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Citations sur la vertu

Être gai, savoir l’être au plus âcre des souffrances du corps…

« Être gai, savoir l’être au plus âcre des souf­frances du corps, le res­ter lorsque la dévas­ta­tion et la mort frappent dure­ment auprès de vous, tenir bon à ces assauts constants que mènent contre le cœur tous les sens sur­ex­ci­tés, c’est pour le chef un rude devoir, et sacré. Je ne veux point fer­mer mes sens pour rendre ma tâche plus facile. Je veux répondre à toutes les sol­li­ci­ta­tions du monde pro­di­gieux où je me suis trou­vé jeté, ne jamais esqui­ver les chocs quand ils devraient me démo­lir, et gar­der mal­gré tout, si je puis, cette belle humeur bien­fai­sante vers laquelle je m’ef­force comme à la conquête d’une ver­tu. »

Mau­rice Gene­voix
Ceux de 14, 1949, édi­tions Flam­ma­rion, 2013

Grâce à l’histoire, j’offre l’hospitalité…

« Lorsque j’ai entre­pris d’écrire ces Vies, c’était pour autrui ; mais si je per­sé­vère et me com­plais dans cette tâche, c’est à pré­sent pour moi-même. Ces his­toires sont alors comme un miroir, à l’aide duquel j’essaie, en quelque sorte, d’embellir ma vie et de la confor­mer aux ver­tus de ces grands hommes. J’ai vrai­ment l’impression d’habiter et de vivre avec eux ; grâce à l’histoire, j’offre l’hospitalité, si l’on peut dire, à cha­cun d’entre eux tour à tour, l’accueillant et le gar­dant près de moi ; je contemple comme il fut grand et beau” [Homère, Iliade XXIV, v. 630 à pro­pos d’Achille] et je choi­sis les plus nobles de ses actions afin de les faire connaître. »

Plu­tarque
Vies paral­lèles (in Vie de Timo­léon), entre 100 et 120, trad. Anne-Marie Oza­nam, édi­tions Gal­li­mard, coll. Quar­to, 2002

Le mythe du héros nous semble particulièrement nécessaire en démocratie…

« Le mythe du héros nous semble par­ti­cu­liè­re­ment néces­saire en démo­cra­tie où le régime repose sur les ver­tus des citoyens. Sa dis­pa­ri­tion montre la dégéné­rescence de la démo­cra­tie en oli­gar­chie, ce que nous connais­sons aujourd’hui. »

Ivan Blot
Le héros dans notre civi­li­sa­tion : héros tra­giques et héros his­to­riques, pre­mier opus du cycle de confé­rences sur « L’homme héroïque », 2 sep­tembre 2015

Dans le monde germanique le héros est un idéal moral…

« Dans le monde ger­ma­nique le héros est un idéal moral. Le chant qui lui est consa­cré n’est pas seule­ment un agréable passe-temps pour les heures de loi­sirs, il a en outre une signi­fi­ca­tion bien plus haute. Le chant héroïque devait offrir à l’antrustionnat du prince ger­ma­nique à la cour duquel il était décla­mé, dans une grande salle, un magni­fique exemple de ver­tus viriles que chaque guer­rier devait ten­ter d’égaler. C’est pré­ci­sé­ment cela qui donne à l’épopée héroïque sa valeur d’éternité : un type d’humanité qui s’y est en effet éle­vé au rang d’un modèle uni­ver­sel de prouesse guer­rière aux dimen­sions presque sur­hu­maines. »

Jan de Vries
L’univers men­tal des Ger­mains, édi­tions du Porte-glaive, 1988

La jeunesse est faite pour l’héroïsme…

« La jeu­nesse est faite pour l’héroïsme. C’est vrai, il faut de l’héroïsme à un jeune homme pour résis­ter aux ten­ta­tions qui l’entourent, pour croire tout seul à une doc­trine mépri­sée, pour oser faire face sans recu­ler, pour résis­ter à sa famille et à ses amis, pour être fidèle contre tous. Ne croyez pas que vous serez dimi­nué, vous serez au contraire mer­veilleu­se­ment aug­men­té. C’est par la ver­tu que l’on est un homme. La vie vous paraî­tra alors pleine de saveur. »

Paul Clau­del
Lettre à Jacques Rivière, in Cor­res­pon­dance de Jacques Rivière et Paul Clau­del (1907 – 1914), édi­tions Plon, 1926

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