Les Français courageux et fidèles…

« Les Fran­çais cou­ra­geux et fidèles à l’image de l’idée qu’ils ont de leur pays – celui du bap­tême de Clo­vis, celui de la jus­tice de Saint-Louis, celui des quinze siècles de gloire et d’honneur – […] doivent retrou­ver l’esprit de Bou­vines. Si l’oriflamme de saint Denis n’est plus éle­vée pour pré­cé­der les com­bat­tants, son esprit doit être là. Vivant. »

Louis Alphonse de Bour­bon
« Les Fran­çais doivent retrou­ver l’esprit de Bou­vines », Valeurs Actuelles, 12 avril 2020

Une image s’impose…

« Une image s’im­pose que j’ai eue ailleurs l’oc­ca­sion d’é­vo­quer. N’est-il pas sur­pre­nant en effet, de pen­ser qu’aux temps féo­daux la Reine est cou­ron­née comme le Roi, géné­ra­le­ment à Reims, par­fois dans d’autres cathé­drales du domaine royal (à Sens pour Mar­gue­rite de Pro­vence), mais tou­jours par les mains de l’Archevêque de Reims ? Autre­ment dit, on attri­bue au cou­ron­ne­ment de la reine autant de valeur qu’à celui du Roi. »

Régine Per­noud
Pour en finir avec le Moyen Âge, édi­tions du Seuil, 1977

Les vestiges de l’époque médiévale…

« Il se trouve qu’en France notam­ment, en dépit de van­da­lismes plus graves, plus métho­diques que par­tout ailleurs, les ves­tiges de l’é­poque médié­vale res­tent plus nom­breux que ceux de toutes les autres époques réunies. Impos­sible de cir­cu­ler chez nous sans voir poin­ter un clo­cher, qui suf­fit à évo­quer le XIIe ou le XIIIe siècle. Impos­sible de gra­vir un som­met sans trou­ver une petite cha­pelle dont on se demande sou­vent par quel miracle elle a pu pous­ser dans un coin aus­si sau­vage, aus­si éloi­gné. »

Régine Per­noud
Pour en finir avec le Moyen Âge, édi­tions du Seuil, 1977

Le chevalier faisait le serment…

« À par­tir du XIe et pen­dant tout le XIIe siècle, la che­va­le­rie va se déve­lop­per. Le che­va­lier fai­sait le ser­ment de se ser­vir de son épée uni­que­ment pour défendre le faible. C’est une exi­gence de dépas­se­ment extra­or­di­naire. La femme y a joué un rôle non négli­geable, puisque c’est elle qui remet­tait son épée au che­va­lier. »

Régine Per­noud
His­toire et lumière, édi­tions du Cerf, 1998

Le chant grégorien, les églises romanes…

« Le chant gré­go­rien, les églises romanes, l’Iliade, l’invention de la géo­mé­trie, n’ont pas été, chez les êtres à tra­vers les­quels ces choses sont pas­sées pour venir jusqu’à nous, des occa­sions d’épanouissement.
La science, l’art, la lit­té­ra­ture, la phi­lo­so­phie qui sont seule­ment des formes d’épanouissement de la per­sonne, consti­tuent un domaine où s’accomplissent des réus­sites écla­tantes, glo­rieuses, qui font vivre des noms pen­dant des mil­liers d’années. Mais au-des­sus de ce domaine, loin au-des­sus, sépa­ré de lui par un abîme, en est un autre où sont situées les choses de tout pre­mier ordre. Celles-là sont essen­tiel­le­ment ano­nymes. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

Si l’idéal chevaleresque et la conscience de la chrétienté…

« Si l’i­déal che­va­le­resque et la conscience de la chré­tien­té sont sor­tis des croi­sades, la patrie fran­çaise est sor­tie de la guerre de Cent ans. Cette conscience avait déjà tres­sailli dans la chan­son de Roland, où le nom de « douce France » vibre avec une émo­tion par­ti­cu­lière quand les preux, reve­nant d’Es­pagne, aper­çoivent du haut des Pyré­nées les rives de l’A­dour. »

Édouard Schu­ré
Les grandes légendes de France, 1892, édi­tions Col­lec­tion XIX, 2016

Là où les échanges monétaires ont une nature impersonnelle…

« Là où les échanges moné­taires ont une nature imper­son­nelle et abs­traite (un écu reste le même, qu’il soit ver­sé comme salaire à une per­sonne A ou B), les échanges non-moné­taires carac­té­ris­tiques du féo­da­lisme sont per­son­nels et concrets : ils lient entre eux des hommes par­ti­cu­liers et des lignées spé­ci­fiques. »

Guillaume Tra­vers
Éco­no­mie médié­vale et socié­té féo­dale. Un temps de renou­veau pour l’Eu­rope, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

L’économie médiévale est un contre-modèle au capitalisme libéral…

« L’économie médié­vale est un contre-modèle au capi­ta­lisme libé­ral. Elle fonde ses ins­ti­tu­tions sur la terre plus que sur la richesse mobi­lière, les rap­ports entre les hommes sur des liens per­son­nels (vas­sa­li­té, ser­ments, etc.), non sur les méca­nismes imper­son­nels du mar­ché (concur­rence et libre-échange). Elle est for­te­ment ter­ri­to­ria­li­sée, loca­li­sée, et le com­merce loin­tain y est l’exception plu­tôt que la règle. Elle pense la divi­sion du tra­vail non comme l’aboutissement ex post d’un pro­ces­sus d’échanges libres, mais ex ante, de manière fonc­tion­nelle. Enfin, l’économie médié­vale pense les prix non comme résul­tant du libre jeu des inté­rêts indi­vi­duels (offre et demande), mais comme reflé­tant une forme de jus­tice dans les rela­tions inter­per­son­nelles (“juste prix”). »

Guillaume Tra­vers
Éco­no­mie médié­vale et socié­té féo­dale. Un temps de renou­veau pour l’Eu­rope, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Imaginons dans quel état de panique effroyable…

« Et d’ailleurs, ima­gi­nons dans quel état de panique effroyable serait plon­gé l’homme moderne, si prompt à s’é­mou­voir au moindre faux pas de la science ou quand sur­git la moindre épi­dé­mie – une vague grippe qui arrive des pro­fon­deurs de l’A­sie et qui, en défi­ni­tive, ne tue que des gens bien près de mou­rir de tout façon, parce qu’ils sont assez ou assez faibles pour cela -, eh bien, s’il sur­gis­sait une épi­dé­mie comme par exemple la peste noire du Moyen Âge, qui a fait 35 mil­lions de vic­times, à peu près le tiers de la popu­la­tion, je crois que nos contem­po­rains n’y résis­te­raient pas… Ceux que la peste aurait épar­gnés mour­raient quand même – de ter­reur ! »

Gus­tave Thi­bon
L’homme devant la nature, 1973, in Les hommes de l’é­ter­nel : Confé­rences au grand public (1940−1985), édi­tions Mame, Coll. Rai­sons d’Être, 2012

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