La diabolisation…

« La dia­bo­li­sa­tion d’aujourd’hui est une tech­nique de mani­pu­la­tion des esprits. Elle vise à inter­dire la des­crip­tion des faits ou l’expression de cer­taines idées en dis­qua­li­fiant celui qui les rap­porte, en l’accusant de racisme”, d’“extrémisme”, de déra­page” ou de pro­vo­ca­tion”. La dia­bo­li­sa­tion est l’arme majeure du ter­ro­risme intel­lec­tuel. De la domi­na­tion cultu­relle par les pro­gres­sistes”. Et de l’abaissement de l’Europe et des Euro­péens par la culpa­bi­li­té et la repen­tance. »

Jean-Yves Le Gallou
Manuel de lutte contre la dia­bo­li­sa­tion, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Car­touches, 2020

Les structures sociales traditionnelles…

« Les struc­tures sociales tra­di­tion­nelles sont pré­ci­sé­ment le der­nier rem­part contre l’extension du domaine mar­chand. En restrei­gnant les ins­tincts et les dési­rs indi­vi­duels, elles empêchent cer­tains objets de deve­nir de pures mar­chan­dises. On ne peut donc logi­que­ment être anti­ca­pi­ta­liste et pro­gres­siste”. »

Guillaume Tra­vers
Capi­ta­lisme moderne et socié­té de mar­ché. L’Europe sous le règne du mar­ché, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Durant toute la modernité…

« Durant toute la moder­ni­té, dès le 16e siècle et ses grandes décou­vertes, le 17e et la phi­lo­so­phie ratio­na­liste, le 18e siècle et la phi­lo­so­phie des Lumières met­tant au centre du monde l’homme et dans les grands sys­tèmes sociaux du 19e siècle, ce qui a été au centre des idéo­lo­gies était le mythe du pro­grès. Aujourd’hui le pro­gres­sisme, dont tous les hommes poli­tiques se gar­ga­risent laisse la place, en cette post­mo­der­ni­té nais­sante, à un nou­veau mythe, celui de l’écosophie. »

Michel Maf­fe­so­li
« L’émergence d’une sen­si­bi­li­té éco­so­phique », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Entre un écologisme pour qui la nature…

« Entre un éco­lo­gisme pour qui la nature n’est que le pré­texte d’une idéo­lo­gie révo­lu­tion­naire anti­sys­tème et un tech­no­li­bé­ra­lisme qui vou­drait conti­nuer comme si de rien n’était la grande marche en avant des­truc­trice, y‑a-t-il une autre voie ? Nous le pen­sons, et celle-ci pour­rait prendre la forme d’un sou­ve­rai­nisme vert, réa­liste et décent, qui allie le sou­ci de l’enracinement avec celui de la pré­ser­va­tion de la beau­té du monde. »

Eugé­nie Bastié
« Pour un sou­ve­rai­nisme vert », Front Popu­laire n°1, été 2020

Le refus de reconnaître les particularités des races et des cultures…

« L’androgénie, le refus de recon­naître les par­ti­cu­la­ri­tés des races et des cultures sont les ruis­seaux d’un même fleuve, un mou­ve­ment mon­dial, hui­lé par les enseignes puis­santes, par­fai­te­ment sexistes et racistes, car leur seul objec­tif est de détruire les richesses spé­ci­fiques des sexes et des races. »

Lau­rence Maugest
L’égalitarisme : le géno­cide de l’humanité, Polé­mia, 9 juin 2015

Le progressisme, nous l’avons dit, n’est pas une option politique…

« En réa­li­té, le pro­gres­sisme, nous l’a­vons dit, n’est pas une option poli­tique, mais une neu­tra­li­sa­tion de la poli­tique. Il ne consiste pas à consi­dé­rer qu’un pro­grès est dési­rable — ce qui est une tau­to­lo­gie, mais à consi­dé­rer que tout mou­ve­ment est un pro­grès. De ce point de vue, la seule maxime qui reste à la poli­tique est l’in­jonc­tion de tout faire pour libé­rer le mou­ve­ment, pour défaire les immo­bi­lismes, pour décons­truire les bar­rières, pour lais­ser faire et lais­ser pas­ser”. La poli­tique est conduite par là à s’ef­fa­cer pour que plus rien ne puisse empê­cher la cir­cu­la­tion uni­ver­selle des per­sonnes et des choses, orches­trée par l’é­co­no­mie mar­chande. »

Fran­çois-Xavier Bellamy
Demeure. Pour échap­per à l’ère du mou­ve­ment per­pé­tuel, Édi­tions Gras­set, 2018

Qui ne sait le charme des landes ?

