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Citations sur la paysannerie

Le paysan a un triple rôle…

« Le pay­san a un triple rôle : un rôle éco­no­mique, nour­rir la socié­té, c’est un rôle de sou­ve­rai­ne­té poli­tique. Il a aus­si un rôle eth­nique, l’agriculture a un pou­voir assi­mi­la­teur extra­or­di­naire. Le pay­san a un rôle éco­lo­gique, c’est grâce à lui que la nature est habitable. »

Ray­mond Delatouche
Le pay­san révol­té : entre­tiens avec Ray­mond Dela­touche, édi­tions Mame, coll. Tra­jec­toires, 1993

Ce qui fut longtemps sagesse populaire…

« Ce qui fut long­temps sagesse popu­laire, morale ances­trale, bon sens pay­san et qui pou­vait alors suf­fire pour consti­tuer un esprit sain, a dis­pa­ru sous les effets conju­gués de l’information de masse, d’abord avec la télé­vi­sion, ensuite avec la pro­li­fé­ra­tion numé­rique. Jamais l’illettrisme n’a été autant haut-de-gamme, concer­nant par­fois plus les diplô­més que ceux qui ne le sont pas, tant le bour­rage de crâne idéo­lo­gique fait sa loi depuis plus d’un demi-siècle. »

Michel Onfray
« Dire la véri­té, toute la véri­té, rien que la véri­té », Élé­ments n°157, octobre 2015

Ce paysan est réaliste parce que sa connaissance…

« La néces­si­té d’un échange vital entre le sujet et l’ob­jet domine notre idée du réa­lisme… Ce pay­san est réa­liste parce que sa connais­sance, son amour et son tra­vail de la terre pro­cèdent d’un contact intime entre la terre et lui ; cet homme poli­tique est réa­liste parce que les lois qui régissent le fait social se reflètent fidè­le­ment dans son esprit ; et les saints sont les plus grands réa­listes parce qu’ils sont unis à la réa­li­té suprême. Inver­se­ment, nos pen­sées, nos affec­tions et nos actes sont enta­chés d’ir­réa­lisme lors­qu’ils ne sont pas nour­ris par un contact suf­fi­sant avec leur objet. Ce cita­din qui s’en­ivre d’un « retour à la terre » comme d’une idylle ou d’une fée­rie, ce poli­ti­cien qui croit qu’un chan­ge­ment d’ins­ti­tu­tions suf­fi­ra à rame­ner sur terre l’âge d’or, ce faux mys­tique au rayon​nement mal­sain sont irréa­listes parce qu’ils n’ont pas de liens vitaux avec la nature, avec l’homme, ou avec Dieu, et qu’ils sub­sti­tuent leurs rêves à la véri­té objective. »

Gus­tave Thibon
L’ir­réa­lisme moderne, in Les hommes de l’é­ter­nel : Confé­rences au grand public (1940−1985), édi­tions Mame, Coll. Rai­sons d’Être, 2012

J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines…

« J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces pro­fondes et déli­cates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nour­ri­tures, aux locu­tions locales, aux into­na­tions des pay­sans, aux odeurs du sol, des vil­lages et de l’air lui-même. »

Guy de Maupassant
Le Hor­la, 1886, édi­tions Albin Michel, coll. Le Livre de Poche, 1967

Si on ne fauche jamais…

« Si on ne fauche jamais, si on ne pioche jamais, on est obli­gé, pour se bien por­ter, de faire des tas de contor­sions qu’on appelle culture phy­sique”… Mais ce sera tan­tôt le lot de toute l’humanité mécanisée ! »

Hen­ri Vincenot
L’œuvre de chair, édi­tions Denoël, 1984

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