Le livre
Mémoire vive. Entretiens avec François Bousquet

Mémoire vive. Entretiens avec François Bousquet

Auteur : Alain de Benoist, Fran­çois Bous­quet
Édi­teur : Édi­tions de Fal­lois (mai 2012)

Pré­sen­ta­tion de l’é­di­teur : Alain de Benoist, qu’on a long­temps pré­sen­té comme le chef de file de la « Nou­velle Droite », reste aujourd’­hui mal connu. Intel­lec­tuel aty­pique, qui a tou­jours vou­lu être fidèle à la pen­sée cri­tique, il appar­tient au petit nombre des pen­seurs fran­çais étu­diés à l’é­tran­ger. En France, il reste ostra­ci­sé dans cer­tains milieux, qui ne l’ont géné­ra­le­ment pas lu. Trop de mal­en­ten­dus sont venus brouiller la per­cep­tion de son oeuvre. Mémoire vive est l’oc­ca­sion de les dis­si­per. Dans ces entre­tiens menés à bâtons rom­pus, Alain de Benoist s’ex­plique pour la pre­mière fois sur son par­cours per­son­nel et sur son iti­né­raire intel­lec­tuel, cen­tré sur la phi­lo­so­phie poli­tique et l’his­toire des idées. Il dit pour­quoi il a choi­si de se tenir à l’é­cart de l’ac­tion poli­tique et com­ment il n’a jamais vou­lu se lais­ser prendre au piège des pos­tures par­ti­sanes dans les­quelles Orte­ga y Gas­set voyait une forme d’hé­mi­plé­gie morale. Paul Valé­ry met­tait en garde contre la « comé­die de la sin­cé­ri­té » à l’oeuvre dans toute entre­prise auto­bio­gra­phique. Le risque pour tout pen­seur est de cam­per sur des posi­tions acquises. Rien de tel ici. Lec­teur infa­ti­gable et auteur pro­li­fique, Alain de Benoist se confie à coeur ouvert, offrant le por­trait d’un homme à l’af­fût de tout, très loin des cli­chés et des cari­ca­tures. À mi-che­min de l’au­to­bio­gra­phie et du bilan phi­lo­so­phique, cet intel­lec­tuel enga­gé fait défi­ler au fil des pages un demi-siècle d’his­toire. Des hommes et des idées, des livres et des ren­contres. Le tout esquis­sant la phy­sio­no­mie de l’é­poque et le visage de l’au­teur.

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Découvrez 7 citations extraites du livre

La radicalité implique de chercher toujours à comprendre plus loin...

« La radi­ca­li­té […] implique de cher­cher tou­jours à com­prendre plus loin, en remon­tant à la racine (radix) – à la chose même (zur Sache selbst, disait Hei­deg­ger en se réfé­rant à Hus­serl) – e à en tirer les consé­quences. Être radi­cal, ce n’est pas seule­ment refu­ser le com­pro­mis, c’est s’intéresser aux causes loin­taines plus qu’aux effets immé­diats, déduire d’une posi­tion quel­conque les conclu­sions logiques qui en dérivent (si l’on sou­tient telle posi­tion, alors on ne peut pas sou­te­nir telle autre, mais on doit en revanche admettre une troi­sième dans tel autre domaine), cher­cher à connaître la nature d’une thé­ma­tique en éta­blis­sant sa généa­lo­gie, c’est-à-dire en remon­tant à ses ori­gines. Don­ner aux choses une dimen­sion de pro­fon­deur qui est consti­tu­tive de la pen­sée. La recherche des prin­cipes pre­miers, la médi­ta­tion sur les choses ultimes font par­tie de la radi­ca­li­té. Ce qui exige d’être intel­lec­tuel­le­ment struc­tu­ré. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

La pensée se forme et s’informe à partir de rencontres, de lectures...

« Elle [la pen­sée] se forme et s’informe à par­tir de ren­contres, de lec­tures, de maîtres accep­tés et dépas­sés, de thé­ma­tiques explo­rées et reje­tées, comme de la dis­pu­ta­tio que ces diverses expé­riences engendrent. Dans la pai­deia clas­sique, tout théo­ri­cien” est lui-même d’abord un héri­tier, étape indis­pen­sable à son éman­ci­pa­tion future. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Appartenir à l’aristocratie, cela ne consiste pas à bénéficier...

« Appar­te­nir à l’aristocratie, cela ne consiste pas à béné­fi­cier de plus de pri­vi­lèges ou de droits sup­plé­men­taires, mais à s’imposer plus de charges, à se faire une idée plus haute de ses devoirs, à se sen­tir plus res­pon­sable que les autres. Se com­por­ter de manière noble, de quelque milieu social que l’on pro­vienne, c’est n’être jamais satis­fait de soi, ne jamais rai­son­ner en termes d’utilité. Beau­té de la gra­tui­té, beau­té de la dépense inutile”, beau­té du geste. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Nous sommes entrés dans un monde où tout ce qui...

« Nous sommes entrés dans un monde où tout ce qui était solide et durable est deve­nu tran­si­toire et insi­gni­fiant. Un monde de flux et de reflux, rele­vant d’une sorte de logique mari­time” et liquide. Les types humains qui pré­do­minent sont ceux du nar­cis­sique imma­ture, de l’arriviste for­ce­né, de l’imposteur satis­fait. Mélange d’intolérance sec­taire et d’hédo­nisme de bas niveau sur fond d’idées fausses et d’hygiénisme puri­tain. La constante pro­gres­sion de l’inculture me désole éga­le­ment. L’inculture n’est certes pas nou­velle. Sans doute était-elle-même plus répan­due dans le pas­sé qu’elle ne l’est aujourd’hui, mais au moins ce n’étaient pas les incultes qui don­naient le ton. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Le militantisme est une école...

« Le mili­tan­tisme est une école, et l’une des meilleures qui puissent être. C’est une école de dis­ci­pline et de tenue, d’exaltation et d’enthousiasme, une école de don de soi. C’est aus­si un creu­set d’ami­tié comme il y en a peu : avoir mili­té ensemble crée des liens qui per­durent dans le temps et, par­fois, triomphent de tout. […] Cela dit, c’est aus­si une école dont il faut savoir sor­tir […]. Le mili­tan­tisme a aus­si ses limites. Il a ses aspects néga­tifs. Le mili­tant n’est pas seule­ment quelqu’un qui se donne à fond, ce qui est une bonne chose. C’est aus­si un par­ti­san dans le mau­vais sens du terme. Il répète un caté­chisme, il se réfère à un nous” col­lec­tif qui le dis­pense de toute pen­sée per­son­nelle. Le bon mili­tant” est un true beli­vier, qui pré­fère les réponses aux ques­tions parce qu’il a besoin de cer­ti­tudes. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

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