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Citations sur le feu

Un dieu qui sache danser…

« Ce qui peut nous sau­ver, c’est quelque chose comme l’esprit d’une beau­té” qui s’épanche dans notre sang, vivi­fie notre vie, redonne de l’élan à notre être.
Serons-nous capables d’assumer un jour que c’est de quelque chose de tel qu’il s’agit ?
Serons-nous capables de com­prendre que seul un tel dieu peut être celui que nous recher­chions ?
Un dieu qui, comme celui de Nietzsche, sache dan­ser.
Un dieu dont la marque du beau, de l’inouï, soit gra­vée au feu sur son cœur ivre et joyeux. »

Javier Por­tel­la
Les esclaves heu­reux de la liber­té, édi­tions David Rein­harc, 2012

Car elle aimait la flamme…

« Car elle aimait la flamme et plai­gnait les pauvres gens des villes dont on lui avait dit qu’ils ne voyaient plus jamais le feu et n’avaient qu’à tour­ner un bou­ton pour faire bouillir l’eau du café. Ils appe­laient ça le pro­grès. »

Hen­ri Vin­ce­not
Le maître des abeilles, édi­tions Denoël, 1987

Le feu me tient compagnie…

« …Le feu me tient com­pa­gnie. C’est un cher petit ami que je peux faire jaillir de mes doigts chaque jour, un petit dieu bien vivant qui réchauffe l’âme, les sau­cisses et les mains. J’aime lire de la poé­sie à mon petit feu. »

Syl­vain Tes­son
L’axe du loup, édi­tions Robert Laf­font, 2004

Voici 8 000 ans commençait pour nous l’aventure néolithique…

« Voi­ci 8 000 ans com­men­çait pour nous l’aventure néo­li­thique. Je l’appelais révo­lu­tion parce que j’y dis­cer­nais l’apparition d’un état d’esprit nou­veau. La volon­té y tenait la pre­mière place et elle n’allait pas ces­ser de domi­ner notre monde, jusqu’à l’avènement des idées sui­ci­daires aujourd’hui à la mode. Pas­ser de la cueillette et de la chasse à l’agriculture et à l’élevage repré­sente un bond en avant pro­di­gieux. En un sens, dans cette plaine nor­dique si cruelle aux pay­sans aux prises avec un cli­mat impi­toyable, c’était un défi qui rejoi­gnait la légende hel­lène de Pro­mé­thée déro­bant le feu aux dieux. »

Jean Mabire
Thu­lé : le soleil retrou­vé des Hyper­bo­réens, édi­tions Robert Laf­font, 1977

Peut-être faut-il le sang des martyrs…

« Peut-être faut-il le sang des mar­tyrs, comme une douche de glace et de feu, pour réveiller un peuple… »

Pré­face de Pierre Vial
In Jean Mabire, Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande, édi­tions Terre et Peuple, 1998

Ce feu résume une vivante tradition. Non pas une image inconsistante…

« La Flamme.
Ce feu résume une vivante tra­di­tion. Non pas une image incon­sis­tante, mais une réa­li­té. Une réa­li­té aus­si tan­gible que la dure­té de cette pierre ou ce souffle de vent. Le sym­bole du sol­stice est que la vie ne peut pas mou­rir. Nos ancêtres croyaient que le soleil n’abandonne pas les hommes et qu’il revient chaque année au ren­dez-vous du prin­temps.
Nous croyons avec eux, que la vie ne meurt pas et que par-delà la mort des indi­vi­dus, la vie col­lec­tive conti­nue.
Qu’importe ce que sera demain. C’est en nous dres­sant aujourd’­hui, en affir­mant que nous vou­lons res­ter ce que nous sommes, que demain pour­ra venir.
Nous por­tons en nous la flamme. La flamme pure de ce feu de foi. Non pas un feu de sou­ve­nir. Non pas un feu de pié­té filiale. Mais un feu de joie et de gra­vi­té qu’il convient d’allumer sur notre terre. Là nous vou­lons vivre et rem­plir notre devoir d’hommes sans renier aucune des par­ti­cu­la­ri­tés de notre sang, notre his­toire, notre foi entre­mê­lés dans nos sou­ve­nirs et dans nos veines…
Ce n’est pas la résur­rec­tion d’un rite abo­li. C’est la conti­nua­tion d’une grande tra­di­tion. D’une tra­di­tion qui plonge ses racines au plus pro­fond des âges et ne veut pas dis­pa­raître. Une tra­di­tion dont chaque modi­fi­ca­tion ne doit que ren­for­cer le sens sym­bo­lique. Une tra­di­tion qui peu à peu revit. »

Jean Mabire
Les Sol­stices, His­toire et actua­li­té, édi­tions Le Flam­beau, 1991

L’étincelant Hector s’élance à l’intérieur…

« L’étincelant Hec­tor s’élance à l’intérieur. Son visage est sem­blable à la rapide nuit. Il brille de l’éclat ter­rible de l’airain qui lui couvre le corps ; ses mains tiennent deux lances. Per­sonne sauf un dieu, n’oserait l’affronter quand il fran­chit la porte. Un feu brûle en ses yeux. Se tour­nant vers la foule, il ordonne aux Troyens de pas­ser la muraille. Ils écoutent sa voix : les uns, tout aus­si­tôt, fran­chissent le rem­part, tan­dis que d’autres vont se répandre à tra­vers les portes bien construites. Vers leurs navires creux les Danaens s’enfuient, cepen­dant que s’élève un tumulte sans fin. »

Homère
Iliade, Chant XII, Les Troyens fran­chissent le rem­part, vers 800 – 725 avant notre ère

Sur le même autel, il y a bien des grains d’encens…

« Sur le même autel, il y a bien des grains d’encens ; tel grain est le pre­mier qui tombe dans le feu ; tel autre n’y tombe qu’un peu plus tard. Ce n’est pas une dif­fé­rence. »

Marc Aurèle
Pen­sées pour moi-même, IV, 15, vers 170 – 180, trad. Mario Meu­nier, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 1964

La vie ! La vie ! L’incroyable force de la vie…

« Il y a un feu. Ros­can­vel a cru voir un feu. Il écar­quille les yeux, pleu­rant de joie et de misère, de souf­france, de froid et de sel… Il y a un feu ! Fra­gile ain­si qu’une chi­mère, il pal­pite, cli­gnote fai­ble­ment, s’étiole dans un grain violent, semble se ravi­ver pour s’éteindre encore. Il y a un feu et l’espérance gran­dit comme une flamme. La vie ! La vie ! L’incroyable force de la vie ! »

Pierre Schoen­doerf­fer
L’aile du papillon, Édi­tions Gras­set, 2003

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