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Un abîme nous sépare de ceux qui se battent…

« Un abîme nous sépare de ceux qui se battent pour un bien-être maté­riel. »

Ernst Jün­ger
Le Boque­teau 125 (Das Wäld­chen 125), 1925, trad. Julien Her­vier, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2000

À propos de l'auteur

Ernst Jünger, né le 29 mars 1895 à Heidelberg et mort le 17 février 1998 à Riedlingen, est un écrivain allemand. Il a participé aux deux guerres mondiales, d'abord dans les troupes de choc au cours de la Première Guerre mondiale, puis comme officier de l'administration militaire d'occupation à Paris à partir de 1941. Devenu célèbre après la publication de ses souvenirs de la Première Guerre mondiale dans Orages d'acier en 1920, il a été une figure intellectuelle majeure de la Révolution conservatrice à l'époque de Weimar, mais s'est tenu éloigné de la vie politique à partir de l'accession des nazis au pouvoir. Jusqu'à la fin de sa vie à plus de cent ans, il a publié des récits et de nombreux essais ainsi qu'un journal des années 1939 à 1948 puis de 1965 à 1996. Parmi ses récits, Sur les falaises de marbre (1939) est l'un des plus connus.
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Se dresser pour combattre sans rien d’autre que le sabre…

« Se dres­ser pour com­battre sans rien d’autre que le sabre, accep­ter jusqu’au risque d’une défaite écla­tante – c’était là l’unique moyen qu’avaient de s’exprimer les aspi­ra­tions fer­ventes de chaque membre de la Socié­té. C’était l’essence même du vaillant esprit de Yamato. »

Yukio Mishi­ma
Che­vaux échap­pés, 1969, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard 1980, coll. Quar­to, 2004

La douleur irradiait le ventre entier…

« Len­te­ment, des pro­fon­deurs internes, la dou­leur irra­diait le ventre entier. Des cloches en folie son­naient, mille cloches ensemble à chaque souffle, à chaque bat­te­ment du pouls, ébran­lant tout son être. Le lieu­te­nant ne pou­vait plus s’empêcher de gémir. Mais la lame était arri­vée à l’aplomb du nom­bril et, lorsqu’il le consta­ta, il fut content et reprit cou­rage.
Le volume de sang répan­du avait régu­liè­re­ment aug­men­té et com­men­çait à jaillir de la bles­sure au rythme même du pouls. La natte devant le lieu­te­nant était trem­pée de rouge pas les écla­bous­sures du sang qui conti­nuait à s’écouler des flaques que rete­nait de ses plis le pan­ta­lon d’uniforme. Une goutte unique s’envola comme un oiseau jusqu’à Rei­ko pour se poser sur ses genoux et tacher sa robe blanche. »

Yukio Mishi­ma
Patrio­tisme, 1961, in La mort en été, trad. Geof­frey W. Sargent puis Domi­nique Aury, édi­tions Gal­li­mard 1983, coll. Folio, 1988

Elle aussi, Reiko, considérait passionnément son mari…

« Elle aus­si, Rei­ko, consi­dé­rait pas­sion­né­ment son mari, qui si vite allait mou­rir, et se disait qu’elle n’avait jamais vu rien au monde d’aussi beau. Le lieu­te­nant avait tou­jours bien por­té l’uniforme, mais aujourd’hui, regar­dant la mort en face, les sour­cils droits et les lèvres bien ser­rées, il offrait peut-être le plus superbe exemple pos­sible de beau­té masculine. »

Yukio Mishi­ma
Patrio­tisme, 1961, in La mort en été, trad. Geof­frey W. Sargent puis Domi­nique Aury, édi­tions Gal­li­mard 1983, coll. Folio, 1988

Le seppuku, se dit-il, est-ce cela ?

« Le sep­pu­ku, se dit-il, est-ce cela ? On aurait dit le chaos abso­lu, comme si le ciel lui était tom­bé sur la tête, comme si l’univers, ivre, titu­bait. Sa volon­té et son cou­rage, qui avaient sem­blé si fermes avant qu’il ne fît l’entaille, s’étaient réduits à l’épaisseur d’un seul fil d’acier aus­si fin qu’un che­veu, et il éprou­va comme un affreux malaise le soup­çon qu’il lui fal­lait avan­cer le long de ce fil et s’y atta­cher déses­pé­ré­ment. Son poing cris­pé était tout humide. Il bais­sa les yeux. Il vit que sa main et l’étoffe qui enve­lop­pait sa lame étaient trem­pées de sang. Son pagne aus­si était pro­fon­dé­ment teint de rouge. »

Yukio Mishi­ma
Patrio­tisme, 1961, in La mort en été, trad. Geof­frey W. Sargent puis Domi­nique Aury, édi­tions Gal­li­mard 1983, coll. Folio, 1988

Ce qu’il allait accomplir appartenait à sa vie publique, à sa vie de soldat…

« Ce qu’il allait accom­plir appar­te­nait à sa vie publique, à sa vie de sol­dat dont sa femme n’avait jamais été témoin. Cet acte exi­geait autant de volon­té que se battre exige de cou­rage ; c’était une mort dont la digni­té et la qua­li­té n’étaient pas moindre que celles de la mort en pre­mière ligne. Ce dont il allait main­te­nant faire montre, c’était de sa conduite sur le champ de bataille. »

Yukio Mishi­ma
Patrio­tisme, 1961, in La mort en été, trad. Geof­frey W. Sargent puis Domi­nique Aury, édi­tions Gal­li­mard 1983, coll. Folio, 1988

Il mourait sur un champ de bataille sans gloire…

« Tout autour de lui, dans l’immensité et le désordre, s’étendait le pays pour lequel il souf­frait. Il allait lui don­ner sa vie. Mais ce grand pays, qu’il était prêt à contes­ter au point de se détruire lui-même, ferait-il seule­ment atten­tion à sa mort ? Il n’en savait rien ; et tant pis. Il mou­rait sur un champ de bataille sans gloire, un champ de bataille où ne pou­vait s’accomplir aucun fait d’armes : le lieu d’un com­bat spirituel. »

Yukio Mishi­ma
Patrio­tisme, 1961, in La mort en été, trad. Geof­frey W. Sargent puis Domi­nique Aury, édi­tions Gal­li­mard 1983, coll. Folio, 1988

Il faudra bien un jour dans ce pays que ça craque…

« – Tu penses comme moi. Il fau­dra bien un jour dans ce pays que ça craque.
– Si nous par­lons du même pays, je pense même que ça craque depuis les der­niers Valois. »

Michel Audiard
Alain Delon et Daniel Cec­cal­di dans Mort d’un pour­ri (film), 1977, in Audiard par Audiard, édi­tions René Châ­teau, 2005

La justice, c’est comme la Sainte-Vierge…

« La jus­tice, c’est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps, le doute s’installe. »

Michel Audiard
Phi­lippe Noi­ret dans Pile ou Face (film), 1980, in Audiard par Audiard, édi­tions René Châ­teau, 2005

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