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Citations sur la joie

Le conte apporte quatre valeurs…

« Le conte apporte quatre valeurs essen­tielles : celle de quit­ter le réel pour un monde autre mais cré­dible, celle de tendre à l’émer­veille­ment, celle de s’évader tout entier, et celle de pro­cu­rer la joie, de l’enthou­siasme au sens éty­mo­lo­gique du terme, un trans­port, au vu d’une fin joyeuse, une euca­tas­trophe comme le dit Tol­kien. Ain­si, le conte de fées n’est pas l’apanage de la jeu­nesse, l’adulte pou­vant lui aus­si être tou­ché par l’effet pro­cu­ré à la lec­ture du conte. »

Armand Ber­ger
Tol­kien, l’Europe et la tra­di­tion. La civi­li­sa­tion à l’aune de l’imaginaire, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2022

Sont purs tous les sentiments qui vous saisissent et vous élèvent…

« Sont purs tous les sen­ti­ments qui vous sai­sissent et vous élèvent ; impur, le sen­ti­ment qui ne s’empare que d’un seul aspect de votre être et, ain­si, vous déchire. Tout ce que vous pou­vez pen­ser eu égard à votre enfance est bien. Tout ce qui fait de vous plus que ce que vous avez été jusque-là dans vos meilleurs moments est juste. Toute élé­va­tion est bonne lorsqu’elle par­court tout votre sang, lorsqu’elle n’est point ivresse, lorsqu’elle n’est pas trouble mais joie de part en part transparente. »

Rai­ner Maria Rilke
Lettres à un jeune poète (Briefe an einen jun­gen Dich­ter), 1929, trad. Marc Buhot de Lau­nay, édi­tions Gal­li­mard, coll. Poé­sie, 1993

La victime offerte en sacrifice…

« La vic­time offerte en sacri­fice devait lan­cer de longs cris, lugubres et pathé­tiques, afin que ceux qui les enten­daient vinssent à sen­tir l’inexprimable soli­tude de l’existence. Alors ma joie de vivre, jaillis­sant de quelque endroit secret au plus pro­fond de moi, pous­sait fina­le­ment une cla­meur de joie triom­phante, répon­dant cri pour cri à la vic­time. N’était-ce pas exac­te­ment sem­blable à la joie que l’homme d’autrefois trou­vait dans la chasse ? »

Yukio Mishi­ma
Confes­sion d’un masque, 1949, trad. Renée Vil­lo­teau, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1971, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1983

De toute manière, la lutte pour la vie…

« De toute manière, la lutte pour la vie n’é­tait une tra­gé­die que pour ceux qui étaient vain­cus. Pour les vain­queurs, elle était une conti­nua­tion, une joie et un renouvellement. »

Jack Lon­don
Croc-Blanc (White Fang), 1906, trad. Phi­lippe Saba­thé, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Folio Junior, 1997

La mazurka. Cette reine des danses…

« La mazur­ka. Cette reine des danses au rythme ensor­ce­lant qui tisse des figures joyeuses ou lan­gou­reuses, appelle des ber­ce­ments, des sus­pen­sions, tours et tour­billons – le deuxième temps, enle­vé-sau­té, un mar­che­pied vers le ciel ! Comme un bal­lon ovale dans le qua­dra­tique de la piste, un dé pipé sur un tapis de jeu, une course aléa­toire contre les obs­tacles, un méca­nisme capri­cant – hale­tant. Une langue secrète dans laquelle naît la pro­messe d’une his­toire. Se cisèle un désir. »

Erik L’Homme
Un peu de nuit en plein jour, édi­tions Cal­mann-Lévy, 2019

La conscience de cette allégresse toute-puissante…

« Je suis dans cet état étrange qui fut le mien, pour la pre­mière fois, à Som­maisne. Mes jambes se meuvent toutes seules, je me laisse mar­cher, sans réflexion, seule­ment avec la conscience de cette allé­gresse toute-puis­sante qui me ravit à moi-même et fait que je me regarde agir. »

Mau­rice Genevoix
Ceux de 14, 1949, édi­tions Flam­ma­rion, 2013

On peut juger une race sur l’allure de ses femme…

« On peut juger une race sur l’al­lure de ses femmes. C’est le meilleur test. Je regar­dai le visage de Mlle Bald­win, enca­dré par deux nattes blondes : même masque d’im­mo­bi­li­té heu­reuse que celui du vieux guer­rier. Il était quatre heures de l’a­près-midi lors­qu’ils com­men­cèrent à tour­ner. À quatre heures du matin, lorsque je les quit­tai, ils tour­naient tou­jours. Aucun d’entre eux, ni M. le ban­quier, ni M. le direc­teur, n’é­taient encore reve­nus sur terre. »

Jean Ras­pail
Jour­nal peau-rouge, édi­tions Robert Laf­font, 1975

Un dieu qui sache danser…

« Ce qui peut nous sau­ver, c’est quelque chose comme l’esprit d’une beau­té” qui s’épanche dans notre sang, vivi­fie notre vie, redonne de l’élan à notre être.
Serons-nous capables d’assumer un jour que c’est de quelque chose de tel qu’il s’agit ?
Serons-nous capables de com­prendre que seul un tel dieu peut être celui que nous recherchions ?
Un dieu qui, comme celui de Nietzsche, sache danser.
Un dieu dont la marque du beau, de l’inouï, soit gra­vée au feu sur son cœur ivre et joyeux. »

Javier Por­tel­la
Les esclaves heu­reux de la liber­té, édi­tions David Rein­harc, 2012

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