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Citations sur le bien-être

Il n’est pas bon pour un être vivant d’être habitué…

« Même la bio­lo­gie sait cela : il n’est pas bon pour un être vivant d’être habi­tué à un trop grand bien-être. Aujourd’hui, c’est dans la vie de la socié­té occi­den­tale que le bien-être a com­men­cé de sou­le­ver son masque funeste. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

Un monde absolument hostile, qui n’est pas fait pour l’homme…

« Un monde abso­lu­ment hos­tile, qui n’est pas fait pour l’homme, et qui l’attire pour­tant comme un des der­niers défis de notre pla­nète trop civi­li­sée ! Et certes, il faut être très civi­li­sé pour appré­cier cette aber­ra­tion, le choix volon­taire de se pri­ver du confort de la vie moderne. Il faut être reve­nu de beau­coup de choses, avoir épui­sé beau­coup de plai­sirs, pour goû­ter les délices de la fatigue, du froid, de la peur, de la souf­france… Mais c’est à ce prix seule­ment que l’homme à l’âme terne, ras­sa­sié de bien-être et de sécu­ri­té peut se sen­tir à nou­veau exister. »

Anne-Laure Boch
L’Euphorie des Cimes, Édi­tions Trans­bo­réales, 2011

Qu’est-ce que la liberté ? C’est avoir la volonté de répondre de soi…

« Car, qu’est-ce que la liber­té ? C’est avoir la volon­té de répondre de soi. C’est main­te­nir les dis­tances qui nous séparent. C’est être indif­fé­rent aux cha­grins, aux dure­tés, aux pri­va­tions, à la vie même. C’est être prêt à sacri­fier les hommes à sa cause, sans faire excep­tion de soi-même. Liber­té signi­fie que les ins­tincts virils, les ins­tincts joyeux de guerre et de vic­toire, pré­do­minent sur tous les autres ins­tincts, par exemple sur ceux du « bon­heur ». L’homme deve­nu libre, com­bien plus encore l’esprit deve­nu libre, foule aux pieds cette sorte de bien-être mépri­sable dont rêvent les épi­ciers, les chré­tiens, les vaches, les femmes, les Anglais et d’autres démo­crates. L’homme libre est guer­rier. — À quoi se mesure la liber­té chez les indi­vi­dus comme chez les peuples ? À la résis­tance qu’il faut sur­mon­ter, à la peine qu’il en coûte pour arri­ver en haut. Le type le plus éle­vé de l’homme libre doit être cher­ché là, où constam­ment la plus forte résis­tance doit être vain­cue : à cinq pas de la tyran­nie, au seuil même du dan­ger de la ser­vi­tude. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

L’homme devenu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être…

« L’homme deve­nu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être mépri­sable dont rêvent les épi­ciers, les chré­tiens, les vaches, les femmes, les Anglais et autres démo­crates. L’homme libre est guerrier. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Je crois que notre société industrielle souffre…

« Je crois que notre socié­té indus­trielle souffre d’un malaise fon­da­men­tal, qui est d’ordre moral et poli­tique et se résume à ceci que l’individu n’a de pou­voir que dans le rôle irres­pon­sable du consommateur. »

Ber­trand de Jouvenel
Arca­die, Essai sur le mieux vivre, in Revue de droit com­pa­ré, édi­tions S.E.D.E.S, 1969

Un demi-siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale…

« Un demi-siècle après la fin de la Seconde Guerre mon­diale, les Euro­péens de l’Ouest, les Amé­ri­cains du Nord et quelques autres pri­vi­lé­giés, ici et là dans le monde, vivent pro­vi­soi­re­ment comme abri­tés dans une bulle de bien-être, tan­dis qu’alentour le reste de l’univers est sou­mis à la vio­lence, à la pré­ca­ri­té, à la faim… Durant leur longue exis­tence natio­nale, les Fran­çais ont sou­vent béné­fi­cié de cette sorte de bulle” pro­tec­trice. Leur posi­tion géo­gra­phique, à l’extrémité occi­den­tale de la pénin­sule eur­asia­tique, a joué en leur faveur comme la mer pour les Anglais ou l’Océan pour les Euro-Amé­ri­cains depuis le XVIIe siècle. Après les conquêtes vikings, la France n’a plus connu la menace d’une inva­sion, ce qui est bien autre chose qu’une guerre dynas­tique, un conflit de bor­nage fron­ta­lier ou une petite guerre autour d’une ville qu’on se dis­pute entre voi­sins. Pen­dant plus de mille ans, les vraies fron­tières de la France furent défen­dues par d’autres sur l’Ebre, l’Oder ou le Danube. La France n’avait pas à se sou­cier de mon­ter la garde face au « désert des Tar­tares ». Ses rois avaient la lati­tude d’adresser des sou­rires au Sul­tan dans le dos des che­va­liers polo­nais ou autri­chiens qui tenaient la menace otto­mane éloi­gnée de Paris. Loin des Sar­ra­sins, des Mon­gols ou des Turcs, dans leur jar­din abri­té et soi­gneu­se­ment des­si­né, les Fran­çais purent culti­ver à loi­sir cet art de vivre unique en son genre, déli­cat, aimable et froid, ces jeux de l’esprit ordon­nés autour du scep­ti­cisme, de l’ironie et de la rai­son, dont ils se sont tant fait gloire. »

Domi­nique Venner
Le cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

Le bourgeoisisme, qui s’oppose à l’esprit populaire comme à…

« Le bour­geoi­sisme, qui s’oppose à l’esprit popu­laire comme à l’esprit aris­to­cra­tique, domine la socié­té mar­chande et la civi­li­sa­tion occi­den­tale : morale de l’intérêt, recherche indi­vi­dua­liste du bien-être immé­diat, réduc­tion du lignage à l’héritage maté­riel, esprit de cal­cul, concep­tion négo­ciante de l’existence, igno­rance du don, pré­ser­va­tion par­ci­mo­nieuse de la vie, refus du risque et de l’aléa, esprit d’entreprise limi­té à l’accroissement de richesse, désir de sécu­ri­té, ten­dances cos­mo­po­lites, indif­fé­rence aux attaches, aux enra­ci­ne­ments et aux soli­da­ri­tés avec son propre peuple, déta­che­ment envers tout sen­ti­ment reli­gieux de nature col­lec­tive ou gra­tuite, igno­rance com­plète du sacré. Le petit-bour­geois moderne, figure domi­nante de la socié­té actuelle, appa­raît « bran­ché » mais tra­hit un extra­or­di­naire confor­misme. Il est à la fois la cible et l’acteur prin­ci­pal de l’ahurissement intel­lec­tuel et des dis­po­si­tifs idéo­lo­giques de mise-au-pas régen­tés par le soft-tota­li­ta­risme d’aujourd’hui. »

Guillaume Faye
Pour­quoi nous com­bat­tons – Mani­feste de la Résis­tance euro­péenne, Édi­tions de L’AEncre, 2001

Le souverain bien est le bonheur ou « euthymie », très différent…

« Le sou­ve­rain bien est le bon­heur ou « euthy­mie », très dif­fé­rent du plai­sir, contrai­re­ment à ce qu’ont cru ceux qui l’ont mal com­pris, atti­tude dans laquelle l’âme est en repos et calme, et ne se laisse trou­bler par aucune crainte, super­sti­tion, ou affection. »

Dio­gène Laërce
Vie et doc­trine des phi­lo­sophes illustres, IIIe siècle de notre ère, trad. Robert Genaille, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, en deux tomes, 1965

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