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Les Européens ne peuvent se percevoir comme tels…

« D’une cer­taine manière, on peut éga­le­ment trou­ver une date sym­bo­lique pour la renais­sance de l’Europe : la bataille des Ther­mo­pyles, qui s’est dérou­lée entre août et sep­tembre 480 avant notre ère, pen­dant la seconde guerre médique. À cette occa­sion, et pour la pre­mière fois, toutes les cités grecques ont enter­ré la hache de guerre et se sont unies pour faire face à un enne­mi com­mun. Cela illustre par­fai­te­ment ce qui s’est pas­sé, à plu­sieurs reprises, au cours de l’histoire : les Euro­péens ne peuvent se per­ce­voir comme tels que lorsqu’une menace, étran­gère à leur civi­li­sa­tion, met en péril son exis­tence même. Les exemples sont nom­breux : de l’alliance entre Romains et Ger­mains qui ont affron­té et vain­cu les Huns sur les champs Cata­lau­niques, à Poi­tiers, en pas­sant par Lépante, ou encore l’expulsion des Turcs pen­dant le siège de Vienne. Bien qu’il y ait eu d’innombrables guerres internes, la per­cep­tion d’une dimen­sion euro­péenne ne s’est jamais estompée. »

Pie­tro Ciapponi
Les défis de l’Europe. Les racines d’une civi­li­sa­tion et les limites d’une bureau­cra­tie, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Iliade, 2023

Les Anglais, disait-il, ne combattaient que pour l’honneur et pour la gloire…

« Per­sonne, je demande par­don au lec­teur d’employer une expres­sion un peu vul­gaire et qui com­men­çait alors à prendre une grande vogue, per­sonne ne bla­guait mieux que lui. Son esprit vif, actif et plein d’à‑propos, ne lui fai­sait jamais défaut pour l’attaque ou pour la riposte. Je me rap­pelle même à ce sujet une réponse qu’il adres­sa à un capi­taine anglais.
Ce der­nier pré­ten­dait que les Fran­çais, ce qui au reste était assez vrai pour Sur­couf, ne se bat­taient jamais que pour de l’argent, tan­dis que les Anglais, disait-il, ne com­bat­taient que pour l’honneur et pour la gloire !
 — Eh bien ! qu’est-ce que cela prouve, lui répon­dit le Malouin, sinon une chose, que nous com­bat­tons cha­cun pour acqué­rir ce qui nous manque ? »

Ambroise Louis Garneray
Voyages, aven­tures et com­bats, Alphonse Lebègue, Impri­meur-édi­teur, 1851

Les flammes qui allaient traverser les siècles…

« Dans le silence de la nuit funèbre, écar­tant les mains jointes de leurs gisants de pierre, les preux de la Table Ronde et les com­pa­gnons de Saint Louis, les pre­miers com­bat­tants tom­bés à la prise de Jéru­sa­lem et les der­niers fidèles du petit roi lépreux, toute l’assemblée des rêves de la chré­tien­té regar­dait, de ses yeux d’ombre, mon­ter les flammes qui allaient tra­ver­ser les siècles, vers cette forme enfin immo­bile, qui deve­nait le corps brû­lé de la che­va­le­rie. »

André Mal­raux
Dis­cours pro­non­cé à Rouen à l’oc­ca­sion des fêtes de Jeanne d’Arc, le 31 mai 1964

C’est la guerre…

« C’est la guerre. Nous jouons notre vie à tout ins­tant, n’avons-nous pas le droit de la jouer gaie­ment ? Nous sommes Fran­çais, nous aimons rire, nous savons rire partout. »

Guy de Maupassant
Les Rois, 1887, in Œuvres com­plètes de Guy de Mau­pas­sant, Louis Conard édi­teur, 1909

Le sans-couronne redeviendra roi…

« Tout ce qui est or ne brille pas,
Ne sont pas per­dus tous ceux qui vagabondent ;
Ce qui est vieux mais fort ne se flé­trit pas,
Le gel n’atteint pas les racines profondes.
Des cendres, un feu sera attisé,
Une lueur des ombres surgira ;
Refor­gée sera l’épée qui fut brisée :
Le sans-cou­ronne rede­vien­dra roi. »

John Ronald Reuel Tolkien
La Fra­ter­ni­té de l’Anneau (1954), trad. Daniel Lau­zon, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2014, Livre I, chap. 10.

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