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Citations sur la décadence

La démocratie dégénérant en oligarchie…

« La démo­cra­tie dégé­né­rant en oli­gar­chie, l’idéologie domi­nante éri­gée en pen­sée magique, nous nous trou­vons là en pré­sence de deux graves dérives qui sont direc­te­ment res­pon­sables de la para­ly­sie dont notre socié­té semble atteinte. Arri­vée au terme de son cycle his­to­rique, la gauche peut se tar­guer d’avoir fait dépé­rir le poli­tique. »

Bru­no Mégret
L’Autre scé­na­rio pour la France et l’Europe, Édi­tions Cité liber­té, 2006

Les descendants des anciens preux, les dernières branches…

« Plus que ces douai­rières, les hommes ras­sem­blés autour d’un whist, se révé­laient ain­si que des êtres immuables et nuls ; là, les des­cen­dants des anciens preux, les der­nières branches des races féo­dales, appa­rurent à des Esseintes sous les traits de vieillards catar­rheux et maniaques, rabâ­chant d’insipides dis­cours, de cen­te­naires phrases. De même que dans la tige cou­pée d’une fou­gère, une fleur de lis sem­blait seule empreinte dans la pulpe ramol­lie de ces vieux crânes.
Une indi­cible pitié vint au jeune homme pour ces momies ense­ve­lies dans leurs hypo­gées pom­pa­dour à boi­se­ries et à rocailles, pour ces maus­sades len­dores qui vivaient, l’œil constam­ment fixé sur un vague Cha­naan, sur une ima­gi­naire Pales­tine. »

Joris Karl Huys­mans
À Rebours, 1884, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

Les élites décadentes, coupées de leur vraie mission…

« Les élites déca­dentes, cou­pées de leur vraie mis­sion de ser­vir Dieu, la famille, la patrie, ont l’argent comme pré­oc­cu­pa­tion pre­mière. Les valeurs dont elles se gar­ga­risent sont sur­tout des valeurs finan­cières. L’esprit de Juda qui, dans l’Évangile, est payé pour avoir tra­hi le Christ n’est jamais loin. »

Ivan Blot
La tra­hi­son des élites, sixième opus du cycle de confé­rences sur « L’homme héroïque », 2 février 2016

Les signes s’accumulaient…

« Les signes s’ac­cu­mu­laient, sans que nous en per­ce­vions, tout au nord du pays, loin de la capi­tale et de ses clo­chers dorés, les exactes consé­quences.
Nous com­pre­nions vague­ment com­ment, sans savoir réel­le­ment pour­quoi. Tout allait vite, avec des modi­fi­ca­tions tan­gibles dans notre vie de tous les jours, mais rien n’é­tait net. Tout chan­geait dans le flou, comme si une sorte de gui­mauve enva­his­sante, pois­seuse et tenace, trans­fu­sée dans les artères vivantes du pays, gelait le cœur et les âmes, et aus­si les rouages de l’E­tat, les acti­vi­tés de la nation, pétri­fiant jus­qu’au corps pro­fond de la popu­la­tion. Dans quel but ? »

Jean Ras­pail
Sep­ten­trion, édi­tions Robert Laf­font, 1979, réed. 2007

La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt…

« La crise consiste jus­te­ment dans le fait que l’ancien meurt et que le nou­veau ne peut pas naître : pen­dant cet inter­règne on observe les phé­no­mènes mor­bides les plus variés. »

Anto­nio Gram­sci
Cahiers de pri­son (Qua­der­ni del car­cere), 1929 – 1935, trad. Monique Aymard et Fran­çoise Bouillot, édi­tions Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de phi­lo­so­phie, 1996

Il imite la voix de la conscience et des pénitents l’accompagnent…

« (…) nous avons sui­vi le joueur de flûte et il nous mène à tra­vers les décors qu’il a construits sur notre che­min. Il imite la voix de la conscience et des péni­tents l’ac­com­pagnent, se fla­gellent et gémissent sons leur cagoule. Et le chant de la conscience uni­ver­selle, les vêpres de la conscience uni­ver­selle, s’é­lèvent comme la nuée du taber­nacle en tête de la pro­ces­sion : leur faux-bour­don emplit le ciel, les haut-par­leurs dans les nues le réper­cutent comme un requiem déses­pé­ré, il s’é­lève entre les façades comme le chant immense de tous les hommes. Et les psaumes de ce mise­rere ne nous disent qu’une chose, qui est de tuer en nous la voix qui ne veut pas se taire, de tuer en nous la colère intrai­table, de tuer en nous la bête indo­cile qui refuse le joug et le trou­peau : et elle invite à res­pec­ter les maîtres”. »

Mau­rice Bar­dèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

Le courage civique a déserté non seulement le monde…

« Le cou­rage civique a déser­té non seule­ment le monde occi­den­tal dans son ensemble, mais même cha­cun des pays qui le com­posent, cha­cun de ses gou­ver­ne­ments, cha­cun de ses par­tis, ain­si que, bien enten­du, l’Organisation des Nations unies. Ce déclin du cou­rage est par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible dans la couche diri­geante et dans la couche intel­lec­tuelle domi­nante, d’où l’impression que le cou­rage a déser­té la socié­té tout entière. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

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