Thème

Citations sur le bonheur

Le modèle du héros grandit l’homme…

« Le modèle du héros gran­dit l’homme, l’oblige à avoir une cer­taine tenue : il a la « magna­ni­mi­té » des Anciens, c’est-à-dire la gran­deur d’âme. Chez lui, ni mes­qui­ne­rie, ni jalou­sie, ni maté­ria­lisme sor­dide, ni obses­sion de son confort per­son­nel. Il ne recherche pas le bon­heur pour lui-même, idéal mépri­sable que Nietzsche réser­vait aux vaches et aux Anglais” (injuste pour ces der­niers). »

Ivan Blot
Le héros dans notre civi­li­sa­tion : héros tra­giques et héros his­to­riques, pre­mier opus du cycle de confé­rences sur « L’homme héroïque », 2 sep­tembre 2015

On ne vivait point encore dans l’égalité…

« Et ce bon­heur, ce cli­mat de bon­heur. Évi­dem­ment on ne vivait point encore dans l’é­ga­li­té. On n’y pen­sait même pas, à l’é­ga­li­té, j’en­tends à une éga­li­té sociale. Une inéga­li­té com­mune, com­mu­né­ment accep­tée, une inéga­li­té géné­rale, un ordre, une hié­rar­chie qui parais­sait natu­relle ne fai­sait qu’é­ta­ger les dif­fé­rents niveaux d’un com­mun bon­heur. On ne parle aujourd’­hui que de l’é­ga­li­té. Et nous vivons dans la plus mons­trueuse inéga­li­té éco­no­mique que l’on n’ait jamais vue dans l’his­toire du monde. On vivait alors. On avait des enfants. Ils n’a­vaient aucu­ne­ment cette impres­sion que nous avons d’être au bagne. Ils n’a­vaient pas comme nous cette impres­sion d’un étran­gle­ment éco­no­mique, d’un col­lier de fer qui tient à la gorge et qui se serre tous les jours d’un cran. Ils n’a­vaient point inven­té cet admi­rable méca­nisme de la grève moderne à jet conti­nu, qui fait tou­jours mon­ter les salaires d’un tiers, et le prix de la vie d’une bonne moi­tié, et la misère, de la dif­fé­rence. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Nous voulons de la place au soleil…

« Nous vou­lons de la place au soleil – C’est nor­mal mon gar­çon ; alors fais du soleil au lieu de cher­cher à faire de la place. »

Jean Gio­no
Le bon­heur fou, édi­tions Gal­li­mard, 1957

Je redoute l’indifférenciation nihiliste…

« Je crois à la grande sagesse et à la pro­fonde intel­li­gence de l’existence de pôles mas­cu­lins et fémi­nins, et je redoute l’indifférenciation nihi­liste à laquelle se livrent les post­fé­mi­nistes qui, par res­sen­ti­ment, cherchent désor­mais moins à s’occuper des femmes et à pro­mou­voir le fémi­nin qu’à haïr les hommes et vou­loir liqué­fier les genres. Je veux croire qu’il est tou­jours beau, bon et heu­reux qu’il y ait des hommes et qu’il y ait des femmes, pour le bon­heur des deux d’ailleurs. »

Julien Roche­dy
Entre­tien à Valeurs Actuelles, 19 décembre 2019

Les formes du pouvoir nobiliaire n’ont pas cessé de changer…

« Au fil des siècles, chez les peuples euro­péens et dans cha­cune de leurs cultures par­ti­cu­lières, les formes du pou­voir nobi­liaire n’ont pas ces­sé de chan­ger, et sou­vent de façon rapide, mais la fonc­tion poli­tique et morale de la noblesse, en Grèce, à Rome, en Ger­ma­nie, dans l’Europe médié­vale ou moderne, est res­tée iden­tique pour l’essentiel. La noblesse n’est pas l’aristocratie ; il y a des aris­to­cra­ties de la for­tune et de l’argent. Elle n’est que par­tiel­le­ment dépen­dante de l’hérédité. Elle repose sur le mérite, et celui-ci doit tou­jours être confir­mé. La noblesse se gagne et se perd. Elle vit sur l’idée que le devoir et l’honneur sont plus impor­tants que le bon­heur indi­vi­duel. Ce qu’elle a en propre c’est son carac­tère public. Elle est faite pour diri­ger la chose publique, la res publi­ca. Sa voca­tion n’est pas d’occuper le som­met de la socié­té mais le som­met de l’État. Ce qui la dis­tingue, ce ne sont pas les pri­vi­lèges, mais le fait d’être sélec­tion­née pour com­man­der. Elle gou­verne, juge et mène au com­bat. La noblesse est asso­ciée à la vigueur des liber­tés publiques. Ses terres d’élection sont les liber­tés féo­dales et les monar­chies aris­to­cra­tiques ou consti­tu­tion­nelles. Elle est impen­sable dans les grandes tyran­nies orien­tales, Assur ou l’Égypte. En Europe même, elle s’étiole ou dis­pa­raît chaque fois que s’établit un pou­voir des­po­tique, ce qu’est le cen­tra­lisme éta­tique. Elle implique une per­son­na­li­sa­tion du pou­voir qui huma­nise celui-ci à l’inverse de la dic­ta­ture ano­nyme des bureaux. »

Domi­nique Ven­ner
His­toire et tra­di­tion des Euro­péens, Édi­tions du Rocher, coll. His­toire, 2002

Tu ne trouveras le répit…

« Tu ne trou­ve­ras le répit que dans la marche for­cée et la recons­truc­tion d’un pro­jet. Oui, pars pour que les choses adviennent et changent. Pars pour connaître le bon­heur plein de se décou­vrir, chaque matin un être nou­veau. Et pars dès l’aube quand le monde est encore pur. »

Clau­dine Vin­ce­not
Confi­dences des deux rivages, édi­tions Anne Car­rière, 1999

Auteurs

Auteurs récemment ajoutés