L’entrée en décadence se manifeste par le sentiment de la défaite…

« L’entrée en déca­dence se mani­feste par le sen­ti­ment de la défaite, inté­rio­ri­sée au point de rendre insup­por­table le far­deau de l’homme blanc” pour­tant magni­fié par Kipling. La suite logique, c’est l’abandon de soi, le renon­ce­ment, le déshon­neur et fina­le­ment la mort. Après avoir bais­sé les yeux, on baisse les bras. Avant d’accepter le Grand Rem­pla­ce­ment, on accepte le Grand Effa­ce­ment – on renonce à être soi-même. On com­mence par mettre genou à terre et l’on finit par tendre son cou au cou­teau des égor­geurs, dont l’ardeur au mas­sacre s’en trouve évi­dem­ment décuplée. »

Gré­goire Gambier 
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (conclu­sion), Oli­vier Eichen­laub dir., La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

L’honneur : ne jamais faillir aux normes qu’on s’est fixées…

« L’honneur : ne jamais faillir aux normes qu’on s’est fixées. L’image que l’on se fait de soi devient vraie dès l’instant qu’on s’y conforme de façon durable. Dès lors, que ce soit une image” ou une réa­li­té” importe peu ; les deux termes sont confondus. »

Alain de Benoist
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (post­face), La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Le monde moderne aplatit tout…

« Là où le monde tra­di­tion­nel connais­sait des hié­rar­chies dis­tinctes, fon­dées sur la sagesse, l’honneur, le cou­rage mili­taire, etc., le monde moderne apla­tit tout et se contente de comp­ter les for­tunes. En ce sens, la moder­ni­té est une régres­sion, l’étouffement de la spi­ri­tua­li­té par la matière. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

À la morale du péché…

« À la morale du péché, cepen­dant, on peut tou­jours oppo­ser l’éthique de l’honneur. Dans l’éthique de l’honneur, on ne se repend de rien. Quand on a fait une faute, on en tire la leçon. On oublie sou­vent, mais l’on ne par­donne pas plus qu’on ne demande à être par­don­né. Never explain, never com­plain. On ne s’explique pas, on ne se jus­ti­fie pas. On ne se plaint pas, on ne se pose pas en vic­time, on ne cherche pas à faire un ins­tru­ment de pou­voir d’une souf­france réelle ou sup­po­sée. On ne s’agenouille pas, on ne courbe pas la tête. On vit et on meurt debout. »

Alain de Benoist
« Mau­vaise conscience », Élé­ments n°175, décembre-jan­vier 2019

Les Français courageux et fidèles…

« Les Fran­çais cou­ra­geux et fidèles à l’image de l’idée qu’ils ont de leur pays – celui du bap­tême de Clo­vis, celui de la jus­tice de Saint-Louis, celui des quinze siècles de gloire et d’honneur – […] doivent retrou­ver l’esprit de Bou­vines. Si l’oriflamme de saint Denis n’est plus éle­vée pour pré­cé­der les com­bat­tants, son esprit doit être là. Vivant. »

Louis Alphonse de Bourbon
« Les Fran­çais doivent retrou­ver l’esprit de Bou­vines », Valeurs Actuelles, 12 avril 2020

Les plus beaux noms portés par les hommes…

« Les plus beaux noms por­tés par les hommes furent les noms don­nés par leurs ennemis. »

Jules Bar­bey d’Aurevilly
Cité par Léon Bloy en page de titre dans Le Men­diant ingrat (jour­nal de l’au­teur) 1892 – 1895, deuxième édi­tion, 1898

Ce n’est pas parce que l’on est pauvre que l’on est un voyou…

« Ce n’est pas parce que l’on est pauvre que l’on est un voyou. Bien des riches sont de vrais truands qui confondent ce qu’ils ont avec ceux qu’ils sont. Le pauvre lui n’a que ce qu’il est. Sois tou­jours digne et pro­tège ton hon­neur : il est ta seule richesse. »

Erik L’Homme
Les Maîtres des bri­sants, tome 1, Chien-de-la-lune, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Hors-piste, 2004

Quelle peine a frappé le mot courage…

« En pas­sant du sin­gu­lier au plu­riel, le trio célèbre, amours, délices et orgues, change de sexe et devient fémi­nin. D’autres se dégradent pro­fon­dé­ment. Les hon­neurs ont peu à voir avec l’hon­neur, les devoirs avec le devoir, les droits avec le droit, les espé­rances, lan­gage des notaires de Labiche, avec l’es­pé­rance qui est la volon­té d’es­poir quand il n’y a pas d’es­poir. Il y a des objets per­dus, des sol­dats per­dus, des enfants per­dus. Il y a aus­si des mots per­dus. Quelle peine a frap­pé le mot cou­rage ? »

Jean-Fran­çois Deniau
His­toires de cou­rage, édi­tions Plon, 2000

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