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Citations sur la volonté

L’homme, est toujours une équation entre son être inertiel…

« (…) L’homme, comme per­sonne ou comme col­lec­ti­vi­té, est tou­jours une équa­tion entre son être iner­tiel – récep­tif, tra­di­tion­nel – et son être agile – entre­pre­nant, prêt à affron­ter les problèmes. »

José Orte­ga y Gasset 
Une médi­ta­tion sur l’Europe (Medi­ta­ción de Euro­pa), 1949, trad. Jean Cana­vag­gio, édi­tions Bar­tillat, 2023

Les peuples ne vivent réellement…

« Les peuples ne vivent réel­le­ment que dans la mesure où ils sont gavés d’idéaux, dans la mesure où ils ne peuvent plus res­pi­rer sous trop de croyances. La déca­dence est la vacance des idéaux, le moment où s’installe le dégoût de tout ; c’est une into­lé­rance à l’ave­nir – et, en tant que tel, un sen­ti­ment défi­ci­taire du temps, avec son inévi­table consé­quence : le manque de pro­phète et, impli­ci­te­ment, le manque de héros. »

Emil Cio­ran
De la France, 1941, Cahier Cio­ran, Édi­tions de L’Herne, 2009 puis 2024

Mariage : c’est ainsi que j’appelle la volonté à deux…

« Mariage : c’est ain­si que j’appelle la volon­té à deux de créer l’unique qui est plus que ceux qui l’ont créé. Res­pect mutuel, c’est là le mariage, res­pect de ceux qui veulent d’une telle volonté. »

Frie­drich Nietzsche
Ain­si par­lait Zara­thous­tra – Un livre pour tous et pour per­sonne (Also sprach Zara­thus­tra – Ein Buch für Alle und Kei­nen), 1883 – 1885, trad. Hen­ri Albert, Mer­cure de France, 1952

Celui qui accepte son sort…

« Celui qui accepte son sort et la nature guer­rière, tra­gique, vio­lente de la vie – celui qui sait rire et dan­ser au-des­sus des nuages par­fois ter­ribles de son des­tin – celui-là se des­sine assu­ré­ment en vue du sur­homme pour triom­pher radi­ca­le­ment du nihi­lisme, en lui et autour de lui. »

Julien Roche­dy
Nietzsche l’actuel : Intro­duc­tion à la phi­lo­so­phie nietz­schéenne, édi­tions Hétaire, 2020

Si donc nous-mêmes, nous n’avons pas la sagesse…

« Si donc nous-mêmes, nous n’avons pas la sagesse ni le mode de vie qu’il faut, ce n’est pas à la peti­tesse de notre patrie, mais à nous-mêmes que nous devons nous en prendre. »

Plu­tarque
Vies Paral­lèles II, Vie de Démos­thène, trad. J. Alexis Pier­ron, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1996

Le matin, quand tu as de la peine à te réveiller…

« Le matin, quand tu as de la peine à te réveiller, dis-toi : je me réveille pour accom­plir mon tra­vail d’homme. Se peut-il que je sois de mau­vaise humeur alors que je vais accom­plir la tâche pour laquelle je suis  ? Suis-je consti­tué pour res­ter cou­ché bien au chaud sous les couvertures ? »

Marc Aurèle
Pen­sées pour moi-même, trad. Fré­dé­rique Verv­liet, édi­tions Arléa, 2004

Il ne s’agirait pas de mépriser le monde…

« Il ne s’agirait pas de mépri­ser le monde, ni de mani­fes­ter l’outrecuidance de le chan­ger. Non ! Il suf­fi­rait de ne rien avoir en com­mun avec lui. L’évitement me parais­sait le mariage de la force avec l’élégance. Orches­trer le repli me sem­blait une urgence. »

Syl­vain Tesson
Sur les che­mins noirs, 2016, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 2019

À l’origine du monothéisme…

« À l’origine du mono­théisme, Nietzsche pen­sait pou­voir iden­ti­fier la trace d’une ancienne alté­ra­tion de la per­son­na­li­té” : la marque d’une impuis­sance com­pen­sée. Pour ne pas perdre la face, celui qui ne peut pas pré­tend qu’il ne veut pas ─ ou que ce serait mal de vouloir. »

Alain de Benoist
Com­ment peut-on être païen ?, édi­tions Albin Michel, 1981

Aligner les pierres…

« Ali­gner les pierres : la plus osten­sible preuve que l’homme pou­vait ré-agen­cer le monde. Le men­hir était la repré­sen­ta­tion de sa volon­té. La géo­lo­gie avait cou­ché les strates. L’homme les rele­vait et cou­vrait la terre des preuves de son pou­voir. Le men­hir deve­nait le coup d’envoi de l’âge tech­nique, pierre inau­gu­rale de la trans­for­ma­tion du réel. On ima­gi­nait le rac­cour­ci, façon Stan­ley Kubrick : un méga­lithe puis la fis­sion de l’atome. »

Syl­vain Tesson
Avec les fées, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Lit­té­ra­ture, 2024

Pourquoi les hommes de bien endurent-ils tant d’infortunes…

« Pour­quoi les hommes de bien endurent-ils tant d’infortunes alors que rien de mal ne peut leur arri­ver ? En effet, les contraires sont incon­ci­liables ! De même que les fleuves, les pluies tor­ren­tielles et les sources médi­ci­nales ne peuvent chan­ger la saveur de la mer, ne peuvent pas l’adoucir, de même, les élans de l’adversité ne peuvent trou­bler une âme cou­ra­geuse : bien au contraire, ils conso­lident sa forte nature et c’est celle-ci qui s’impose aux évè­ne­ments car elle est plus forte que tout ce qui vient de l’extérieur. »

Sénèque
La Pro­vi­dence, édi­tions Arléa, trad. Fran­çois Ros­so, 1996

L’amour, chez la femme, n’est pas sentimental…

« L’a­mour, chez la femme, n’est pas sen­ti­men­tal – il ne l’est que chez l’homme – : il est une volon­té de vivre, par­fois ter­ri­ble­ment dépour­vu de sen­ti­men­ta­li­té et qui même la condui­ra au sacri­fice de soi. L’homme ain­si aimé ne peut échap­per à ce qu’il y a d’in­fé­rieur en lui, car il ne peut répondre à cette réa­li­té que par sa propre réa­li­té. »

Carl Gus­tav Jung
L’Âme et la Vie, recueil de textes, trad. Roland Cahen et Yves Le Lay, édi­tions Buchet-Chas­tel, 1963, Le Livre de Poche, coll. Réfé­rences, 1995

Le vrai chevalier se devait de maîtriser trois capacités distinctes…

« Le vrai che­va­lier se devait de maî­tri­ser trois capa­ci­tés dis­tinctes : Connaître les sept arts libé­raux : le tri­vium” (gram­maire, rhé­to­rique, dia­lec­tique) et le qua­dri­vium” (arith­mé­tique, géo­mé­trie, musique, astro­no­mie) ; Culti­ver sept pra­tiques guer­rières : équi­ta­tion, nage, tir à l’arc, lutte, fau­con­ne­rie, échecs, poé­sie ; Lut­ter contre sept vices : glou­ton­ne­rie, ébrié­té, luxure, colère, men­songe, ava­rice, médisance. »

Antoine Schü­lé
Guerre et Lit­té­ra­ture, Tome 1, Du Moyen Âge à 1914, édi­tions de l’École de Guerre, 2019

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