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Citations sur l'histoire

L’homme, est toujours une équation entre son être inertiel…

« (…) L’homme, comme per­sonne ou comme col­lec­ti­vi­té, est tou­jours une équa­tion entre son être iner­tiel – récep­tif, tra­di­tion­nel – et son être agile – entre­pre­nant, prêt à affron­ter les problèmes. »

José Orte­ga y Gasset 
Une médi­ta­tion sur l’Europe (Medi­ta­ción de Euro­pa), 1949, trad. Jean Cana­vag­gio, édi­tions Bar­tillat, 2023

Seule la France s’est régulièrement développée…

« Seule la France s’est régu­liè­re­ment déve­lop­pée, de sa nais­sance à sa mort. C’est le pays le plus accom­pli, qui a don­né tout ce qu’il pou­vait don­ner, qui n’a jamais man­qué le coche, qui a eu un Moyen Âge, une Renais­sance, une Révo­lu­tion et un Empire. Et une déca­dence. C’est le pays qui a fait son devoir. C’est le pays de l’accomplissement. »

Emil Cio­ran
De la France, 1941, Cahier Cio­ran, Édi­tions de L’Herne, 2009 puis 2024

Que serait donc un homme à ses propres yeux…

« Que serait donc un homme à ses propres yeux, s’il ne repré­sen­tait que soi-même ? Quand cha­cun de nous tourne la tête sur son épaule, il voit une suite indé­fi­nie de mys­tères, dont les âges les plus récents s’appellent la France. Nous sommes le pro­duit d’une col­lec­ti­vi­té qui parle en nous. Que l’influence des ancêtres soit per­ma­nente, et les fils seront éner­giques et droits, la nation une. »

Mau­rice Barrès
La Terre et les Morts, 1899, édi­tions de L’Herne, 2013

C’est qu’Homère devint très vite et resta pour les grecs…

« C’est qu’Homère devint très vite et res­ta pour les grecs, mal­gré les voix dis­cor­dantes de cer­tains phi­lo­sophes, non seule­ment le poète par excel­lence, mais le meilleur mora­liste et le meilleurs théo­lo­gien, le dépo­si­taire et l’interprète de toute sagesse humaine et divine, un maître à pen­ser et un maître à vivre (…). »

Robert Fla­ce­lière
La poé­sie homé­rique, intro­duc­tion à l’édition de la « biblio­thèque de la pléiade » (n°115) de l’Iliade et l’Odyssée, Gal­li­mard, 1956

Je commençai, dès ce temps-là, à m’intéresser à l’histoire…

« Je com­men­çai, dès ce temps-là, à m’intéresser à l’his­toire (…). Par­mi ses per­son­nages, Caton d’Utique me tou­cha, à qui plai­sait, non la cause vic­to­rieuse, mais la cause vain­cue. Comme d’autres, je trou­vais dans la fresque de l’Univers les ombres plus frap­pantes que les lumières, et plus pro­fondes, et dans la tris­tesse le recueille­ment pro­pice à la médi­ta­tion – Hec­tor et Han­ni­bal, les Indiens et les Boers, Mon­te­zu­ma et Maxi­mi­lien, empe­reur du Mexique. »

Ernst Jün­ger
Abeilles de verre (Glä­serne Bie­nen), 1957, trad. Hen­ri Plard, édi­tions Chris­tian Bour­gois, 1971

Le dégoût me serre la gorge…

« Le dégoût me serre la gorge. L’ordre bour­geois. J’ai man­qué à cet ordre. Ain­si disent-ils. Ils sont dans le droit. Je vomis leur droit. »

Ernst von Salomon
Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1930, trad. Andh­rée Vaillant et Jean Kucken­berg, édi­tions Plon, coll. Feux croi­sés, 1931, édi­tions Bar­tillat, coll. Omnia Poche, 2011

Désillusionnement et orgueil moderne

« La bar­rière qui sépare le pas­sé du pré­sent […] est l’expé­rience du dés­illu­sion­ne­ment, qui rend impos­sible de res­sai­sir l’innocence des pre­miers jours. Nous pour­rions dire que le dés­illu­sion­ne­ment est la forme carac­té­ris­tique de l’orgueil moderne, et cet orgueil ne se donne pas moins dans le mythe nos­tal­gique du pas­sé que dans la ver­sion plus agres­si­ve­ment triom­phante du pro­grès cultu­rel qui écarte le pas­sé sans regrets. »

Chris­to­pher Lasch
La révolte des élites et la tra­hi­son de la démo­cra­tie, 1995, trad. Chris­tian Four­nier, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs, 2007

Personne ne fait l’histoire, s’il n’ose risquer sa peau…

« Per­sonne ne fait l’his­toire, s’il n’ose ris­quer sa peau en condui­sant jus­qu’au bout l’ex­pé­rience qu’est sa vie et s’il ne la consi­dère pas comme un com­men­ce­ment et non comme une conti­nua­tion. Conti­nuer, l’a­ni­mal lui-même sait le faire ; com­men­cer est la pré­ro­ga­tive de l’homme. »

Carl Gus­tav Jung
L’Âme et la Vie, recueil de textes, trad. Roland Cahen et Yves Le Lay, édi­tions Buchet-Chas­tel, 1963, Le Livre de Poche, coll. Réfé­rences, 1995

Ceux qui se font un principe de mépriser l’opinion…

« Ceux qui se font un prin­cipe de mépri­ser l’opinion com­mune aux hommes depuis les temps les plus anciens et de refaire la socié­té sur des bases nou­velles ne peuvent s’étonner de la réserve de ceux d’entre nous qui font plus de cré­dit au juge­ment constant de l’humanité qu’à leurs idées ; nous pen­sons en effet qu’il leur reste – à eux-mêmes comme à leurs pro­jets – à faire leurs preuves. »

Edmund Burke
Réflexions sur la Révo­lu­tion en France, 1790, Les Belles Lettres édi­teur, 2016

L’histoire enseigne que les pays à territoire restreint ont un intérêt moral…

« L’histoire enseigne que les pays à ter­ri­toire res­treint ont un inté­rêt moral et maté­riel à rayon­ner au-delà de leurs étroites fron­tières. La Grèce fon­da sur les rivages de la Médi­ter­ra­née d’opulentes cités, foyers des arts et de la civi­li­sa­tion. Venise, plus tard, éta­blit sa gran­deur sur le déve­lop­pe­ment de ses rela­tions mari­times et com­mer­ciales, non moins que sur ses suc­cès poli­tiques. Les Pays-Bas pos­sèdent aux Indes trente mil­lions de sujets qui échangent contre les den­rées tro­pi­cales les pro­duits de la mère patrie. »

Léo­pold II, roi des Belges
Cité par Georges-Hen­ri Dumont in Pen­sées et réflexions, édi­tions L’amitié par le livre, 1948

Mesurons-nous, dans notre thébaïde européenne…

« Mesu­rons-nous, dans notre thé­baïde euro­péenne, le poten­tiel de cruau­té en train de s’amasser chez nos voi­sins défa­vo­ri­sés de l’Est ? L’Histoire est un per­pé­tuel recom­men­ce­ment, même si elle revêt d’autres formes. »

René Cagnat
La rumeur des steppes, édi­tions Payot, coll. Voya­geurs, 1999

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