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Citations sur le courage

Quelle peine a frappé le mot courage…

« En pas­sant du sin­gu­lier au plu­riel, le trio célèbre, amours, délices et orgues, change de sexe et devient fémi­nin. D’autres se dégradent pro­fon­dé­ment. Les hon­neurs ont peu à voir avec l’hon­neur, les devoirs avec le devoir, les droits avec le droit, les espé­rances, lan­gage des notaires de Labiche, avec l’es­pé­rance qui est la volon­té d’es­poir quand il n’y a pas d’es­poir. Il y a des objets per­dus, des sol­dats per­dus, des enfants per­dus. Il y a aus­si des mots per­dus. Quelle peine a frap­pé le mot cou­rage ? »

Jean-Fran­çois Deniau
His­toires de cou­rage, édi­tions Plon, 2000

Prendre les armes au besoin contre un régime pourtant légal…

« Si l’héroïsme consiste, comme on nous l’enseigne à lon­gueur de célé­bra­tions, de com­mé­mo­ra­tions, de repen­tances et d’émissions de pro­pa­gande, à prendre les armes au besoin contre un régime pour­tant légal, alors n’écartons plus, a prio­ri, la pos­si­bi­li­té pour nous Fran­çais de souche d’être chez nous, pour la sau­ve­garde des nôtres, des héros. »

Serge de Beketch
« Unis comme au Front », Le Libre Jour­nal de la France Cour­toise n° 409, 2 juin 2007

S’afficher, c’est s’affirmer…

« S’afficher, c’est s’affirmer. Inver­se­ment, se cacher, c’est se renier – pire : se nier. Rede­ve­nons visibles, cher­chons la lumière, quit­tons les cata­combes, fuyons les arrière-salles. Nos vies ne sont pas mena­cées, la pro­tec­tion de leur inté­gri­té phy­sique ne néces­site pas une clan­des­ti­ni­té qui confor­te­rait le zèle pro­phy­lac­tique de notre adver­saire. Notre pas­si­vi­té revient à lui confé­rer un pou­voir illi­mi­té de police. »

Fran­çois Bous­quet
Cou­rage ! manuel de gué­rilla cultu­relle, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, 2019

L’âme qui s’éveille ainsi, un instant…

« L’âme qui s’éveille ain­si, un ins­tant, pour se perdre bien­tôt après par l’empire de la force, s’éveille pure et intacte ; il n’y appa­raît aucun sen­ti­ment ambi­gu, com­pli­qué ou trouble ; seuls le cou­rage et l’amour y ont place. Par­fois un homme trouve ain­si son âme en déli­bé­rant avec lui-même, quand il s’essaye, comme Hec­tor devant Troie, sans secours des dieux ou des hommes, à faire tout seul face au des­tin. »

Simone Weil
L’Iliade ou le poème de la force, dans la revue « Les Cahiers du sud », 1940 – 1941, Édi­tions de l’éclat, coll. Éclats, 2014

L’héroïsme peut se pratiquer dans toutes les circonstances…

« L’héroïsme peut se pra­ti­quer dans toutes les cir­cons­tances d’une exis­tence humaine, mais la voca­tion mili­taire y conduit tout par­ti­cu­liè­re­ment. L’exemple de grands résis­tants au tota­li­ta­risme montre que l’armée est pro­tec­trice de nos liber­tés et de la nation, ce qui est sou­vent oublié dans notre Occi­dent déca­dent qui accuse l’armée d’esprit fas­ci­sant”. »

Ivan Blot
Héroïsme et armée, troi­sième opus du cycle de confé­rences sur « L’homme héroïque », 17 novembre 2015

Le dissident fait toujours sécession…

« Le dis­si­dent fait tou­jours séces­sion à l’intérieur du Sys­tème. Il ne le quitte pas, il ne l’attaque pas de l’extérieur, il le saborde. Un pied dedans, un pied dehors. Les uni­vers paral­lèles n’ont pas de contact avec le monde offi­ciel, de même que le monde offi­ciel n’a pas de contact avec les marges. Il faut être mul­ti­di­men­sion­nel. Seule manière d’échapper à l’alternative empoi­son­née qu’on nous tend. »

Fran­çois Bous­quet
Cou­rage ! manuel de gué­rilla cultu­relle, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, 2019

Vivre, c’est choisir, prendre parti, discriminer…

« Vivre, c’est choi­sir, prendre par­ti, dis­cri­mi­ner, s’engager sans retour – et tout nous pousse plus que jamais à nous enga­ger, à défendre pied à pied la cita­delle mena­cée. L’heure est à la mobi­li­sa­tion géné­rale, celle où on bat le rap­pel des troupes, où on éva­lue par­mi la foule le nombre de braves et d’audacieux. »

Fran­çois Bous­quet
Cou­rage ! manuel de gué­rilla cultu­relle, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, 2019

Le modèle du héros grandit l’homme…

« Le modèle du héros gran­dit l’homme, l’oblige à avoir une cer­taine tenue : il a la « magna­ni­mi­té » des Anciens, c’est-à-dire la gran­deur d’âme. Chez lui, ni mes­qui­ne­rie, ni jalou­sie, ni maté­ria­lisme sor­dide, ni obses­sion de son confort per­son­nel. Il ne recherche pas le bon­heur pour lui-même, idéal mépri­sable que Nietzsche réser­vait aux vaches et aux Anglais” (injuste pour ces der­niers). »

Ivan Blot
Le héros dans notre civi­li­sa­tion : héros tra­giques et héros his­to­riques, pre­mier opus du cycle de confé­rences sur « L’homme héroïque », 2 sep­tembre 2015

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