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Citations sur le militantisme

S’afficher, c’est s’affirmer…

« S’afficher, c’est s’affirmer. Inver­se­ment, se cacher, c’est se renier – pire : se nier. Rede­ve­nons visibles, cher­chons la lumière, quit­tons les cata­combes, fuyons les arrière-salles. Nos vies ne sont pas mena­cées, la pro­tec­tion de leur inté­gri­té phy­sique ne néces­site pas une clan­des­ti­ni­té qui confor­te­rait le zèle pro­phy­lac­tique de notre adver­saire. Notre pas­si­vi­té revient à lui confé­rer un pou­voir illi­mi­té de police. »

Fran­çois Bous­quet
Cou­rage ! manuel de gué­rilla cultu­relle, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, 2019

Le droit de vote est considéré comme une évidence…

« Le droit de vote est consi­dé­ré comme une évi­dence, mais on ne lui accorde pas une grande valeur, on ne com­prend pas clai­re­ment l’en­jeu et le sérieux de ce droit. Cette igno­rance géné­rale des masses laisse aux mino­ri­tés actives une large marge de manœuvre. »

Robert Steu­ckers
« Des effets per­vers de la par­ti­to­cra­tie », Nou­velles de Syner­gies euro­péennes nº 41, juillet-août 1999

Ce sont toujours les minorités qui…

« Ce sont tou­jours les mino­ri­tés qui s’essuient les pieds sur les majo­ri­tés pas­sives et paci­fiques. Les foules sont pares­seuses ou peu­reuses. Elles fuient avec le même empres­se­ment que des gnous ou bien se laissent mener doci­le­ment comme les rats dans la fable du joueur de flûte de Hame­lin. On confond l’effet de foule et l’effet de meute. Les foules suivent le sens de la cir­cu­la­tion. Elles forment des bou­chons, alors que les meutes les font sau­ter. Les unes sont molles, mal­léables et per­méables, les autres actives et direc­tives. »

Fran­çois Bous­quet
Cou­rage ! manuel de gué­rilla cultu­relle, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, 2019

Le révolutionnaire est un homme perdu d’avance…

« Le révo­lu­tion­naire est un homme per­du d’avance. Il n’a pas d’intérêts par­ti­cu­liers, d’affaires pri­vées, de sen­ti­ments, d’attaches per­son­nelles, il n’a même pas de nom. Tout en lui est absor­bé par un seul inté­rêt à l’exclusion de tout autre, par une seule pen­sée, par une seule pas­sion – la révo­lu­tion. »

Ser­gueï Net­chaïev
Caté­chisme du révo­lu­tion­naire, mani­feste écrit entre 1868 et 1869

La radicalité implique de chercher toujours à comprendre plus loin…

« La radi­ca­li­té […] implique de cher­cher tou­jours à com­prendre plus loin, en remon­tant à la racine (radix) – à la chose même (zur Sache selbst, disait Hei­deg­ger en se réfé­rant à Hus­serl) – e à en tirer les consé­quences. Être radi­cal, ce n’est pas seule­ment refu­ser le com­pro­mis, c’est s’intéresser aux causes loin­taines plus qu’aux effets immé­diats, déduire d’une posi­tion quel­conque les conclu­sions logiques qui en dérivent (si l’on sou­tient telle posi­tion, alors on ne peut pas sou­te­nir telle autre, mais on doit en revanche admettre une troi­sième dans tel autre domaine), cher­cher à connaître la nature d’une thé­ma­tique en éta­blis­sant sa généa­lo­gie, c’est-à-dire en remon­tant à ses ori­gines. Don­ner aux choses une dimen­sion de pro­fon­deur qui est consti­tu­tive de la pen­sée. La recherche des prin­cipes pre­miers, la médi­ta­tion sur les choses ultimes font par­tie de la radi­ca­li­té. Ce qui exige d’être intel­lec­tuel­le­ment struc­tu­ré. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

Le militantisme est une école…

« Le mili­tan­tisme est une école, et l’une des meilleures qui puissent être. C’est une école de dis­ci­pline et de tenue, d’exaltation et d’enthousiasme, une école de don de soi. C’est aus­si un creu­set d’ami­tié comme il y en a peu : avoir mili­té ensemble crée des liens qui per­durent dans le temps et, par­fois, triomphent de tout. […] Cela dit, c’est aus­si une école dont il faut savoir sor­tir […]. Le mili­tan­tisme a aus­si ses limites. Il a ses aspects néga­tifs. Le mili­tant n’est pas seule­ment quelqu’un qui se donne à fond, ce qui est une bonne chose. C’est aus­si un par­ti­san dans le mau­vais sens du terme. Il répète un caté­chisme, il se réfère à un nous” col­lec­tif qui le dis­pense de toute pen­sée per­son­nelle. Le bon mili­tant” est un true beli­vier, qui pré­fère les réponses aux ques­tions parce qu’il a besoin de cer­ti­tudes. »

Alain de Benoist
Mémoire vive, entre­tiens avec Fran­çois Bous­quet, édi­tions de Fal­lois, 2012

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