Un mouvement de tout l’être…

« Il y a chez les hommes une sorte de pen­sée qui engage l’être tout entier. A cer­tains moments, nous sen­tons bien que ce n’est plus le cer­veau seul qui décide, mais quelque chose en nous de plus pro­fond. C’est un mou­ve­ment de tout l’être qui nous dicte le refus ou qui accepte. Cette pen­sée ins­tinc­tive som­meille chez l’homme. Elle est végé­ta­tive, elle est lente, elle se mani­feste par le malaise et l’inquiétude et il faut du temps pour qu’elle devienne claire : tan­dis que la pen­sée gré­gaire qui s’exprime dans les jour­naux et dans les dis­cours des aca­dé­mi­ciens mène une danse allègre et fait entendre par­tout ses flûtes et ses grelots. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

La volonté de restaurer le passé…

« La volon­té de res­tau­rer le pas­sé, quand bien même elle peut être tou­chante, est fon­da­men­ta­le­ment impo­li­tique : cela n’arrivera pas, et s’accrocher à ce rêve est vain. En revanche, les valeurs héri­tées du pas­sé, les struc­tures men­tales, les manières de pen­ser l’homme et la socié­té qui ont été propres au monde féo­dal peuvent nous inspirer. »

Guillaume Tra­vers
Entre­tien au site La Droite de demain, 15 février 2021

Notre objet, c’est la grandeur…

« Notre objet, c’est la gran­deur. On atteint la gran­deur par l’ac­tion. Mais la pen­sée pré­cède l’ac­tion. Avant l’i­vresse de l’ac­tion, les froids cal­culs de l’in­tel­li­gence, sur l’ordre de la volon­té et de l’i­ma­gi­na­tion. Nous cher­chons les moyens de la grandeur. »

Georges Valois
La révo­lu­tion natio­nale, édi­tions de La Nou­velle Librai­rie, 2019

Le français, langue moderne de la clandestinité de l’esprit ?

« C’est dans cette mino­ri­té clan­des­tine mon­diale, et non plus dans la mino­ri­té visible, splen­di­de­ment meu­blée, mais cir­cons­crite à quelques capi­tales, du ban­quet des Lumières, que réside aujourd’­hui, à l’in­su des sta­tis­ti­ciens, des lin­guistes et des pro­gram­ma­teurs de nov­langues”, à l’in­su de la plu­part des Fran­çais, la vie et l’a­ve­nir de leur idiome irrem­pla­çable au titre de langue lit­té­raire et de langue de la bonne com­pa­gnie”. Le fran­çais, langue moderne de la clan­des­ti­ni­té de l’es­prit ? »

Marc Fuma­ro­li
Quand l’Eu­rope par­lait fran­çais, Édi­tions de Fal­lois, 2001

Le mot culture fait partie de ce vocabulaire étrange…

« Dans l’ac­cep­tion actuelle, élé­phan­tia­sique, que lui donne le décret du 10 mai 1982, le mot culture” fait par­tie de ce voca­bu­laire étrange, inquié­tant, enva­his­sant, qui a intro­duit une sorte de fonc­tion dévo­rante dans notre langue, et dont la bou­li­mie séman­tique est inépui­sable. À un degré de vora­ci­té un peu moindre, le mot intel­lec­tuel” appar­tient à cette même famille de mutants lan­ga­giers. Dès que l’on a adop­té ce vocable, on est sans défense contre les équi­voques et les amal­games les plus confon­dants de la pen­sée. »

Marc Fuma­ro­li
L’É­tat cultu­rel. Essai sur une reli­gion moderne, Édi­tions de Fal­lois, 1992

La conscience de cette allégresse toute-puissante…

« Je suis dans cet état étrange qui fut le mien, pour la pre­mière fois, à Som­maisne. Mes jambes se meuvent toutes seules, je me laisse mar­cher, sans réflexion, seule­ment avec la conscience de cette allé­gresse toute-puis­sante qui me ravit à moi-même et fait que je me regarde agir. »

Mau­rice Genevoix
Ceux de 14, 1949, édi­tions Flam­ma­rion, 2013

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