La vertu n’est pas un moyen se rapportant à quelque fin dernière…

« La ver­tu n’est pas un moyen se rap­por­tant à quelque fin der­nière. Elle est à elle-même sa propre fin – sa propre récom­pense. La recon­quête inté­rieure ou recon­quête de soi : point de départ de toute quête comme de toute conquête. Éta­blir sur soi un empire sou­ve­rain. Obéir au Maître qui est en nous, à l’instant même où nous com­man­dons à l’Esclave qui est en nous. »

Alain de Benoist
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (post­face), La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

Il est bon de se souvenir de son ascendance céleste…

« Ain­si, phi­lo­so­phie antique, mythe et reli­gion s’accordent pour recon­naître à l’homme une ori­gine divine qui implique de sa part des égards, des devoirs : durant son exis­tence ter­restre il devra répondre d’elle, en témoi­gner. Mais il peut tout autant la renier, s’en détour­ner et se conten­ter de n’être qu’un mor­tel […] Il est bon de se sou­ve­nir de son ascen­dance céleste. Non pour s’en van­ter, mais afin de recou­vrer notre état sei­gneu­rial. Tel est le sens du retour, de la patience remon­tée. Les ver­tus en consti­tuent les plus solides échelons. »

Jac­que­line Kelen
Le jar­din des ver­tus, édi­tions Sal­va­tor, 2019

Le choix du héros grec…

« Le choix du héros grec se pro­pose à chaque être humain : suivre la pente facile des plai­sirs ou gra­vir le che­min caillou­teux de l’ascèse. Se conten­ter de l’existence ter­restre ou aspi­rer à la voie des dieux. On dit aus­si : la voie de gauche, qui mène à la per­di­tion, et la voie de droite, celle de la ver­tu, que cou­ronne la gloire. »

Jac­que­line Kelen
Le jar­din des ver­tus, édi­tions Sal­va­tor, 2019

Être gai, savoir l’être au plus âcre des souffrances du corps…

« Être gai, savoir l’être au plus âcre des souf­frances du corps, le res­ter lorsque la dévas­ta­tion et la mort frappent dure­ment auprès de vous, tenir bon à ces assauts constants que mènent contre le cœur tous les sens sur­ex­ci­tés, c’est pour le chef un rude devoir, et sacré. Je ne veux point fer­mer mes sens pour rendre ma tâche plus facile. Je veux répondre à toutes les sol­li­ci­ta­tions du monde pro­di­gieux où je me suis trou­vé jeté, ne jamais esqui­ver les chocs quand ils devraient me démo­lir, et gar­der mal­gré tout, si je puis, cette belle humeur bien­fai­sante vers laquelle je m’ef­force comme à la conquête d’une ver­tu. »

Mau­rice Genevoix
Ceux de 14, 1949, édi­tions Flam­ma­rion, 2013

Grâce à l’histoire, j’offre l’hospitalité…

« Lorsque j’ai entre­pris d’écrire ces Vies, c’était pour autrui ; mais si je per­sé­vère et me com­plais dans cette tâche, c’est à pré­sent pour moi-même. Ces his­toires sont alors comme un miroir, à l’aide duquel j’essaie, en quelque sorte, d’embellir ma vie et de la confor­mer aux ver­tus de ces grands hommes. J’ai vrai­ment l’impression d’habiter et de vivre avec eux ; grâce à l’histoire, j’offre l’hospitalité, si l’on peut dire, à cha­cun d’entre eux tour à tour, l’accueillant et le gar­dant près de moi ; je contemple comme il fut grand et beau” [Homère, Iliade XXIV, v. 630 à pro­pos d’Achille] et je choi­sis les plus nobles de ses actions afin de les faire connaître. »

Plu­tarque
Vies paral­lèles (in Vie de Timo­léon), entre 100 et 120, trad. Anne-Marie Oza­nam, édi­tions Gal­li­mard, coll. Quar­to, 2002

Le mythe du héros nous semble particulièrement nécessaire en démocratie…

« Le mythe du héros nous semble par­ti­cu­liè­re­ment néces­saire en démo­cra­tie où le régime repose sur les ver­tus des citoyens. Sa dis­pa­ri­tion montre la dégéné­rescence de la démo­cra­tie en oli­gar­chie, ce que nous connais­sons aujourd’hui. »

Ivan Blot
Le héros dans notre civi­li­sa­tion : héros tra­giques et héros his­to­riques, pre­mier opus du cycle de confé­rences sur « L’homme héroïque », 2 sep­tembre 2015

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