L’histoire est un drame…

« L’his­toire est un drame, chaque géné­ra­tion a son drame. Il y a des drames qui se ter­minent bien, d’autres qui se ter­minent très mal. Nous en savons quelque chose en ce siècle. Ce que nous pou­vons faire, c’est d’o­rien­ter les nations euro­péennes selon la réa­li­té et selon leur voca­tion. Si nous sommes sub­mer­gés par l’a­mé­ri­ca­ni­sa­tion, c’est que nous n’au­rons pas été assez intel­li­gents ni sub­tils pour assu­rer la suture entre pas­sé et avenir. »

Marc Fuma­ro­li
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’é­pée, entre­tien. Pro­pos recueillis par Patrick Jan­sen, Enquête sur l’his­toire n°24, décembre 1997 – jan­vier 1998

L’Europe est née d’une catastrophe…

« L’Eu­rope est née d’une catastrophe.
Avant elle, il y avait l’Em­pire romain, empire médi­ter­ra­néen, donc mari­time et non conti­nen­tal. Bien avant sa chute, il s’é­tait divi­sé, déjà, en deux par­ties cultu­rel­le­ment dis­tinctes : l’Em­pire d’O­rient qui par­lait grec, et l’Em­pire d’Oc­ci­dent qui par­lait latin — l’un et l’autre ron­gés en dedans par la lèpre chré­tienne.
Lors des grandes inva­sions du Ve siècle, l’Em­pire d’O­rient résiste, et il résis­te­ra pen­dant tout le moyen-âge. Mais l’Oc­ci­dent s’ef­fondre et se voit contraint d’a­dop­ter une atti­tude col­la­bo­ra­trice”, en s’ef­for­çant de main­te­nir une cer­taine conti­nui­té cultu­relle. Le schisme entre catho­liques et ortho­doxes n’est pas autre chose que le reflet de cette sépa­ra­tion politique. »

Pierre Gri­pa­ri
Cri­tique et auto­cri­tique, édi­tions L’Âge d’Homme, 1981

Une nouvelle Révolution ? Nous y sommes prêts…

« Une nou­velle Révo­lu­tion ? Nous y sommes prêts. Mieux encore, nous la vou­lons, et enten­dons l’insuffler. Pré­ci­sé­ment au moment où s’achèvent et s’épuisent de nom­breux cycles his­to­riques et idéo­lo­giques, dont prin­ci­pa­le­ment celui de la moder­ni­té mar­chande, indi­vi­dua­liste et libé­rale” impo­sée par les Lumières. »

Gré­goire Gambier 
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (conclu­sion), Oli­vier Eichen­laub dir., La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Au moment où la tête du Roi est tombée…

« Au moment où la tête du Roi est tom­bée, il y eut une rup­ture dans la vie sociale. Elle a per­du une de ses assises. Elle a per­du la néces­saire trans­cen­dance. »

Louis Alphonse de Bourbon
Dis­cours sui­vant la Messe célé­brée à la mémoire du Roi Louis XVI à la Cha­pelle Expia­toire, 20 jan­vier 2019

Si l’histoire ne se reproduit pas…

« Si l’histoire ne se repro­duit pas, en revanche, elle peut appor­ter des recettes. Les deux prin­ci­pales qu’il faut rete­nir sont la place cen­trale recon­nue à l’homme de la nais­sance à ses fins der­nières et le sens du Bien com­mun. »

Louis Alphonse de Bourbon
Mes­sage de Mon­sei­gneur le Duc d’Anjou à l’occasion de la messe en mémoire de Louis XVI, legitimite.fr, 19 jan­vier 2020.

Toute existence est tragique…

« Toute exis­tence est tra­gique, toute affir­ma­tion est tra­gique, toute l’histoire est tra­gique. Ce qui se passe n’a pas d’autre sens que celui que nous lui don­nons. Contre­par­tie : tout reten­tit sur tout. Nos gestes les plus infimes ont une consé­quence dans les par­ties les plus recu­lées de l’univers. »

Alain de Benoist
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (post­face), La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

L’autorité conduit souvent à l’isolement…

« L’autorité conduit sou­vent à l’isolement qui conduit les empe­reurs sur les rochers et les céli­ba­taires dans les cuisines. »

Michel Audiard
Dans Les Bons Vivants (film), 1965, in Audiard par Audiard, édi­tions René Châ­teau, 2005

L’émergence d’une culture…

« L’émergence d’une culture est tou­jours inti­me­ment liée à un ter­ri­toire, ce qui implique la notion de fron­tière, de limite : toute culture est le pro­duit de l’histoire d’un peuple don­né, c’est-à-dire d’un groupe humain par­ti­cu­lier sur un espace géo­gra­phique déli­mi­tée. Fron­tières et limites ne doivent pas être per­çues comme des car­cans qui nous enferment, mais comme les condi­tions d’existence des cultures humaines dans leur diver­si­té. »

Hen­ri Levavasseur
« Nature, culture, géné­tique : une anthro­po­lo­gie réa­liste pour une éco­lo­gie à l’en­droit », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Le progressiste libéral exige que l’histoire se comporte en accord avec les postulats de sa raison…

« Le pro­gres­siste libé­ral exige que l’histoire se com­porte en accord avec les pos­tu­lats de sa rai­son, puisque c’est la liber­té qui la crée ; et comme sa liber­té engendre aus­si les causes qu’il défend, aucun fait ne peut pri­mer sur le droit que la liber­té établit. »

Nicolás Gómez Dávila
Le Réac­tion­naire authen­tique (El reac­cio­na­rio autén­ti­co), 1995, trad. Michel Bibard, Édi­tions du Rocher/Anatolia, 2005

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