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Citations sur l’aventure

Je ne regretterai rien et surtout pas cette époque de merde…

« On est tous cer­tains de caner, non ? Et puis j’ai été gâté. Venant d’où je viens, l’en­fance, le divorce de mes parents, les pen­sions, l’ar­mée, tout ce que j’ai vécu ensuite a été for­mi­dable. Je par­ti­rai tran­quille, je ne regret­te­rai rien et sur­tout pas cette époque de merde. »

Alain Delon
Ce n’est pas à 83 piges que je vais pas­ser à gauche !, entre­tien au Jour­nal du Dimanche, Sté­phane Joly, 18 mai 2019

Si nous continuons à regarder sans rien faire…

« Si nous conti­nuons à regar­der sans rien faire, ciel et terre ne se rejoin­dront jamais. Pour que ciel et terre se rejoignent, il faut un acte pur, déci­sif. Afin d’accomplir une action aus­si réso­lue, il faut ris­quer sa vie, sans du tout son­ger pour soi-même à gagner ou à perdre. Il faut se trans­for­mer en dra­gon, déchaî­ner l’ouragan et, déchi­rant les nuées sombres amon­ce­lées, s’élever dans le ciel bleu azur. »

Yukio Mishi­ma
Che­vaux échap­pés, 1969, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard 1980, coll. Quar­to, 2004

Affronter une mort certaine…

« Qu’il nous soit don­né (…) d’affronter les périls afin de chas­ser toutes divi­ni­tés mau­vaises et tous esprits pervers.
Qu’il nous soit don­né, for­geant entre nous ami­tié pro­fonde, de nous entrai­der comme des cama­rades, en affron­tant les périls aux­quels est expo­sée la patrie.
Qu’il nous soit son­né, sans cher­cher le pou­voir, sans sou­ci de récom­pense per­son­nelle, d’affronter une mort cer­taine pour deve­nir les pre­mières pierres de la Restauration. »

Yukio Mishi­ma
Che­vaux échap­pés, 1969, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard 1980, coll. Quar­to, 2004

Car il n’est rien qui puisse me satisfaire…

« Car il n’est rien qui puisse me satisfaire ;
La nou­veau­té, sur terre, est si tôt défraîchie ;
Je me sens aspi­ré sans cesse vers le haut, plus détaché,
Proche de plus en plus de la splen­deur solaire. »

Yukio Mishi­ma
Poème Icare in Le soleil et l’acier, 1968, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1973, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1993

Ils avançaient sans parler, tendus par l’effort…

« Ils avan­çaient sans par­ler, ten­dus par l’ef­fort, avares de leur souffle. Le silence presque solide qui les entou­rait les écra­sait comme l’eau écrase le plon­geur dans l’o­céan. Le sen­ti­ment de l’in­fi­ni, la conscience d’af­fron­ter une force supé­rieure pesaient sur eux de tout leur poids. Telle une grappe pié­ti­née qui exprime son suc, leur esprit se déta­chait peu à peu des fausses valeurs, des idoles de plâtre, des suf­fi­sances mes­quines, et ils se per­ce­vaient tels qu’ils étaient réel­le­ment, avec leurs étroites limites, leur insi­gni­fiance, leur sagesse d’in­sectes, lut­tant de toutes leurs faibles forces pour ne pas être empor­tés comme des fétus de paille par la puis­sance aveugle des élé­ments. »

Jack Lon­don
Croc-Blanc (White Fang), 1906, trad. Phi­lippe Saba­thé, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Folio Junior, 1997

Le chevalier faisait le serment…

« À par­tir du XIe et pen­dant tout le XIIe siècle, la che­va­le­rie va se déve­lop­per. Le che­va­lier fai­sait le ser­ment de se ser­vir de son épée uni­que­ment pour défendre le faible. C’est une exi­gence de dépas­se­ment extra­or­di­naire. La femme y a joué un rôle non négli­geable, puisque c’est elle qui remet­tait son épée au chevalier. »

Régine Per­noud
His­toire et lumière, édi­tions du Cerf, 1998

Notre entreprise inspirait de l’intérêt…

« Notre entre­prise ins­pi­rait de l’in­té­rêt, et aus­si de la curio­si­té à l’é­gard du petit pavillon tri­co­lore qui flot­tait à l’ar­rière de nos canots. Dans nombre de ces bour­gades du bord de l’eau, en cet immé­diat après-guerre, on n’a­vait jamais vu de Fran­çais de France”, ni lorsque nous fûmes aux États-Unis, enten­du par­ler leur langue. Nous repré­sen­tions une sorte de pré­his­toire, ce qui fut et qui n’est plus : l’A­mé­rique fran­çaise. Nous étions quelque chose comme des explo­ra­teurs post­humes, des décou­vreurs d’un monde dis­pa­ru venus l’es­pace d’un court moment réveiller de très anciens sou­ve­nirs et aus­si­tôt les empor­tant avec eux dans le sillage de leurs canots. »

Jean Ras­pail
En canot sur les che­mins d’eau du roi. Une aven­ture en Amé­rique, édi­tions Albin Michel, 2005

On les appelait voyageurs…

« On les appe­lait voya­geurs, ou enga­gés du grand por­tage. Par les fleuves, les lacs, les rivières qui for­maient une trame natu­relle dans l’im­men­si­té nord-amé­ri­caine, au XVIIe et XVIIIe siècles, convoyant à bord de leurs canots des explo­ra­teurs et des mis­sion­naires, des mar­chands ou des offi­ciers du roi, des sol­dats en tri­corne gris des com­pa­gnies franches de la Marine, des pel­le­te­ries, des armes, des outils, renou­ve­lant jour après jour, les mains cro­chées sur l’a­vi­ron, des exploits exté­nuants, ils don­nèrent à la France un empire qui aurait pu la conte­nir sept fois. À cha­cun de leurs voyages, ils en repous­saient encore les fron­tières, vers le nord-ouest, vers l’ouest, vers le sud. »

Jean Ras­pail
En canot sur les che­mins d’eau du roi. Une aven­ture en Amé­rique, édi­tions Albin Michel, 2005

Votre royaume est double Monseigneur…

« Votre royaume est double Mon­sei­gneur. Il y a le royaume visible, un peuple et un ter­ri­toire. Vous n’en êtes plus le roi, vous n’en êtes pas le roi, vous n’en serez sans doute plus jamais le roi. Et il y a le royaume invi­sible, celui qui n’a ni terres ni fron­tières, ce qui est un élan de l’âme. Celui-là est le fon­de­ment de l’autre et c’est pour le moment le seul qui vous reste. Ne le ris­quez pas dans la cohue et la confu­sion. Empor­tez-le avec vous en exil. »

Jean Ras­pail
Le Roi au-delà de la mer, édi­tions Albin Michel, 2000

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