Celui-là demeure un seigneur…

« Qu’on m’en­tende bien : ils ne sont pas morts. Sans doute même bien plus nom­breux qu’a­vant, trans­plan­tés dans une ville ou une autre, confon­dus, bras­sés, mêlés à la grande foule ano­nyme, igno­rante du pas­sé et de l’a­ve­nir, petits hommes sem­blables qui ont rejoint la ronde. Avec, peut-être, par­mi eux, un pro­lé­taire basa­né qui tri­pote, pen­sif, dans son bidon­ville, une hache de pierre polie, sou­ve­nir de son vil­lage, et qui sait encore qui il est : celui-là demeure un sei­gneur… »

Jean Ras­pail
Pêcheur de lunes. Qui se sou­vient des hommes…, édi­tions Robert Laf­font, 1990

Un mot encore, Monseigneur…

« Un mot encore, Mon­sei­gneur.
On pour­rait croire, à me lire, que vous repré­sen­tiez le pas­sé. N’est-ce pas l’a­ve­nir, au contraire, que vous annon­cez ? Face au nou­vel ordre” mon­dial qui s’a­vance, le devoir d’in­sur­rec­tion… »

Jean Ras­pail
Le Roi au-delà de la mer, édi­tions Albin Michel, 2000

Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon…

« Cette mos­quée en plein Paris ne me dit rien de bon (…) [S]“il y a un réveil de l’Is­lam, et je ne crois pas que l’on en puisse dou­ter, un tro­phée de la foi cora­nique sur cette col­line Sainte-Gene­viève où ensei­gnèrent tous les plus grands doc­teurs de la chré­tien­té antiis­la­mique repré­sente plus qu’une offense à notre pas­sé : une menace pour notre ave­nir. »

Charles Maur­ras
L’Ac­tion fran­çaise, 13 juillet 1926, à pro­pos de l’i­nau­gu­ra­tion de la grande mos­quée de Paris

L’avenir n’existe pas…

« L’a­ve­nir n’existe pas. Il n’existe abso­lu­ment pas. Cette repré­sen­ta­tion men­tale du temps comme une flèche est un piège intel­lec­tuel ; elle nie la consis­tance du pré­sent en le rédui­sant à n’être que le point de pas­sage vers un ave­nir déjà défi­ni. Or cette flèche est une fic­tion, et l’a­ve­nir n’est pas écrit. Seuls existent le pré­sent, et le pas­sé qui se condense en lui. Le non-encore être” est encore du non-être ; et même le pos­sible doit être créé. En réa­li­té, notre ave­nir ne sera rien d’autre que le résul­tat de nos choix. »

Fran­çois-Xavier Bel­la­my
Demeure. Pour échap­per à l’ère du mou­ve­ment per­pé­tuel, Édi­tions Gras­set, 2018

Éviter que nos enfants aient un jour les dents gâtées par les raisins verts de l’oubli…

« C’est la der­nière res­pon­sa­bi­li­té qui nous incombe : évi­ter que nos enfants aient un jour les dents gâtées par les rai­sins verts de l’oubli. Écrire et racon­ter, inlas­sa­ble­ment, non pour juger mais pour expli­quer. Ouvrir la porte à ceux qui cherchent une trace du pas­sé et qui refusent le silence, repi­quer chaque matin le riz de nos sou­ve­nirs. »

Hélie Denoix de Saint Marc
Les sen­ti­nelles du soir, édi­tions les arènes, 1999

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