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Couverture du livre L'Argent

Citations tirées du livre L'Argent

Charles Péguy

Présentation de l'éditeur

L'Argent, texte impérissable et visionnaire. Charles Péguy entrevoie avec douleur un paradoxe moderne, le plus injuste de tous : "On ne parle aujourd'hui que de l'égalité. Et nous vivons dans la plus monstrueuse inégalité économique que l'on ait jamais vue dans l'histoire du monde". Présentée par Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, cette édition souligne l'humanité de celui qui regrettait "la sagesse d'avant" mais n'appartiendra jamais au passé.

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Dans ce livre

Les 14 citations tirées de ce livre

Vous êtes faits pour apprendre à lire…

« « Je leur dis : pourquoi voulez-vous exercer un gouvernement des esprits. Et comme tous les autres pourquoi voulez-vous exercer un gouvernement temporel des esprits. Pourquoi voulez-vous avoir une politique, et l’imposer. Pourquoi voulez-vous avoir une métaphysique, et l’imposer. Pourquoi voulez-vous avoir un système… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Je ne comprends pas qu’il y ait une question des instituteurs…

« Je ne comprends pas qu’il y ait une question des instituteurs. D’abord, s’ils étaient restés des maîtres d’école tout ça ne serait pas arrivé. Qu’ils fassent donc l’école, il n’y a rien de plus beau au monde.
Qu’ils ne s’y trompent pas, ils ont le plus beau métier du monde. Eux seuls ont des élèves. (Eux et les professeurs de l’enseignement secondaire.) Les autres ont des disciples. Les autres, c’est les professeurs de l’enseignement supérieur. Et c’est, hélas, l’écrivain. »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Une revue n’est vivante…

« Une revue n’est vivante que si elle mécontente chaque fois un bon cinquième de ses abonnés. La justice consiste seulement à ce que ce ne soient pas toujours les mêmes, qui soient dans le cinquième. Autrement, je veux dire quand on s’applique à ne mécontenter personne, on tombe dans le système de ces énormes revues qui perdent des millions, ou qui en gagnent, pour ne rien dire. Ou plutôt à ne rien dire. »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Tout le mal est venu de la bourgeoisie…

« « Car on ne saurait trop le redire. Tout le mal est venu de la bourgeoisie. Toute l’aberration, tout le crime. C’est la bourgeoisie capitaliste qui a infecté le peuple. Et elle l’a précisément infecté d’esprit bourgeois et capitaliste. Je dis expressément la bourgeoisie capitaliste et la grosse bourgeoisie. La… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Ces ouvriers ne servaient pas…

« « Ces ouvriers ne servaient pas. Ils travaillaient. Ils avaient un honneur, absolu, comme c’est le propre d’un honneur. Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyennant le salaire. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Que les instituteurs se contentent donc de ce qu’il y a de plus beau…

« « C’est dire par conséquent que le plus beau métier du monde, après le métier de parent, (et d’ailleurs c’est le métier le plus apparenté au métier de parent), c’est le métier de maître d’école et c’est le métier de professeur de lycée. Ou si vous préférez c’est le métier d’instituteur et c’est le métier de professeur… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Le modernisme consiste à ne pas croire ce que l’on croit…

« « Disons les mots. Le modernisme est, le modernisme consiste à ne pas croire ce que l’on croit. La liberté consiste à croire ce que l’on croit et à admettre, (au fond, à exiger), que le voisin aussi croie ce qu’il croit. Le modernisme consiste à ne pas croire soi-même pour ne pas léser l’adversaire qui ne croit pas non… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Monsieur Naudy me rattrapa…

« « Monsieur Naudy me rattrapa si je puis dire par la peau du cou et avec une bourse municipale me fit entrer en sixième à Pâques, dans l’excellente sixième de Monsieur Guerrier. Il faut qu’il fasse du latin, avait-il dit […] Ce que fut pour moi cette entrée dans cette sixième à Pâques, l’étonnement, la nouveauté… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Nous avons connu…

« « Nous avons connu, nous avons touché un monde, (enfants nous en avons participé), où un homme qui se bornait dans la pauvreté était au moins garanti dans la pauvreté. C’était une sorte de contrat sourd entre l’homme et le sort, et à ce contrat le sort n’avait jamais manqué avant l’inauguration des temps modernes. Il… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

On ne vivait point encore dans l’égalité…

« « Et ce bonheur, ce climat de bonheur. Évidemment on ne vivait point encore dans l’égalité. On n’y pensait même pas, à l’égalité, j’entends à une égalité sociale. Une inégalité commune, communément acceptée, une inégalité générale, un ordre, une hiérarchie qui paraissait naturelle ne faisait qu’étager les différents… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Ils disaient en riant…

« Ils disaient en riant, et pour embêter les curés, que travailler c’est prier, et ils ne croyaient pas si bien dire.
Tant leur travail était une prière. Et l’atelier un oratoire. »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ?…

« « Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ? Comment a-t-on fait, du peuple le plus laborieux de la terre, et peut-être du seul peuple laborieux de la terre, du seul peuple peut-être qui aimait le travail pour le travail, et pour l’honneur, et pour travailler, ce peuple de saboteurs, comment a-t-on pu en faire ce peuple… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Nous avons été nourris dans un peuple gai…

« « Le croira-t-on, nous avons été nourris dans un peuple gai. Dans ce temps-là un chantier était un lieu de la terre où des hommes étaient heureux. Aujourd’hui un chantier est un lieu de la terre où des hommes récriminent, s’en veulent, se battent ; se tuent. De mon temps tout le monde chantait. (Excepté moi, mais… »

Charles Péguy L'Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008

Du même auteur

Autres citations de Charles Péguy

Le monde moderne a fait à l’humanité des conditions telles…

« Le monde moderne a fait à l’humanité des conditions telles, si entièrement et si absolument nouvelles, que tout ce que nous savons par l’histoire, tout ce que nous avons appris des humanités précédentes ne peut aucunement nous servir, ne peut pas nous faire avancer dans la connaissance du monde où nous vivons. Il n’y a pas de précédents. »

Charles Péguy Œuvres en prose complètes. Tome III, 1914, Œuvres en prose complètes, Tome III, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade (n° 389), 1992

Les soirs de victoire, on s’imagine qu’il n’y aura plus jamais…

« Les soirs de victoire, on s’imagine qu’il n’y aura plus jamais, jamais, jamais de défaite, et le soirs de défaite on s’imagine qu’il n’y aura plus jamais, jamais, jamais de victoire. Mais quand on est un vieux soldat, Madame Jeanne, on sait ce qu’il en est. […] J’ai tant vu de défaites qui arrivaient après des victoires, et j’ai tant vu, aussi, de victoires qui arrivaient après des défaites, que je ne crois plus jamais que c’est fini. »

Charles Péguy Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc,, 1897, deuxième pièce : Les Batailles, IIe partie, IVe acte, dans Œuvres poétiques et dramatiques, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade (n° 60), 2014

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