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La vie, pensais-je…

« La vie, pen­sais-je, a for­cé­ment tou­jours rai­son au bout du compte ; si elle bafoue mes beaux rêves, c’est que ceux-ci étaient absurdes et injustifiés. »

Her­mann Hesse
Le loup des steppes (Der Step­pen­wolf), 1927, édi­tions Cal­mann-Lévy, 1975, trad. Alexan­dra Cade, édi­tions Le Livre de poche, coll. Biblio, 2022

C’est qu’Homère devint très vite et resta pour les grecs…

« C’est qu’Homère devint très vite et res­ta pour les grecs, mal­gré les voix dis­cor­dantes de cer­tains phi­lo­sophes, non seule­ment le poète par excel­lence, mais le meilleur mora­liste et le meilleurs théo­lo­gien, le dépo­si­taire et l’interprète de toute sagesse humaine et divine, un maître à pen­ser et un maître à vivre (…). »

Robert Fla­ce­lière
La poé­sie homé­rique, intro­duc­tion à l’édition de la « biblio­thèque de la pléiade » (n°115) de l’Iliade et l’Odyssée, Gal­li­mard, 1956

La vertu la plus haute…

« La ver­tu la plus haute. – À la pre­mière époque de l’humanité supé­rieure, c’est la bra­voure qui passe pour la plus haute des ver­tus, dans la deuxième, c’est la jus­tice, dans la troi­sième la mesure, dans la qua­trième la sagesse. À quelle époque vivons-nous ? À laquelle vis-tu ? »

Frie­drich Nietzsche
Humain, trop humain II (Men­schliches, All­zu­men­schliches), 1878, trad. Éric Blon­del, Ole Han­sen-Løve, Théo Ley­den­Bach, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2019

Ce qui est éprouvé en Europe depuis la renaissance des lettres…

« Or ce qui est éprou­vé en Europe depuis la renais­sance des lettres, c’est que les années de la pre­mière jeu­nesse étaient consa­crées à l’é­tude des auteurs grecs et latins ; car pour sen­tir et pour imi­ter ensuite le beau, il faut, dans la lit­té­ra­ture comme dans les arts, consul­ter l’antique, et cette étude n’ap­prend pas seule­ment à bien par­ler, mais à bien pen­ser, parce qu’en lisant les anciens on n’ap­prend pas seule­ment ce qu’il y a de plus élo­quem­ment écrit, mais ce qu’il y a de plus sage­ment pen­sé ».

Joseph de Maistre
Quatre cha­pitres sur la Rus­sie, Œuvres Com­plètes, tome VIII, Vitte et Per­rus­sel, 1884

Nullement fondée sur la raison kantienne, la loi naturelle…

« Nul­le­ment fon­dée sur la rai­son kan­tienne, la loi natu­relle, dans l’acception tho­miste, se veut au contraire la plus claire mani­fes­ta­tion de l’intelligence humaine, intel­li­gence dotée de la capa­ci­té à décryp­ter le mes­sage de la sagesse divine que Dieu a ins­crit dans la nature. »

Aris­tide Leucate
Aux temps de la jus­tice. En quête des sources pures du droit, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Longue Mémoire, 2023

Comme Dante arpentant avec Virgile…

« Comme Dante arpen­tant avec Vir­gile et Béa­trice les royaumes supra­ter­restres, il appar­tient aux âmes juvé­niles, aux géné­ra­tions en deve­nir, de voya­ger en des contrées qui leur sont encore incon­nues, pétries de contes et de légendes, qui trans­mettent une sagesse reve­nant à l’essence même de la vie, hors des dif­fi­cul­tés et des com­pli­ca­tions engen­drées par la socié­té moderne. »

Armand Ber­ger
Tol­kien, l’Europe et la tra­di­tion. La civi­li­sa­tion à l’aune de l’imaginaire, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Longue Mémoire, 2022

Le monde moderne aplatit tout…

« Là où le monde tra­di­tion­nel connais­sait des hié­rar­chies dis­tinctes, fon­dées sur la sagesse, l’honneur, le cou­rage mili­taire, etc., le monde moderne apla­tit tout et se contente de comp­ter les for­tunes. En ce sens, la moder­ni­té est une régres­sion, l’étouffement de la spi­ri­tua­li­té par la matière. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Longue Mémoire, 2020

Ils avançaient sans parler, tendus par l’effort…

« Ils avan­çaient sans par­ler, ten­dus par l’ef­fort, avares de leur souffle. Le silence presque solide qui les entou­rait les écra­sait comme l’eau écrase le plon­geur dans l’o­céan. Le sen­ti­ment de l’in­fi­ni, la conscience d’af­fron­ter une force supé­rieure pesaient sur eux de tout leur poids. Telle une grappe pié­ti­née qui exprime son suc, leur esprit se déta­chait peu à peu des fausses valeurs, des idoles de plâtre, des suf­fi­sances mes­quines, et ils se per­ce­vaient tels qu’ils étaient réel­le­ment, avec leurs étroites limites, leur insi­gni­fiance, leur sagesse d’in­sectes, lut­tant de toutes leurs faibles forces pour ne pas être empor­tés comme des fétus de paille par la puis­sance aveugle des élé­ments. »

Jack Lon­don
Croc-Blanc (White Fang), 1906, trad. Phi­lippe Saba­thé, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Folio Junior, 1997

Asservie aux idées de rapport, la société, cette vieille…

« Asser­vie aux idées de rap­port, la socié­té, cette vieille ména­gère qui n’a plus de jeune que ses besoins et qui radote de ses lumières, ne com­prend pas plus les divines igno­rances de l’esprit, cette poé­sie de l’âme qu’elle veut échan­ger contre de mal­heu­reuses connais­sances tou­jours incom­plètes, qu’elle n’admet la poé­sie des yeux, cachée et visible sous l’apparente inuti­li­té des choses. Pour peu que cet effroyable mou­ve­ment de la pen­sée moderne conti­nue, nous n’aurons plus, dans quelques années, un pauvre bout de lande où l’imagination puisse poser son pied ; pour rêver, comme le héron sur une de ses pattes. Alors, sous ce règne de l’épais génie des aises phy­siques qu’on prend pour de la Civi­li­sa­tion et du Pro­grès, il n’y aura ni ruines, ni men­diants, ni terres vagues, ni super­sti­tions comme celles qui vont faire le sujet de cette his­toire, si la sagesse de notre temps veut bien nous per­mettre de la raconter. »

Jules Bar­bey d’Aurevilly
L’En­sor­ce­lée, 1852, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

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