Thème

Citations sur la mer et l'océan

Citations sur la mer et l'océan : découvrez 5 citations de Jules Barbey d’Aurevilly, Sylvain Tesson, Joseph Conrad, Gérard d’Aboville

Qui ne sait le charme des landes ?

« Qui ne sait le charme des landes ?… Il n’y a peut-être que les pay­sages mari­times, la mer et ses grèves, qui aient un carac­tère aus­si expres­sif et qui vous émeuvent davan­tage. Elles sont comme les lam­beaux, lais­sés sur le sol, d’une poé­sie pri­mi­tive et sau­vage que la main et la herse de l’homme ont déchi­rée. Haillons sacrés qui dis­pa­raî­tront au pre­mier jour sous le souffle de l’industrialisme moderne ; car notre époque, gros­siè­re­ment maté­ria­liste et uti­li­taire, a pour pré­ten­tion de faire dis­pa­raître toute espèce de friche et de brous­sailles aus­si bien du globe que de l’âme humaine. »

Jules Bar­bey d’Au­re­vil­ly
L’En­sor­ce­lée, 1852, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

Les anciens Grecs ajoutèrent à la vénération du réel…

« Les anciens Grecs ajou­tèrent à la véné­ra­tion du réel la puis­sance de leur ima­gi­naire. Sur la mer éclai­rée par les mythes et les méduses, il y eut un miracle, voi­là trois mil­lé­naires. Des hommes prirent une déci­sion : ne plus jamais assis­ter à un spec­tacle natu­rel sans y asso­cier la pré­sence d’un dieu. »

Syl­vain Tes­son
La grande odys­sée de Syl­vain Tes­son, dans le sillage d’Ulysse, Le Figa­ro, 10 avril 2020

Le voyageur glissant sur l’océan ou gravissant…

« Le voya­geur glis­sant sur l’océan ou gra­vis­sant la mon­tagne pré­fère consa­crer son éner­gie vitale à s’émerveiller du spec­tacle du monde plu­tôt qu’à ratio­ci­ner sur son tas de misé­rables secrets inté­rieurs. Il pri­vi­lé­gie l’exploration à l’introspection. Il goûte davan­tage de se tenir debout sur la route que cou­ché sur le divan. »

Syl­vain Tes­son
Pré­face à Car­nets d’aventures, La Guilde euro­péenne du raid / Presses de la Renais­sance, 2007

Ils avaient été des hommes qui connaissaient la peine…

« Mais en véri­té, ils avaient été des hommes qui connais­saient la peine, les pri­va­tions, la vio­lence, la débauche — mais ne connais­saient point la peur et n’é­prou­vaient aucun élan de méchan­ce­té en leur cœur. Des hommes dif­fi­ciles à diri­ger, mais faciles à ins­pi­rer, des hommes sans voix — mais suf­fi­sam­ment virils pour mépri­ser dans leur cœur les voix sen­ti­men­tales qui se lamen­taient sur la dure­té de leur des­tin. C’é­tait un des­tin et c’é­tait le leur ; cette capa­ci­té de le sup­por­ter leur sem­blait le pri­vi­lège des élus ! Leur géné­ra­tion vivait muette et indis­pen­sable, sans connaître les dou­ceurs de l’af­fec­tion ou le refuge du foyer — et mou­rait libre de la sombre menace d’une tombe froide. Ils étaient les éter­nels enfants de la mer mys­té­rieuse. Leurs suc­ces­seurs sont les fils adultes d’une terre insa­tis­faite. Ils sont moins dépra­vés mais moins inno­cents ; moins irré­vé­ren­cieux mais peut-être aus­si moins croyants ; et s’ils ont appris à par­ler, ils ont aus­si appris à gémir. »

Joseph Conrad
Le nègre du Nar­cisse, 1913, trad. Robert d’Hu­mières, édi­tions Gal­li­mard, coll. L’i­ma­gi­naire, 2007

J’ai choisi l’océan comme terrain de confrontation…

« J’ai choi­si l’océan comme ter­rain de confron­ta­tion, comme ter­rain de bataille, car l’océan, c’est la réa­li­té dans ce qu’elle a de plus dur, de plus exi­geant. Pour lut­ter contre son pou­voir ter­ri­fiant, les valeurs humaines telles que l’intelligence, l’expérience et une inflexible volon­té de vaincre sont mes armes. »

Gérard d’Aboville
Cité dans Car­nets d’aventures, pré­sen­tés par Syl­vain Tes­son, La Guilde euro­péenne du raid / Presses de la Renais­sance, 2007

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés