Un projet de l'Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne

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La force de la cité…

« La force de la cité ne réside ni dans ses rem­parts, ni dans ses vais­seaux, mais dans le carac­tère de ses citoyens. »

Thu­cy­dide
His­toire de la guerre du Pélo­pon­nèse, 431 – 411 avant notre ère, trad. Jac­que­line de Romil­ly, Robert Laf­font édi­teur, coll. Bou­quins, 1990

Notre temps présente tous les caractères du Bas empire expirant…

« Notre temps pré­sente tous les carac­tères du Bas empire expi­rant : en pre­mière ligne, dis­lo­ca­tion de la famille et déna­ta­li­té ; dégra­da­tion fou­droyante des mœurs ; infil­tra­tions bar­bares. Et, paral­lè­le­ment, nébu­leuse de « noyaux de san­té » (Gus­tave Thi­bon), pierre d’attente du monde qui naît, timides indices d’un « retour au réel », ébauche de ce Nou­veau Moyen Âge pro­phé­ti­sé il y a plus de soixante ans par Nico­las Ber­diaeff. »

Ray­mond Delatouche
Le pay­san révol­té : entre­tiens avec Ray­mond Dela­touche, édi­tions Mame, coll. Tra­jec­toires, 1993

J’ai encore dans les narines l’odeur de la graisse qui fumait…

« J’ai encore dans les narines l’odeur de la graisse qui fumait sur le fusil-mitrailleur brû­lant. J’ai encore dans les oreilles le cris­se­ment de la neige sous les bro­de­quins ; le frois­se­ment des herbes sèches bat­tues par le vent sur les rives du Don. J’ai encore devant les yeux ce que je voyais au-des­sus de ma tête : la nuit, le car­ré étoi­lé de Cas­sio­pée, le jour, les poutres au pla­fond du bun­ker. Dès que j’y pense, j’éprouve la même ter­reur qu’en cette mati­née de jan­vier où la Katiu­cha se mit à nous cra­cher des­sus de ses soixante-deux canons. »

Mario Rigo­ni Stern
Le Ser­gent dans la neige (Il ser­gente nel­la neve), 1953, trad. Noël Calef, Edi­tions 1018, coll. Domaine étran­ger, 1995

L’optimisme historique signifie qu’on sait la vérité, si cruelle qu’elle soit…

« Celui qui dira que nous sommes condam­nés et que c’est pour­quoi nous devons com­battre jusqu’au bout (comme disent les Russes, tant qu’à mou­rir, il faut le faire en musique), celui-là ne sera pas un pes­si­miste. Ce sera un opti­miste his­to­rique. L’opti­misme his­to­rique signi­fie qu’on sait la véri­té, si cruelle qu’elle soit, et qu’on est déter­mi­né à se battre, quoi qu’il en coûte. L’optimisme his­to­rique ne compte sur rien ni per­sonne, sauf sur soi-même et sur la bagarre. »

Alexandre Zino­viev
Nous et l’Occident, édi­tions de L’Âge d’homme, 1981, trad. Wla­di­mir Bere­lo­witch, édi­tions Gal­li­mard, coll. Idées, 1982

Le nom de Céline appartient à la littérature…

« Le nom de Céline appar­tient à la lit­té­ra­ture, c’est à dire à l’histoire de la liber­té. Par­ve­nir à l’en expul­ser afin de le confondre tout entier avec l’histoire de l’antisémitisme, et ne plus le rendre inou­bliable que par-là, c’est le tra­vail par­ti­cu­lier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désor­mais, veut igno­rer que l’Histoire était cette somme d’erreurs consi­dé­rables qui s’appelle la vie, et se ber­cer de l’illusion que l’on peut sup­pri­mer l’erreur sans sup­pri­mer la vie. Et, en fin de compte, ce n’est pas seule­ment Céline qui sera liqui­dé, mais aus­si, de proche en proche, toute la lit­té­ra­ture, et jusqu’au sou­ve­nir même de la liber­té. »

