Conscience, fille de Dieu…

« Conscience, ins­tinct non pas divin mais géné­ro­si­té du cœur, fille de la rage, paroles et fumées qui s’élèvent du sang, fier­té qui sort des naseaux furieux, tu es la source de toute pure­té et de toute intran­si­geance, de toi pro­cèdent tout cou­rage et toute révolte. Tu es la petite Anti­gone qui se lève devant le prince injuste. Tu es la main qui panse les bles­sures, tu es la sœur bien-aimée qui se penche sur le front des morts sacri­fiés. Tu es la conso­la­trice et la cer­ti­tude. Tu es la source fraîche à laquelle vont boire les vain­cus. Tu es la dou­ceur et le refuge et tu es aus­si la déesse qui ne plie pas sous le fouet des hommes. Tu marches devant la mort et sur les genoux, sur tes genoux d’enfant pure, nous cachons notre tête bles­sée à l’heure où s’approche la Mois­son­neuse sans regard. Conscience, fille de Dieu, nous dérou­le­rons éter­nel­le­ment devant tes pas le tapis qui mène jusqu’à nos âmes. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Ça n’est jamais fini, et quand bien même ça le serait, tout recommencera…

« J’ai péché, j’ai cro­qué le fruit défen­du, j’ai abju­ré mon Dieu, j’ai per­du cette vie, mais il y en a une autre. Tout n’est pas per­du. Notre sacri­fice n’aura pas été vain. Reste la lampe sous le bois­seau, demeurent nos enfants, qui nous rachè­te­ront, qui nous ven­ge­ront. Ça n’est jamais fini, et quand bien même ça le serait, tout recom­men­ce­ra. »

Fran­çois Bousquet
Cou­rage ! Manuel de gué­rilla cultu­relle, édi­tions de La Nou­velle Librai­rie, 2019

Pourquoi jouer sa peau…

« Pour­quoi jouer sa peau ? Parce que la vie s’offre à ceux qui la jouent. Parce que le monde appar­tient à ceux qui prennent le risque de le perdre. Parce qu’il n’y a rien sans rien. Parce que là où il n’y a rien à perdre, il n’y a rien à gagner. Les risques sont à la hau­teur des gains – ou des pertes. Mais en tout bien tout hon­neur, ils doivent être pris indi­vi­duel­le­ment, faute de quoi ils seront ven­ti­lés sur les autres. »

Fran­çois Bousquet
Cou­rage ! Manuel de gué­rilla cultu­relle, édi­tions de La Nou­velle Librai­rie, 2019

Comme Dante arpentant avec Virgile…

« Comme Dante arpen­tant avec Vir­gile et Béa­trice les royaumes supra­ter­restres, il appar­tient aux âmes juvé­niles, aux géné­ra­tions en deve­nir, de voya­ger en des contrées qui leur sont encore incon­nues, pétries de contes et de légendes, qui trans­mettent une sagesse reve­nant à l’essence même de la vie, hors des dif­fi­cul­tés et des com­pli­ca­tions engen­drées par la socié­té moderne. »

Armand Ber­ger
Tol­kien, l’Europe et la tra­di­tion. La civi­li­sa­tion à l’aune de l’imaginaire, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2022

Les hommes ont besoin de donner du sens à leur vie…

« À la dif­fé­rence des autres mam­mi­fères, les hommes ont besoin de don­ner du sens à leur vie. Ils en ont besoin plus encore que de pain ou de riz. Ils n’existent que par les « repré­sen­ta­tions » qu’ils se font d’eux-mêmes, de l’existence et de ses fina­li­tés. Ces repré­sen­ta­tions changent selon les cultures, les croyances et les époques, seule leur néces­si­té est universelle. »

Domi­nique Venner
Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Le fric qui efface paysages et pays est un phénomène bactérien…

« Le fric qui efface pay­sages et pays est un phé­no­mène bac­té­rien, cor­rup­teur et des­truc­teur. Aux biens natu­rels, au plai­sir de l’œuvre per­son­nelle, il sub­sti­tue ses fan­tasmes qui se suc­cèdent sur l’écran de télé qu’on offre au peuple en guise de vie. Les vraies richesses qui sont le fruit de la terre ou le don de l’homme, le fric si prompt à nous en pri­ver, est impuis­sant à nous les don­ner. Vrai­ment, où va le fric ? Ques­tion stu­pide : au fric. »

Ber­nard Charbonneau
Il court, il court le fric…, édi­tions Opales, 1996

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