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Citations sur le passé

La volonté de restaurer le passé…

« La volon­té de res­tau­rer le pas­sé, quand bien même elle peut être tou­chante, est fon­da­men­ta­le­ment impo­li­tique : cela n’arrivera pas, et s’accrocher à ce rêve est vain. En revanche, les valeurs héri­tées du pas­sé, les struc­tures men­tales, les manières de pen­ser l’homme et la socié­té qui ont été propres au monde féo­dal peuvent nous inspirer. »

Guillaume Tra­vers
Entre­tien au site La Droite de demain, 15 février 2021

L’histoire est un drame…

« L’his­toire est un drame, chaque géné­ra­tion a son drame. Il y a des drames qui se ter­minent bien, d’autres qui se ter­minent très mal. Nous en savons quelque chose en ce siècle. Ce que nous pou­vons faire, c’est d’o­rien­ter les nations euro­péennes selon la réa­li­té et selon leur voca­tion. Si nous sommes sub­mer­gés par l’a­mé­ri­ca­ni­sa­tion, c’est que nous n’au­rons pas été assez intel­li­gents ni sub­tils pour assu­rer la suture entre pas­sé et avenir. »

Marc Fuma­ro­li
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’é­pée, entre­tien. Pro­pos recueillis par Patrick Jan­sen, Enquête sur l’his­toire n°24, décembre 1997 – jan­vier 1998

Il y a non seulement la nature en dehors de l’homme…

« Comme le montre très bien Camus, il y a non seule­ment la nature en dehors de l’homme, dont l’écologie poli­tique s’est empa­rée, mais aus­si la nature en l’homme, qui n’est d’ailleurs ni bonne, ni mau­vaise. Sans ce contre­poids qu’est l’amour du monde et des hommes tels qu’ils sont, sans cette accep­ta­tion du tra­gique de l’existence humaine, la révolte s’adosse à un pro­jet de sub­ver­sion, de décons­truc­tion, ou bien de des­truc­tion, comme les tota­li­ta­rismes qui ont cher­ché à saper tous les fon­de­ments anthro­po­lo­giques des socié­tés humaines pour fabri­quer de toutes pièces un homme nou­veau, libé­ré des entraves du pas­sé. »

Jacques Dewitte
« L’esprit conser­va­teur est le sou­ci de ce qui tient ensemble le monde de manière invi­sible », Limite, 12 mai 2016

Quelle faim morale lui crispait l’âme…

« Quelle était donc cette faim qui tenaillait le vieillard ? Quelle faim morale lui cris­pait l’âme sans qu’il pût la tra­duire autre­ment qu’en termes de gibier dis­pa­ru et de jeunes gens déser­teurs ? Je crois que je la connais­sais. Je l’a­vais déjà ren­con­trée. Sans doute la faim de ce qui fut, de ce qui ne sera plus, la silen­cieuse et invi­sible famine qui conduit les peuples per­dus à la mort plus sûre­ment encore que la vraie faim du corps. »

Jean Ras­pail
Pêcheur de lunes. Qui se sou­vient des hommes…, édi­tions Robert Laf­font, 1990

Celui-là demeure un seigneur…

« Qu’on m’en­tende bien : ils ne sont pas morts. Sans doute même bien plus nom­breux qu’a­vant, trans­plan­tés dans une ville ou une autre, confon­dus, bras­sés, mêlés à la grande foule ano­nyme, igno­rante du pas­sé et de l’a­ve­nir, petits hommes sem­blables qui ont rejoint la ronde. Avec, peut-être, par­mi eux, un pro­lé­taire basa­né qui tri­pote, pen­sif, dans son bidon­ville, une hache de pierre polie, sou­ve­nir de son vil­lage, et qui sait encore qui il est : celui-là demeure un seigneur… »

Jean Ras­pail
Pêcheur de lunes. Qui se sou­vient des hommes…, édi­tions Robert Laf­font, 1990

Notre entreprise inspirait de l’intérêt…

« Notre entre­prise ins­pi­rait de l’in­té­rêt, et aus­si de la curio­si­té à l’é­gard du petit pavillon tri­co­lore qui flot­tait à l’ar­rière de nos canots. Dans nombre de ces bour­gades du bord de l’eau, en cet immé­diat après-guerre, on n’a­vait jamais vu de Fran­çais de France”, ni lorsque nous fûmes aux États-Unis, enten­du par­ler leur langue. Nous repré­sen­tions une sorte de pré­his­toire, ce qui fut et qui n’est plus : l’A­mé­rique fran­çaise. Nous étions quelque chose comme des explo­ra­teurs post­humes, des décou­vreurs d’un monde dis­pa­ru venus l’es­pace d’un court moment réveiller de très anciens sou­ve­nirs et aus­si­tôt les empor­tant avec eux dans le sillage de leurs canots. »

Jean Ras­pail
En canot sur les che­mins d’eau du roi. Une aven­ture en Amé­rique, édi­tions Albin Michel, 2005

Je fis un geste de la main, en adieu…

« Je fis un geste de la main, en adieu. La femme qui me regar­dait bais­sa aus­si­tôt la tête. Me vint alors la convic­tion que dix mille années nous sépa­raient, à laquelle s’en ajou­ta une autre : cette convic­tion était par­ta­gée. Ces mal­heu­reux aus­si le savaient, écra­sés par cet éloi­gne­ment sidé­ral. La dis­tance entre la barque et le navire aug­men­tait rapi­de­ment, jus­qu’à ce qu’elle ne fût à nou­veau qu’un point sem­blable à celui que nous avions vu s’a­van­cer à peine dix minutes aupa­ra­vant, et qui dis­pa­rut bien­tôt. Sur l’autre rive d’un fos­sé de cent siècles, les Ala­ka­lufs nomades s’en­fuyaient encore plus loin dans le pas­sé. »

Jean Ras­pail
Adiós, Tier­ra del Fue­go, édi­tions Albin Michel, 2001

Un mot encore, Monseigneur…

« Un mot encore, Monseigneur.
On pour­rait croire, à me lire, que vous repré­sen­tiez le pas­sé. N’est-ce pas l’a­ve­nir, au contraire, que vous annon­cez ? Face au nou­vel ordre” mon­dial qui s’a­vance, le devoir d’insurrection… »

Jean Ras­pail
Le Roi au-delà de la mer, édi­tions Albin Michel, 2000

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