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Le livre
Mes idées politiques

Mes idées politiques

Auteur : Charles Maur­ras
Édi­teur : édi­tions L’Âge d’Homme (1er juillet 2002)

Pré­sen­ta­tion de l’é­di­teur : Charles Maur­ras, que l’on repré­sente volon­tiers comme un dog­ma­tique, répu­gnait à don­ner un expo­sé sys­té­ma­tique de sa doc­trine. Il refu­sait d’ailleurs ce mot comme trop sco­laire, inso­lite. Sa méthode, « l’empirisme orga­ni­sa­teur », c’é­tait « la mise à pro­fit des bon­heurs du pas­sé en vue de l’a­ve­nir » : on ne s’é­lève aux véri­tés géné­rales qu’à par­tir de l’Ex­pé­rience, médi­tée par la raison.
Néan­moins, en 1937, alors que l’es­sen­tiel de son œuvre était écrit, Charles Maur­ras consen­tit à ce que les grands thèmes, les prin­ci­pales lignes de force de sa pen­sée soient ordon­nés dans une large syn­thèse. Il était, au sur­plus, trop amant de l’Ordre pour ne pas prendre inté­rêt à cette « somme » qui fai­sait valoir l’ar­ti­cu­la­tion et la cohé­rence de ses réflexions et de ses démons­tra­tions. Pour cet ouvrage, Mes idées poli­tiques, dont chaque texte fut choi­si et revu par lui, Charles Maur­ras don­na une pré­face, alors inédite, consa­crée à « la poli­tique natu­relle » et qui est comme un « Dis­cours pré­li­mi­naire » à toute sa pen­sée poli­tique. À l’oc­ca­sion des cin­quante ans de la mort de Charles Maur­ras, la réédi­tion de Mes idées poli­tiques s’imposait.
Ain­si que l’é­crit Pierre Gaxotte, dans la pré­face qu’il a don­née à cette réédi­tion, « Mes idées poli­tiques sont et res­te­ront irrem­pla­çables ». Déga­gés des évé­ne­ments qui leur ont don­né nais­sance, les textes qui y sont réunis per­met­tront à ceux qui l’i­gnorent, et plus par­ti­cu­liè­re­ment aux jeunes, de prendre une connais­sance exacte d’un des plus impor­tants théo­ri­ciens poli­tiques du siècle der­nier. L’in­fluence de Charles Maur­ras s’est exer­cée sur plu­sieurs géné­ra­tions et il est peu d’hommes poli­tiques contem­po­rains (pour ne pas par­ler des écri­vains) qui, à un cer­tain moment de leur vie, n’aient pas appar­te­nu à la famille des idées maur­ras­siennes. Pour beau­coup, Charles Maur­ras reste à découvrir.

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Découvrez 6 citations extraites du livre

Les philosophes véritables refusent constamment de parler...

« Les phi­lo­sophes véri­tables refusent constam­ment de par­ler des hommes autre­ment que réunis en socié­té. Il n’y a pas de soli­taire. Un Robin­son lui-même était pour­sui­vi et sou­te­nu dans son île par les résul­tats innom­brables du tra­vail immé­mo­rial de l’humanité. »

Charles Maur­ras
Mes idées poli­tiques, 1937, Édi­tions L’Âge d’Homme, 2002, édi­tions La Nou­velle Libraire, 2023

Travaux et arts, nations et civilisations...

« (…) Que dit la Nature ? Dans son ample conseil où toutes les res­sources de la vie sont conviées et mises en action, rien ne pré­vaut sur le main­tien et la pro­tec­tion du toit domes­tique, car c’est de là, palais royal ou simple cabane, que tout est sor­ti : tra­vaux et arts, nations et civi­li­sa­tions. »

Charles Maur­ras
Mes idées poli­tiques, 1937, Édi­tions L’Âge d’Homme, 2002, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, 2023

La nature des hommes, celle qui précède leur volonté...

« La nature des hommes, celle qui pré­cède leur volon­té, est un sujet dont la seule men­tion suf­fit à offus­quer le pan­ju­risme contrac­tuel, d’où pro­cèdent, sui­vant un volon­ta­risme sans frein, ces diva­ga­tions de démo­cra­tie libé­rale qui sup­posent que nous pou­vons tout ce qu’il nous vient à la fan­tai­sie de vou­loir ! Leurs ambi­tions sont folles, leur folie juge le prin­cipe d’où elles sortent. Tout ce que l’on bom­by­cine en leur hon­neur ne fera jamais qu’il soit au pou­voir du petit homme d’é­lire son papa et sa maman, ni que sa liber­té, si sou­ve­raine soit-elle, puisse choi­sir l’emplacement de son ber­ceau. Ce point-là règle tout. Ni Kant ni Pla­ton n’y font rien. »

Charles Maur­ras
Mes idées poli­tiques, 1937, Édi­tions L’Âge d’Homme, 2002, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, 2023

L’individu qui vient au monde dans une « civilisation »...

« L’individu qui vient au monde dans une « civi­li­sa­tion » trouve incom­pa­ra­ble­ment plus qu’il n’apporte. Une dis­pro­por­tion qu’il faut appe­ler infi­nie s’est éta­blie entre la propre valeur de chaque indi­vi­du et l’accumulation des valeurs au milieu des­quelles il sur­git… Le civi­li­sé, parce qu’il est civi­li­sé, a beau­coup plus d’obligations envers la socié­té que celle-ci ne sau­rait en avoir jamais envers lui. »

Charles Maur­ras
Mes idées poli­tiques, 1937, Édi­tions L’Âge d’Homme, 2002, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, 2023

L'homme est un animal qui forme des sociétés...

« L’homme est un ani­mal poli­tique (c’est-à-dire, dans le mau­vais lan­gage moderne, un ani­mal social), obser­vait Aris­tote au qua­trième siècle d’a­vant notre ère. L’homme est un ani­mal qui forme des socié­tés ou, comme il disait, des cités, et les cités qu’il forme sont éta­blies sur l’a­mi­tié. »

Charles Maur­ras
Mes idées poli­tiques, 1937, Édi­tions L’Âge d’Homme, 2002, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, 2023