Le sans-couronne redeviendra roi…

« Tout ce qui est or ne brille pas,
Ne sont pas per­dus tous ceux qui vagabondent ;
Ce qui est vieux mais fort ne se flé­trit pas,
Le gel n’atteint pas les racines profondes.
Des cendres, un feu sera attisé,
Une lueur des ombres surgira ;
Refor­gée sera l’épée qui fut brisée :
Le sans-cou­ronne rede­vien­dra roi. »

John Ronald Reuel Tolkien
La Fra­ter­ni­té de l’Anneau (1954), trad. Daniel Lau­zon, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2014, Livre I, chap. 10.

Dans cette guerre où l’ennemi était chez nous…

« Dans cette guerre où l’ennemi était chez nous, et sou­vent dans nos églises et dans les palais gou­ver­ne­men­taux, il fal­lait un sens par­ti­cu­lier de l’orientation pour trou­ver son chemin. »

Domi­nique Venner
Car­nets rebelles – volume I, édi­tions de La Nou­velle Librai­rie, 2021

La force de la cité…

« La force de la cité ne réside ni dans ses rem­parts, ni dans ses vais­seaux, mais dans le carac­tère de ses citoyens. »

Thu­cy­dide
His­toire de la guerre du Pélo­pon­nèse, 431 – 411 avant notre ère, trad. Jac­que­line de Romil­ly, Robert Laf­font édi­teur, coll. Bou­quins, 1990

J’ai encore dans les narines l’odeur de la graisse qui fumait…

« J’ai encore dans les narines l’odeur de la graisse qui fumait sur le fusil-mitrailleur brû­lant. J’ai encore dans les oreilles le cris­se­ment de la neige sous les bro­de­quins ; le frois­se­ment des herbes sèches bat­tues par le vent sur les rives du Don. J’ai encore devant les yeux ce que je voyais au-des­sus de ma tête : la nuit, le car­ré étoi­lé de Cas­sio­pée, le jour, les poutres au pla­fond du bun­ker. Dès que j’y pense, j’éprouve la même ter­reur qu’en cette mati­née de jan­vier où la Katiu­cha se mit à nous cra­cher des­sus de ses soixante-deux canons. »

Mario Rigo­ni Stern
Le Ser­gent dans la neige (le ser­gente nel­la neve), 1953, trad. Noël Calef, Edi­tions 1018, coll. Domaine étran­ger, 1995

Que renaissent les religions…

« Ce n’est pas dans le train-train du monde bour­geois, mais dans un ton­nerre d’a­po­ca­lypse que renaissent les reli­gions. »

Wal­ter Schubart
L’Eu­rope et l’âme de l’O­rient (Euro­pa und die Seele des Ostens), 1938, trad. de Denise Moy­rand et Natha­lie Nicols­ky, édi­tions Albin Michel,1949

Une vaste tapisserie des Gobelins illustrant une scène de bataille…

« Une vaste tapis­se­rie des Gobe­lins illus­trant une scène de bataille pen­dait au mur. Un che­va­lier plan­tait sa lance dans la poi­trine d’un fan­tas­sin ployé en arrière par la force du coup. La tapis­se­rie s’était fanée avec le temps et le flot de sang qui s’épanouissait à la poi­trine de l’homme se tein­tait de la nuance rous­sâtre d’un vieux furo­shi­ki. Le sang et les fleurs se res­sem­blaient, pen­sa Isao, en ce que tous deux étaient prompts à sécher, prompts à chan­ger de sub­stance. C’était pour­quoi, pré­ci­sé­ment, le sang et les fleurs pou­vaient conti­nuer à vivre en revê­tant la sub­stance de la gloire. La gloire sous toutes ses formes était inévi­ta­ble­ment chose métallique. »

Yukio Mishi­ma
Che­vaux échap­pés, 1969, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard 1980, coll. Quar­to, 2004

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