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Citations sur la décadence

L’entrée en décadence se manifeste par le sentiment de la défaite…

« L’entrée en déca­dence se mani­feste par le sen­ti­ment de la défaite, inté­rio­ri­sée au point de rendre insup­por­table le far­deau de l’homme blanc” pour­tant magni­fié par Kipling. La suite logique, c’est l’abandon de soi, le renon­ce­ment, le déshon­neur et fina­le­ment la mort. Après avoir bais­sé les yeux, on baisse les bras. Avant d’accepter le Grand Rem­pla­ce­ment, on accepte le Grand Effa­ce­ment – on renonce à être soi-même. On com­mence par mettre genou à terre et l’on finit par tendre son cou au cou­teau des égor­geurs, dont l’ardeur au mas­sacre s’en trouve évi­dem­ment décuplée. »

Gré­goire Gambier 
Pour un réveil euro­péen. Nature – Excel­lence – Beau­té (conclu­sion), Oli­vier Eichen­laub dir., La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Iliade, 2020

L’idée-principe de la modernité…

« L’idée-principe de la moder­ni­té (du 17e siècle à la moi­tié du 20e) repo­sait sur la sépa­ra­tion entre la culture et la nature. L’homme était consi­dé­ré comme maître et pos­ses­seur de la nature” (Des­cartes). Cette domi­na­tion for­ce­née a abou­ti à la dévas­ta­tion du monde. Les sac­cages éco­lo­giques, dont l’actualité n’est pas avare le prouvent abon­dam­ment. Cette concep­tion : le sujet pen­sant domi­nant un objet inerte, a conduit, déchaî­ne­ment tech­no­lo­gique aidant, à une véri­table déca­dence spirituelle ! »

Michel Maf­fe­so­li
« L’émergence d’une sen­si­bi­li­té éco­so­phique », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

La démocratie dégénérant en oligarchie…

« La démo­cra­tie dégé­né­rant en oli­gar­chie, l’idéologie domi­nante éri­gée en pen­sée magique, nous nous trou­vons là en pré­sence de deux graves dérives qui sont direc­te­ment res­pon­sables de la para­ly­sie dont notre socié­té semble atteinte. Arri­vée au terme de son cycle his­to­rique, la gauche peut se tar­guer d’avoir fait dépé­rir le politique. »

Bru­no Mégret
L’Autre scé­na­rio pour la France et l’Europe, Édi­tions Cité liber­té, 2006

Les descendants des anciens preux, les dernières branches…

« Plus que ces douai­rières, les hommes ras­sem­blés autour d’un whist, se révé­laient ain­si que des êtres immuables et nuls ; là, les des­cen­dants des anciens preux, les der­nières branches des races féo­dales, appa­rurent à des Esseintes sous les traits de vieillards catar­rheux et maniaques, rabâ­chant d’insipides dis­cours, de cen­te­naires phrases. De même que dans la tige cou­pée d’une fou­gère, une fleur de lis sem­blait seule empreinte dans la pulpe ramol­lie de ces vieux crânes.
Une indi­cible pitié vint au jeune homme pour ces momies ense­ve­lies dans leurs hypo­gées pom­pa­dour à boi­se­ries et à rocailles, pour ces maus­sades len­dores qui vivaient, l’œil constam­ment fixé sur un vague Cha­naan, sur une ima­gi­naire Palestine. »

Joris Karl Huysmans
À Rebours, 1884, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

Les élites décadentes, coupées de leur vraie mission…

« Les élites déca­dentes, cou­pées de leur vraie mis­sion de ser­vir Dieu, la famille, la patrie, ont l’argent comme pré­oc­cu­pa­tion pre­mière. Les valeurs dont elles se gar­ga­risent sont sur­tout des valeurs finan­cières. L’esprit de Juda qui, dans l’Évangile, est payé pour avoir tra­hi le Christ n’est jamais loin. »

Ivan Blot
La tra­hi­son des élites, sixième opus du cycle de confé­rences sur « L’homme héroïque », 2 février 2016

Les signes s’accumulaient…

« Les signes s’ac­cu­mu­laient, sans que nous en per­ce­vions, tout au nord du pays, loin de la capi­tale et de ses clo­chers dorés, les exactes conséquences.
Nous com­pre­nions vague­ment com­ment, sans savoir réel­le­ment pour­quoi. Tout allait vite, avec des modi­fi­ca­tions tan­gibles dans notre vie de tous les jours, mais rien n’é­tait net. Tout chan­geait dans le flou, comme si une sorte de gui­mauve enva­his­sante, pois­seuse et tenace, trans­fu­sée dans les artères vivantes du pays, gelait le cœur et les âmes, et aus­si les rouages de l’E­tat, les acti­vi­tés de la nation, pétri­fiant jus­qu’au corps pro­fond de la popu­la­tion. Dans quel but ? »

Jean Ras­pail
Sep­ten­trion, édi­tions Robert Laf­font, 1979, réed. 2007

La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt…

« La crise consiste jus­te­ment dans le fait que l’ancien meurt et que le nou­veau ne peut pas naître : pen­dant cet inter­règne on observe les phé­no­mènes mor­bides les plus variés. »

Anto­nio Gramsci
Cahiers de pri­son (Qua­der­ni del car­cere), 1929 – 1935, trad. Monique Aymard et Fran­çoise Bouillot, édi­tions Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de phi­lo­so­phie, 1996

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