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Citations sur la culture

L’homme, est toujours une équation entre son être inertiel…

« (…) L’homme, comme per­sonne ou comme col­lec­ti­vi­té, est tou­jours une équa­tion entre son être iner­tiel – récep­tif, tra­di­tion­nel – et son être agile – entre­pre­nant, prêt à affron­ter les problèmes. »

José Orte­ga y Gasset 
Une médi­ta­tion sur l’Europe (Medi­ta­ción de Euro­pa), 1949, trad. Jean Cana­vag­gio, édi­tions Bar­tillat, 2023

Les peuples ne vivent réellement…

« Les peuples ne vivent réel­le­ment que dans la mesure où ils sont gavés d’idéaux, dans la mesure où ils ne peuvent plus res­pi­rer sous trop de croyances. La déca­dence est la vacance des idéaux, le moment où s’installe le dégoût de tout ; c’est une into­lé­rance à l’ave­nir – et, en tant que tel, un sen­ti­ment défi­ci­taire du temps, avec son inévi­table consé­quence : le manque de pro­phète et, impli­ci­te­ment, le manque de héros. »

Emil Cio­ran
De la France, 1941, Cahier Cio­ran, Édi­tions de L’Herne, 2009 puis 2024

C’est qu’Homère devint très vite et resta pour les grecs…

« C’est qu’Homère devint très vite et res­ta pour les grecs, mal­gré les voix dis­cor­dantes de cer­tains phi­lo­sophes, non seule­ment le poète par excel­lence, mais le meilleur mora­liste et le meilleurs théo­lo­gien, le dépo­si­taire et l’interprète de toute sagesse humaine et divine, un maître à pen­ser et un maître à vivre (…). »

Robert Fla­ce­lière
La poé­sie homé­rique, intro­duc­tion à l’édition de la « biblio­thèque de la pléiade » (n°115) de l’Iliade et l’Odyssée, Gal­li­mard, 1956

Je m’intéresse moins à la politique quotidienne qu’à la métapolitique…

« Je m’intéresse moins à la poli­tique quo­ti­dienne qu’à la méta­po­li­tique. C’est-à-dire aux influences sur la sen­si­bi­li­té géné­rale, le cli­mat moral et cultu­rel. La méta­po­li­tique est peut-être, d’ailleurs, le vrai che­min du pou­voir dans les socié­tés avan­cées. Elle est, en tout cas, le lieu de sourdes et grandes batailles. Cette guerre est la mienne. Il faut de la guerre dans une vie. Et si la misère est de n’avoir qu’une vie, mettons‑y du moins plu­sieurs existences. »

Louis Pau­wels
Com­ment devient-on ce que l’on est ?, édi­tions Stock, 1978

Mais quelle Europe ? C’est pourtant en réfléchissant sur l’Europe…

« Mais quelle Europe ? C’est pour­tant en réflé­chis­sant sur l’Europe que nous pour­rions accé­der au plus haut point de vue d’où nous serait dévoi­lé dans tout ce qui se passe” un unique enjeu. Je ne parle pas de l’Europe des mar­chés ou de l’Europe des masses. Je parle des tra­di­tions fon­da­men­tales de l’esprit euro­péen. Je parle du réveil de la vieille men­ta­li­té euro­péenne, tou­jours pré­sente en nous por­tant. Car l’homme est ceci et cela, mais d’abord du temps lié. Je parle de la vieille recréa­tion, sous des formes nou­velles, du vieil esprit de l’Europe, pro­mé­théen et aris­to­cra­tique. Pro­mé­théen : la volon­té de puis­sance de l’homme sur la nature. Aris­to­cra­tique : recon­naître et culti­ver dans les hommes leur capa­ci­té à se dis­tin­guer les uns des autres. Vieil esprit pour lequel chif­frer n’est pas tout, et pour lequel le nombre n’est pas le chef. Vieil esprit pour lequel il y a quelque chose au-des­sus du social, de l’économique, du quan­ti­ta­tif : la facul­té déli­cate, les hautes éner­gies intimes qu’il faut pour sen­tir et pour célé­brer la qua­li­té. Vieil esprit immor­tel qui voit dans les plus pro­fonds enra­ci­ne­ments la condi­tion de la plus haute élé­va­tion, dans la dis­pa­ri­té des natures humaines la condi­tion de l’humanité orga­nique, dans la diver­si­té des cultures la condi­tion de la culture. Je dis que notre fonds est à repen­ser. Res­sai­sir le pas­sé de l’Europe, notre héri­tage, et l’adapter au nou­veau mil­lé­naire qui approche. Rien ne me paraît plus impor­tant que la réflexion sur ce qu’il y a de spé­ci­fique dans l’esprit euro­péen. Il y a bien, pour moi, un unique enjeu. Recréer le monde men­tal euro­péen qui s’oppose à la fois au com­mu­nisme et à l’américanisme. Et en refaire le pre­mier parce qu’il fut le primordial. »

