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Citations sur la joie

De toute manière, la lutte pour la vie…

« De toute manière, la lutte pour la vie n’é­tait une tra­gé­die que pour ceux qui étaient vain­cus. Pour les vain­queurs, elle était une conti­nua­tion, une joie et un renou­vel­le­ment. »

Jack Lon­don
Croc-Blanc (White Fang), 1906, trad. Phi­lippe Saba­thé, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Folio Junior, 1997

La mazurka. Cette reine des danses…

« La mazur­ka. Cette reine des danses au rythme ensor­ce­lant qui tisse des figures joyeuses ou lan­gou­reuses, appelle des ber­ce­ments, des sus­pen­sions, tours et tour­billons – le deuxième temps, enle­vé-sau­té, un mar­che­pied vers le ciel ! Comme un bal­lon ovale dans le qua­dra­tique de la piste, un dé pipé sur un tapis de jeu, une course aléa­toire contre les obs­tacles, un méca­nisme capri­cant – hale­tant. Une langue secrète dans laquelle naît la pro­messe d’une his­toire. Se cisèle un désir. »

Erik L’Homme
Un peu de nuit en plein jour, édi­tions Cal­mann-Lévy, 2019

La conscience de cette allégresse toute-puissante…

« Je suis dans cet état étrange qui fut le mien, pour la pre­mière fois, à Som­maisne. Mes jambes se meuvent toutes seules, je me laisse mar­cher, sans réflexion, seule­ment avec la conscience de cette allé­gresse toute-puis­sante qui me ravit à moi-même et fait que je me regarde agir. »

Mau­rice Gene­voix
Ceux de 14, 1949, édi­tions Flam­ma­rion, 2013

On peut juger une race sur l’allure de ses femme…

« On peut juger une race sur l’al­lure de ses femmes. C’est le meilleur test. Je regar­dai le visage de Mlle Bald­win, enca­dré par deux nattes blondes : même masque d’im­mo­bi­li­té heu­reuse que celui du vieux guer­rier. Il était quatre heures de l’a­près-midi lors­qu’ils com­men­cèrent à tour­ner. À quatre heures du matin, lorsque je les quit­tai, ils tour­naient tou­jours. Aucun d’entre eux, ni M. le ban­quier, ni M. le direc­teur, n’é­taient encore reve­nus sur terre. »

Jean Ras­pail
Jour­nal peau-rouge, édi­tions Robert Laf­font, 1975

Un dieu qui sache danser…

« Ce qui peut nous sau­ver, c’est quelque chose comme l’esprit d’une beau­té” qui s’épanche dans notre sang, vivi­fie notre vie, redonne de l’élan à notre être.
Serons-nous capables d’assumer un jour que c’est de quelque chose de tel qu’il s’agit ?
Serons-nous capables de com­prendre que seul un tel dieu peut être celui que nous recher­chions ?
Un dieu qui, comme celui de Nietzsche, sache dan­ser.
Un dieu dont la marque du beau, de l’inouï, soit gra­vée au feu sur son cœur ivre et joyeux. »

Javier Por­tel­la
Les esclaves heu­reux de la liber­té, édi­tions David Rein­harc, 2012

La mort et la naissance ne me semblent pas être en opposition…

« La mort et la nais­sance ne me semblent pas être en oppo­si­tion, mais sont comme des stades supé­rieurs et infé­rieurs dans le déve­lop­pe­ment de la vie… Ceux qui sont tom­bés pour le soleil de leur terre et pour pro­té­ger la joie des géné­ra­tions futures ne veulent pas que nous les tra­his­sions par des deuils qui ne sont indices que de nos fai­blesses, des deuils qui ne pleurent que la part que nous aurions pu avoir dans les mois­sons de leur vie. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Notre maison était la maison de la joie…

« Je lisais il y a quelques temps le récit que Jean Gué­hen­no a fait de sa jeu­nesse. On s’y débat dans le social le plus noir. Son père était cor­don­nier. Il en a fait un dam­né de la terre. Le mien aus­si était cor­don­nier, et à la même époque, notre mai­son était la mai­son de la joie, mais il faut dire que le social” n’y avait pas mis les pieds. On y fai­sait très atten­tion : s’il essayait, on le fou­tait à la porte. »

Jean Gio­no
Les ter­rasses de l’île d’Elbe, 1976, édi­tions Gal­li­mard, coll. L’I­ma­gi­naire, 2017

Plus on est grisé, plus on est conquis par la séduction de ce voyage…

« Plus on est gri­sé, plus on est conquis par la séduc­tion de ce voyage dans une forêt d’œuvres d’art, plus on se sent aus­si enva­hi par un bizarre sen­ti­ment de malaise qui se mêle bien­tôt à la joie de voir. Il pro­vient de l’étonnant contraste de la foule moderne si banale, si igno­rante de ce qu’elle regarde avec les lieux qu’elle habite. On sent que l’âme déli­cate, hau­taine et raf­fi­née du vieux peuple dis­pa­ru qui cou­vrit ce sol de chefs‑d’œuvre, n’agite plus les têtes à cha­peaux ronds cou­leur cho­co­lat, n’anime point les yeux indif­fé­rents, n’exalte plus les dési­rs vul­gaires de cette popu­la­tion sans rêves. »

Guy de Mau­pas­sant
La Côte ita­lienne, 1890, in Au soleil sui­vi de La Vie errante et autres voyages, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 2015

Le voyageur glissant sur l’océan ou gravissant…

« Le voya­geur glis­sant sur l’océan ou gra­vis­sant la mon­tagne pré­fère consa­crer son éner­gie vitale à s’émerveiller du spec­tacle du monde plu­tôt qu’à ratio­ci­ner sur son tas de misé­rables secrets inté­rieurs. Il pri­vi­lé­gie l’exploration à l’introspection. Il goûte davan­tage de se tenir debout sur la route que cou­ché sur le divan. »

Syl­vain Tes­son
Pré­face à Car­nets d’aventures, La Guilde euro­péenne du raid / Presses de la Renais­sance, 2007

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