Le livre
Le déclin du courage

Le déclin du courage

Auteur : Alexandre Sol­jé­nit­syne
Édi­teur : édi­tions Les Belles Lettres, coll. Le Goût des idées (21 octobre 2014, réédi­tion 2018)

Pré­sen­ta­tion de l’é­di­teur : Le 8 juin 1978 Alexandre Sol­jé­nit­syne disait aux étu­diants de l’u­ni­ver­si­té de Har­vard :
« Non, je ne peux pas recom­man­der votre socié­té comme idéal pour trans­for­ma­tion de la nôtre. (…) Nous avions pla­cé trop d’espoirs dans les trans­for­ma­tions poli­ti­co-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus pré­cieux : notre vie inté­rieure. À l’Est, c’est la foire du Par­ti qui la foule aux pieds, à l’Ouest la foire du Com­merce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde écla­té, c’est que les prin­ci­paux mor­ceaux en soient atteints d’une mala­die ana­logue. »

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Découvrez 14 citations extraites du livre

La presse ne retient que les formules à sensation...

« La presse est le lieu pri­vi­lé­gié où se mani­festent cette hâte et cette super­fi­cia­li­té qui sont la mala­die men­tale du XXe siècle. Aller au cœur des pro­blèmes lui est contre-indi­qué, cela n’est pas dans sa nature, elle ne retient que les for­mules à sen­sa­tion. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Le journaliste et son journal sont-ils vraiment responsables...

« Le jour­na­liste et son jour­nal sont-ils vrai­ment res­pon­sables devant leurs lec­teurs ou devant l’Histoire ? Quand il leur est arri­vé, en don­nant une infor­ma­tion fausse ou des conclu­sions erro­nées, d’induire en erreur l’opinion publique ou même de faire faire un faux pas à l’État tout entier – les a‑t-on jamais vus l’un ou l’autre battre publi­que­ment leur coulpe ? Non, bien sûr, car cela aurait nui à la vente. Dans une affaire pareille, l’État peut lais­ser des plumes – le jour­na­liste, lui, s’en tire tou­jours. Vous pou­vez parier qu’il va main­te­nant, avec un aplomb renou­ve­lé, écrire le contraire de ce qu’il affir­mait aupa­ra­vant. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Le droit est trop froid et trop formel...

« Le droit est trop froid et trop for­mel pour exer­cer sur la socié­té une influence béné­fique. Lorsque toute la vie est péné­trée de rap­ports juri­diques, il se crée une atmo­sphère de médio­cri­té morale qui asphyxie les meilleurs élans de l’homme. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Il n’est pas bon pour un être vivant d’être habitué...

« Même la bio­lo­gie sait cela : il n’est pas bon pour un être vivant d’être habi­tué à un trop grand bien-être. Aujourd’hui, c’est dans la vie de la socié­té occi­den­tale que le bien-être a com­men­cé de sou­le­ver son masque funeste. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Ce tournant exigera de nous une flamme spirituelle...

« Le monde, aujourd’hui, est à la veille sinon de sa propre perte, du moins d’un tour­nant de l’Histoire qui ne le cède en rien en impor­tance au tour­nant du Moyen Âge sur la Renais­sance : ce tour­nant exi­ge­ra de nous une flamme spi­ri­tuelle, une mon­tée vers une nou­velle hau­teur de vues, vers un nou­veau mode de vie où ne sera plus livrée à la malé­dic­tion, comme au Moyen Âge, notre nature phy­sique, mais où ne sera pas non plus fou­lée aux pieds, comme dans l’ère moderne, notre nature spi­ri­tuelle. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Le courage civique a déserté non seulement le monde...

« Le cou­rage civique a déser­té non seule­ment le monde occi­den­tal dans son ensemble, mais même cha­cun des pays qui le com­posent, cha­cun de ses gou­ver­ne­ments, cha­cun de ses par­tis, ain­si que, bien enten­du, l’Organisation des Nations unies. Ce déclin du cou­rage est par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible dans la couche diri­geante et dans la couche intel­lec­tuelle domi­nante, d’où l’impression que le cou­rage a déser­té la socié­té tout entière. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Nous avions placé trop d'espoirs...

« Nous avions pla­cé trop d’es­poirs dans les trans­for­ma­tions poli­ti­co-sociales, et il se révèle qu’on nous enlève ce que nous avons de plus pré­cieux : notre vie inté­rieure. À l’Est, c’est la foire du Par­ti qui la foule aux pieds, à l’Ouest la foire du Com­merce : ce qui est effrayant, ce n’est même pas le fait du monde écla­té, c’est que les prin­ci­paux mor­ceaux en sont atteints d’une mala­die ana­logue. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

La presse est devenue la force la plus importante des États occidentaux...

« Et, avec tout cela, la presse est deve­nue la force la plus impor­tante des États occi­den­taux, elle dépasse en puis­sance les pou­voirs exé­cu­tif, légis­la­tif et judi­ciaire. Pour­tant, voyons : en ver­tu de quelle loi a‑t-elle été élue et à qui rend-elle compte de son acti­vi­té ? Si, dans l’Est com­mu­niste, un jour­na­liste est ouver­te­ment nom­mé comme tout fonc­tion­naire — quels sont les élec­teurs de qui les jour­na­listes occi­den­taux tiennent leur posi­tion pré­pon­dé­rante ? Pour com­bien de temps l’oc­cupent-ils et de quels pou­voirs sont-ils inves­tis ? »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Moi qui ai passé toute ma vie sous le communisme...

« Moi qui ai pas­sé toute ma vie sous le com­mu­nisme, j’af­firme qu’une socié­té où il n’existe pas de balance juri­dique impar­tiale est une chose hor­rible. Mais une socié­té qui ne pos­sède en tout et pour tout qu’une balance juri­dique n’est pas, elle non plus, vrai­ment digne de l’homme. Une socié­té qui s’est ins­tal­lée sur le ter­rain de la loi, sans vou­loir aller plus haut, n’u­ti­lise que fai­ble­ment les facul­tés les plus éle­vées de l’homme. Le droit est trop froid et trop for­mel pour exer­cer sur la socié­té une influence béné­fique. Lorsque toute la vie est péné­trée de rap­ports juri­diques, il se crée une atmo­sphère de médio­cri­té morale qui asphyxie les meilleurs élans de l’homme. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Une âme humaine accablée...

« Une âme humaine acca­blée par plu­sieurs dizaines d’an­nées de vio­lence aspire à quelque chose de plus haut, de plus chaud, de plus pur que ce que peut aujourd’­hui lui pro­po­ser l’exis­tence de masse en occi­dent que viennent annon­cer, telle une carte de visite, l’é­cœu­rante pres­sion de la publi­ci­té, l’a­bru­tis­se­ment de la télé­vi­sion et une musique insup­por­table. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

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