« Qui ne sait le charme des landes ?… Il n’y a peut-être que les pay­sages mari­times, la mer et ses grèves, qui aient un carac­tère aus­si expres­sif et qui vous émeuvent davan­tage. Elles sont comme les lam­beaux, lais­sés sur le sol, d’une poé­sie pri­mi­tive et sau­vage que la main et la herse de l’homme ont déchi­rée. Haillons sacrés qui dis­pa­raî­tront au pre­mier jour sous le souffle de l’industrialisme moderne ; car notre époque, gros­siè­re­ment maté­ria­liste et uti­li­taire, a pour pré­ten­tion de faire dis­pa­raître toute espèce de friche et de brous­sailles aus­si bien du globe que de l’âme humaine. »

Jules Bar­bey d’Aurevilly
L’En­sor­ce­lée, 1852, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

Asservie aux idées de rapport, la société, cette vieille…

« Asser­vie aux idées de rap­port, la socié­té, cette vieille ména­gère qui n’a plus de jeune que ses besoins et qui radote de ses lumières, ne com­prend pas plus les divines igno­rances de l’esprit, cette poé­sie de l’âme qu’elle veut échan­ger contre de mal­heu­reuses connais­sances tou­jours incom­plètes, qu’elle n’admet la poé­sie des yeux, cachée et visible sous l’apparente inuti­li­té des choses. Pour peu que cet effroyable mou­ve­ment de la pen­sée moderne conti­nue, nous n’aurons plus, dans quelques années, un pauvre bout de lande où l’imagination puisse poser son pied ; pour rêver, comme le héron sur une de ses pattes. Alors, sous ce règne de l’épais génie des aises phy­siques qu’on prend pour de la Civi­li­sa­tion et du Pro­grès, il n’y aura ni ruines, ni men­diants, ni terres vagues, ni super­sti­tions comme celles qui vont faire le sujet de cette his­toire, si la sagesse de notre temps veut bien nous per­mettre de la raconter. »

Jules Bar­bey d’Aurevilly
L’En­sor­ce­lée, 1852, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

Il y a toujours quelque chose de désespéré chez les réactionnaires…

« Il y a tou­jours quelque chose de déses­pé­ré chez les réac­tion­naires, ils s’engagent dans les plus folles aven­tures avec au cœur l’idée de rédemp­tion, et quand ils y vont c’est tou­jours un peu avec l’esprit de sacri­fice, ils ont le goût de l’action d’éclat et rêvent de faire de leur mort une apo­théose. Tan­dis que les pro­gres­sistes, eux, y croient réel­le­ment, naï­ve­ment même, ce sont eux les plus dan­ge­reux évi­dem­ment car ils ne savent pas s’arrêter à temps, ils entrainent les peuples avec eux en leur pro­met­tant un ave­nir mer­veilleux quand les réac­tion­naires, qui ne croient pas au peuple, ont une per­cep­tion plus esthé­tique des choses et se pré­oc­cupent d’abord du salut de leur âme. »

Oli­vier Bardolle
Petit trai­té des ver­tus réac­tion­naires, L’Éditeur, 2010

Sous l’influence des penseurs de la déconstruction…

« Sous l’influence des pen­seurs de la décons­truc­tion, eux-mêmes issus des déter­mi­nismes mar­xistes puis freu­diens, contre toute bonne logique, voire tout bon sens, la ten­dance lourde est actuel­le­ment à la néga­tion de la nature humaine ! Or, elle existe. »

Michel Onfray
Com­ment la phi­lo­so­phie peut nous aider à tra­ver­ser cette épreuve, entre­tien au Figa­ro, par Alexandre Devec­chio, 28 mars 2020

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