’attitude de l’homme dans laquelle le mythe prend corps”. Le culte, en effet, n’est pas une simple évo­ca­tion de l’événement mythique, mais le dévoi­le­ment répé­té, tou­jours plus assu­ré, de cet évé­ne­ment même. L’unité du mythe et du culte, pré­cise Wal­ter F. Otto, consiste en ce que dans les deux cas, la proxi­mi­té du divin se mani­feste dans une Figure”. Dans le culte comme geste, dans le mythe comme parole de véri­té. La plus pro­fonde dif­fé­rence entre les deux est que dans le culte l’homme s’élève jusqu’au divin et agit pour ain­si dire en com­mu­nau­té avec lui, tan­dis que dans le mythe, c’est le divin qui s’abaisse jusqu’à lui en s’incarnant dans une figure humaine ou appa­ren­tée à l’homme. »

Alain de Benoist
L’empire inté­rieur, édi­tions Fata Mor­ga­na, 1995

La radicalité implique de chercher toujours à comprendre plus loin…

« La radi­ca­li­té […] implique de cher­cher tou­jours à com­prendre plus loin, en remon­tant à la racine (radix) – à la chose même (zur Sache selbst, disait Hei­deg­ger en se réfé­rant à Hus­serl) – e à en tirer les consé­quences. Être radi­cal, ce n’est pas seule­ment refu­ser le com­pro­mis, c’est s’intéresser aux causes loin­taines plus qu’aux effets immé­diats, déduire d’une posi­tion quel­conque les conclu­sions logiques qui en dérivent (si l’on sou­tient telle posi­tion, alors on ne peut pas sou­te­nir telle autre, mais on doit en revanche admettre une troi­sième dans tel autre domaine), cher­cher à connaître la nature d’une thé­ma­tique en éta­blis­sant sa généa­lo­gie, c’est-à-dire en remon­tant à ses ori­gines. Don­ner aux choses une dimen­sion de pro­fon­deur qui est consti­tu­tive de la pen­sée. La recherche des prin­cipes pre­miers, la médi­ta­tion sur les choses ultimes font par­tie de la radi­ca­li­té. Ce qui exige d’être intel­lec­tuel­le­ment struc­tu­ré. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

La pensée se forme et s’informe à partir de rencontres, de lectures…

« Elle [la pen­sée] se forme et s’informe à par­tir de ren­contres, de lec­tures, de maîtres accep­tés et dépas­sés, de thé­ma­tiques explo­rées et reje­tées, comme de la dis­pu­ta­tio que ces diverses expé­riences engendrent. Dans la pai­deia clas­sique, tout théo­ri­cien” est lui-même d’abord un héri­tier, étape indis­pen­sable à son éman­ci­pa­tion future. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Le conservatisme reçoit dès lors une définition substantielle…

« L’usage de ce concept va de pair avec une annexion de l’idée de révo­lu­tion : révo­lu­tion natio­nale”, révo­lu­tion conser­va­trice”, révo­lu­tion alle­mande”. Le conser­va­tisme reçoit dès lors une défi­ni­tion sub­stan­tielle : il se rap­porte à un conte­nu pré­cis, et non plus à une atti­tude géné­rale, la ques­tion des moyens deve­nant de ce fait secon­daire. La conclu­sion des néo­con­ser­va­teurs est que seule une révo­lu­tion peut res­ti­tuer ce qui mérite d’être conser­vé. Conser­va­tisme” ne signi­fie plus défense de l’ordre en place, mais défense de ce qui a de la valeur, fût-ce au prix d’un bou­le­ver­se­ment total de la socié­té. »

Alain de Benoist
Quatre figures de la Révo­lu­tion Conser­va­trice alle­mande, Les Amis d’Alain de Benoist, 2014

Il semble qu’un style de vie fondée sur l’idée de risque…

« Il semble qu’un style de vie fon­dée sur l’idée de risque (l’« aven­ture ») ou la notion de ser­vice est aujourd’hui sans écho […] La vraie rai­son de la dis­pa­ri­tion de la peine capi­tale est la géné­ra­li­sa­tion de l’idée selon laquelle l’homme n’est pas res­pon­sable de lui-même, jointe à l’idée que la jus­tice ins­ti­tuée n’a rien à voir avec la sym­bo­lique de la ven­geance. […] En l’état actuel des choses, une majo­ri­té de Fran­çais refu­se­rait de se battre pour défendre sa liber­té. Nous sommes, en d’autres termes, dans une socié­té qui pense que rien n’est pire que la mort, et notam­ment pas l’esclavage. L’inconvénient est que ce type de socié­té finit tou­jours par mou­rir. Après avoir été esclave. »

Alain de Benoist
Orien­ta­tions pour des années déci­sives, édi­tions Le Laby­rinthe, 1982

Appartenir à l’aristocratie, cela ne consiste pas à bénéficier…

« Appar­te­nir à l’aristocratie, cela ne consiste pas à béné­fi­cier de plus de pri­vi­lèges ou de droits sup­plé­men­taires, mais à s’imposer plus de charges, à se faire une idée plus haute de ses devoirs, à se sen­tir plus res­pon­sable que les autres. Se com­por­ter de manière noble, de quelque milieu social que l’on pro­vienne, c’est n’être jamais satis­fait de soi, ne jamais rai­son­ner en termes d’utilité. Beau­té de la gra­tui­té, beau­té de la dépense inutile”, beau­té du geste. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Nous sommes entrés dans un monde où tout ce qui…

« Nous sommes entrés dans un monde où tout ce qui était solide et durable est deve­nu tran­si­toire et insi­gni­fiant. Un monde de flux et de reflux, rele­vant d’une sorte de logique mari­time” et liquide. Les types humains qui pré­do­minent sont ceux du nar­cis­sique imma­ture, de l’arriviste for­ce­né, de l’imposteur satis­fait. Mélange d’intolérance sec­taire et d’hédo­nisme de bas niveau sur fond d’idées fausses et d’hygiénisme puri­tain. La constante pro­gres­sion de l’inculture me désole éga­le­ment. L’inculture n’est certes pas nou­velle. Sans doute était-elle-même plus répan­due dans le pas­sé qu’elle ne l’est aujourd’hui, mais au moins ce n’étaient pas les incultes qui don­naient le ton. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Le militantisme est une école…

« Le mili­tan­tisme est une école, et l’une des meilleures qui puissent être. C’est une école de dis­ci­pline et de tenue, d’exaltation et d’enthousiasme, une école de don de soi. C’est aus­si un creu­set d’ami­tié comme il y en a peu : avoir mili­té ensemble crée des liens qui per­durent dans le temps et, par­fois, triomphent de tout. […] Cela dit, c’est aus­si une école dont il faut savoir sor­tir […]. Le mili­tan­tisme a aus­si ses limites. Il a ses aspects néga­tifs. Le mili­tant n’est pas seule­ment quelqu’un qui se donne à fond, ce qui est une bonne chose. C’est aus­si un par­ti­san dans le mau­vais sens du terme. Il répète un caté­chisme, il se réfère à un nous” col­lec­tif qui le dis­pense de toute pen­sée per­son­nelle. Le bon mili­tant” est un true beli­vier, qui pré­fère les réponses aux ques­tions parce qu’il a besoin de cer­ti­tudes. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés