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Guy de Maupassant

Découvrez 6 citations de Guy de Maupassant

J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines…

« J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces pro­fondes et déli­cates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nour­ri­tures, aux locu­tions locales, aux into­na­tions des pay­sans, aux odeurs du sol, des vil­lages et de l’air lui-même. »

Guy de Mau­pas­sant
Le Hor­la, 1886, édi­tions Albin Michel, coll. Le Livre de Poche, 1967

La langue française, d’ailleurs, est une eau pure que les écrivains…

« La langue fran­çaise, d’ailleurs, est une eau pure que les écri­vains manié­rés n’ont jamais pu et ne pour­ront jamais trou­bler. Chaque siècle a jeté dans ce cou­rant lim­pide ses modes, ses archaïsmes pré­ten­tieux et ses pré­cio­si­tés, sans que rien sur­nage de ces ten­ta­tives inutiles, de ces efforts impuis­sants. La nature de cette langue est d’être claire, logique et ner­veuse. Elle ne se laisse pas affai­blir, obs­cur­cir ou cor­rompre. »

Guy de Mau­pas­sant
Pierre et Jean, 1888, édi­tions Le Livre de Poche, 2007

Beaucoup de bourgeois bedonnants, émasculés par le commerce…

« Puis, un calme pro­fond, une attente épou­van­tée et silen­cieuse avait pla­né sur la cité. Beau­coup de bour­geois bedon­nants, émas­cu­lés par le com­merce, atten­daient anxieu­se­ment les vain­queurs, trem­blant qu’on ne consi­dé­rât comme une arme leurs broches à rôtir ou leurs grands cou­teaux de cui­sine. »

Guy de Mau­pas­sant
Boule de suif, 1880, édi­tions Le Livre de Poche, 2000

Plus on est grisé, plus on est conquis par la séduction de ce voyage…

« Plus on est gri­sé, plus on est conquis par la séduc­tion de ce voyage dans une forêt d’œuvres d’art, plus on se sent aus­si enva­hi par un bizarre sen­ti­ment de malaise qui se mêle bien­tôt à la joie de voir. Il pro­vient de l’étonnant contraste de la foule moderne si banale, si igno­rante de ce qu’elle regarde avec les lieux qu’elle habite. On sent que l’âme déli­cate, hau­taine et raf­fi­née du vieux peuple dis­pa­ru qui cou­vrit ce sol de chefs‑d’œuvre, n’agite plus les têtes à cha­peaux ronds cou­leur cho­co­lat, n’anime point les yeux indif­fé­rents, n’exalte plus les dési­rs vul­gaires de cette popu­la­tion sans rêves. »

Guy de Mau­pas­sant
La Côte ita­lienne, 1890, in Au soleil sui­vi de La Vie errante et autres voyages, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 2015

D’où vient cette déviation de l’instinct ?

« En Afrique, cet amour anor­mal [l’ho­mo­sexua­li­té] est entré si pro­fon­dé­ment dans les mœurs que les Arabes semblent le consi­dé­rer comme aus­si natu­rel que l’autre. D’où vient cette dévia­tion de l’ins­tinct ? De plu­sieurs causes sans doute. La plus appa­rente est la rare­té des femmes, séques­trées par les riches qui pos­sèdent quatre épouses légi­times et autant de concu­bines qu’ils en peuvent nour­rir. Peut-être aus­si l’ar­deur du cli­mat, qui exas­père les dési­rs sen­suels, a‑t-elle émous­sé chez ces hommes de tem­pé­ra­ment violent la déli­ca­tesse, la finesse, la pro­pre­té intel­lec­tuelle qui nous pré­servent des habi­tudes et des contacts répu­gnants. Peut-être encore trouve-t-on là une sorte de tra­di­tion des mœurs de Sodome, une héré­di­té vicieuse chez ce peuple nomade, inculte, presque inca­pable de civi­li­sa­tion, demeu­ré aujourd’­hui tel qu’il était aux temps bibliques. »

Guy de Mau­pas­sant
Pro­vince d’Al­ger, 1884, in Au soleil sui­vi de La Vie errante et autres voyages, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 2015

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