Louis Pau­wels
Com­ment devient-on ce que l’on est ?, édi­tions Stock, 1978

Les littératures étrangères nous donnent ces curiosités…

« Les lit­té­ra­tures étran­gères nous donnent ces curio­si­tés de bouche si néces­saires à des let­trés fran­çais fati­gués de la table natio­nale trop bien ser­vie. Vive la France ! Elle est par­faite. Mais sur­tout Vive l’Europe ! Elle a pour nous ce mérite d’être un peu inédite. Elle nous réveille par des poivres et des épices nou­veaux. Nos maîtres fran­çais sont des épi­ciers dont nous avons épui­sé la boutique. »

Mau­rice Barrès
La que­relle des natio­na­listes et des cos­mo­po­lites, Le Figa­ro, 4 juillet 1892

Tout ce récit n’est que l’instant où le problème de la vie…

« Tout ce récit n’est que l’instant où le pro­blème de la vie se pré­sente à moi avec une grande clar­té. Puisqu’on a dit qu’il ne faut pas aimer en paroles mais en œuvres, après l’élan de l’âme, après la ten­dresse du cœur, le véri­table amour serait d’agir.
Toi seul, ô mon maître, m’ayant for­ti­fié dans cette agi­ta­tion sou­vent dou­lou­reuse d’où je t’implore, tu sau­rais m’en entre­te­nir le bien­fait, et je te sup­plie que par une suprême tutelle, tu me choi­sisses le sen­tier où s’accomplira ma destinée.
Toi seul, ô maître, si tu existes quelque part, axiome, reli­gion ou prince des hommes. »

Mau­rice Barrès
Le Culte du Moi. Sous l’œil des Bar­bares, Éd. Émile-Paul, Paris, 1910

Être maîtres chez nous…

« Nous res­pec­tons la culture des autres, car nous ne sommes pas amé­ri­cains, parce que nous ne sommes pas uni­ver­sa­listes et que nous ne vou­lons pas impo­ser aux autres nos valeurs. Alors, pour­quoi nous refu­se­rait-on le droit d’être res­pec­tés dans ce qui fait notre dif­fé­rence ? Nous ne deman­dons rien d’autre que la liber­té d’être maîtres chez nous, cha­cun étant maître chez soi. »

Lio­nel Rondouin
Domi­nique Ven­ner. La flamme se main­tient, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Car­touches, 2023

Le futur qui s’avance ressuscite l’ethnisme et le tribalisme…

« La moder­ni­té ten­dait à défi­nir le peuple comme laïos, comme masse déra­ci­née d’individus de toutes pro­ve­nances. Mais le futur qui s’avance, inexo­rable, res­sus­cite l’ethnisme et le tri­ba­lisme, à l’échelle locale comme à l’échelle mon­diale. Demain, le peuple sera, de nou­veau, et comme tou­jours avant la petite paren­thèse moderne, l’eth­nos, c’est-à-dire une com­mu­nau­té à la fois cultu­relle et bio­lo­gique. »

Guillaume Faye
L’Archéofuturisme. Tech­no-science et retour aux valeurs ances­trales, édi­tions L’AEncre, 2011/La Nou­velle Librai­rie, coll. Ago­ra, 2023

Il n’y aura rien eu de plus sot dans toute l’histoire…

« Il n’y aura rien eu de plus sot dans toute l’histoire que la concur­rence euro­péenne en matière poli­tique et éco­no­mique, com­pa­rée, com­bi­née et confron­tée avec l’unité et l’alliance euro­péenne en matière scien­ti­fique. Pen­dant que les efforts des meilleures têtes de l’Europe consti­tuaient un capi­tal immense de savoir uti­li­sable, la tra­di­tion naïve de la poli­tique his­to­rique de convoi­tise et d’arrière-pensées se pour­sui­vait, et cet esprit de Petits-Euro­péens livrait, par une sorte de tra­hi­son, à ceux mêmes qu’on enten­dait domi­ner, les méthodes et les ins­tru­ments de puis­sance. […] L’Europe n’aura pas eu la poli­tique de sa pensée. »

Paul Valé­ry
Regards sur le monde actuel, Librai­rie Stock, 1931, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio Essais, 1988

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