Phi­lippe Muray
Céline, édi­tions Gal­li­mard, coll. Tel, 2001

Ce qu’il s’agit de transmettre, c’est certes une culture…

« Ce qu’il s’agit de trans­mettre, c’est certes une culture, une cer­taine vision du monde, une grille de lec­ture” sédi­men­tée par notre plus longue mémoire, affu­tée par une confron­ta­tion assu­mée au tra­gique qui est celui de l’histoire sans cesse en train de se faire. Mais c’est davan­tage encore une atti­tude. Une façon d’être face à la vie, de dire oui” à la vie. »

Gré­goire Gambier
Qui sommes-nous si nous ne sommes pas maîtres de nous, chez nous ?, 3e col­loque annuel de l’Institut Iliade, 18 mars 2017

L’histoire est un drame…

« L’his­toire est un drame, chaque géné­ra­tion a son drame. Il y a des drames qui se ter­minent bien, d’autres qui se ter­minent très mal. Nous en savons quelque chose en ce siècle. Ce que nous pou­vons faire, c’est d’o­rien­ter les nations euro­péennes selon la réa­li­té et selon leur voca­tion. Si nous sommes sub­mer­gés par l’a­mé­ri­ca­ni­sa­tion, c’est que nous n’au­rons pas été assez intel­li­gents ni sub­tils pour assu­rer la suture entre pas­sé et avenir. »

Marc Fuma­ro­li
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’é­pée, entre­tien. Pro­pos recueillis par Patrick Jan­sen, Enquête sur l’his­toire n°24, décembre 1997 – jan­vier 1998

L’Amérique n’a jamais manqué de violence…

« L’A­mé­rique n’a jamais man­qué de vio­lence, ni d’é­vé­ne­ments, ni d’hommes, ni d’i­dées, mais tout ça ne fait pas une his­toire. Octa­vio Paz a rai­son d’affirmer que l’Amé­rique s’est créée dans le des­sein d’é­chap­per à l’his­toire, d’é­di­fier une uto­pie à l’a­bri de l’his­toire, qu’elle y a en par­tie réus­si, et qu’elle per­siste aujourd’­hui dans ce des­sein. L’his­toire comme trans­cen­dance d’une rai­son sociale et poli­tique, comme vision dia­lec­tique et conflic­tuelle des socié­tés, ce concept-là n’est pas le leur – de même que la moder­ni­té, comme rup­ture ori­gi­nelle d’a­vec une cer­taine his­toire jus­te­ment, ne sera jamais le nôtre. »

Jean Bau­drillard
Amé­rique, édi­tions Gras­set, 1986, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1988

La vision-de‑l’histoire” n’est pas seulement interprétation du passé…

« La vision-de‑l’histoire” est tou­jours un aspect fon­da­men­tal d’une Wel­tan­schauung, d’une vision glo­bale du monde : elle n’est pas seule­ment inter­pré­ta­tion du pas­sé, elle est aus­si et avec une force égale (quand bien même cela ne serait qu’implicite) enga­ge­ment dans l’actualité et pro­jet d’ave­nir. »

Gior­gio Locchi
Wag­ner, Nietzsche et le mythe sur­hu­ma­niste, tra­duit de l’italien par Phi­lippe Baillet et Pier­lui­gi Loc­chi, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Ago­ra, 2022

L’Europe est née d’une catastrophe…

« L’Eu­rope est née d’une catastrophe.
Avant elle, il y avait l’Em­pire romain, empire médi­ter­ra­néen, donc mari­time et non conti­nen­tal. Bien avant sa chute, il s’é­tait divi­sé, déjà, en deux par­ties cultu­rel­le­ment dis­tinctes : l’Em­pire d’O­rient qui par­lait grec, et l’Em­pire d’Oc­ci­dent qui par­lait latin — l’un et l’autre ron­gés en dedans par la lèpre chré­tienne.
Lors des grandes inva­sions du Ve siècle, l’Em­pire d’O­rient résiste, et il résis­te­ra pen­dant tout le moyen-âge. Mais l’Oc­ci­dent s’ef­fondre et se voit contraint d’a­dop­ter une atti­tude col­la­bo­ra­trice”, en s’ef­for­çant de main­te­nir une cer­taine conti­nui­té cultu­relle. Le schisme entre catho­liques et ortho­doxes n’est pas autre chose que le reflet de cette sépa­ra­tion politique. »

Pierre Gri­pa­ri
Cri­tique et auto­cri­tique, édi­tions L’Âge d’Homme, 1981

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