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Un projet de l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne
CITATIO
Couverture du livre Le pèlerin entre deux mondes

Citations tirées du livre Le pèlerin entre deux mondes

Walter Flex

Présentation de l'éditeur

Par une nuit de tempête sur le front de Lorraine en 1914, un étudiant, volontaire de guerre, griffonne les premiers vers de ce qui va devenir un des plus fameux chants d’Europe : « Les oies sauvages… » (devenu par les vicissitudes de l’histoire hymne du feu 1er REP). C’est également le début d’un des ouvrages allemands les plus populaires de la Première Guerre mondiale. Dans le havresac des soldats, ce journal de guerre côtoie Nietzsche, Schopenhauer ou Löns. C’est que Le pèlerin entre deux mondes est un hymne passionné à l’esprit des Wandervogel (Oiseaux migrateurs), mouvement de jeunesse qui associe retour à la nature et sagesse… Que la guerre, puisqu’elle s’est imposée, serve de révélateur à cet art de vivre, annonce d’une nouvelle communauté qui doit émerger dans l’avenir. Les appels presque mystiques au soleil et à l’esprit des forêts, la tendresse et la poésie qui baignent le récit de Walter Flex, les évocations d’un christianisme viril et d’un paganisme compatissant, l’absence de haine pour l’adversaire, le cri des oies sauvages deviennent autant d’échos des aspirations profondes du peuple. Contre les pesanteurs et les mensonges d’une société individualiste et mercantile, l’esprit Wandervogel développe une pédagogie de la libération et du respect (« Rester pur et devenir mûr »).

Dans cette réédition, la présentation et la traduction de Phillipe Marcq restituent sobrement la lumineuse poésie du texte original. L’introduction de Robert Steuckers, quant à elle, évoque parfaitement l’œuvre et le contexte spirituel d’un auteur inconnu en France et oublié en Allemagne. Nous la donnons ici à lire.

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Dans ce livre

Les 18 citations tirées de ce livre

Son Dieu portait un glaive à la ceinture…

« Son Dieu portait un glaive à la ceinture, et son Christ aussi devait porter un glaive de clarté, quand avec lui il marchait au combat. En cette heure, il voyait le tranchant de l’arme blanche voler contre l’allié félon. On en voyait le feu ardre dans ses yeux. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Tant de lâcheté, de faiblesse…

« Rares sont ceux qui, comme nous ici au front, voient s’écrouler tant de façades, rares sont ceux qui, comme nous, ont vu tant de bassesse, tant de lâcheté, de faiblesse, d’égoïsme, de vanité, mais rares sont ceux qui, comme nous, ont vu tant de dignité et de noblesse morale. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

En excitant la combativité de la jeunesse…

« En excitant la combativité de la jeunesse, on la rend plus orgueilleuse et bruyante, en la prenant d’une main maladroite, on la rend laide. La jeunesse à l’état naturel est toujours modeste, gentille, reconnaissante pour tout ce qu’on lui accorde avec cœur, mais quiconque se mêle d’éduquer sans savoir éveiller le respect, n’a pas à s’étonner s’il n’éveille qu’insolence et cruauté. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Son christianisme était force et vie…

« Son christianisme était force et vie. Un éveil au sentiment religieux issu de la lâcheté, était à ses yeux chose lamentable. Un silencieux et cordial mépris l’animait à l’égard de la prolifération, aussi bien au front qu’à l’intérieur, du christianisme né de la peur et de la prière, fille de la panique, pratiquée par les poltrons. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Cet homme, élancé, beau, vêtu de sa tunique grise râpée…

« Cet homme, élancé, beau, vêtu de sa tunique grise râpée, descendant en pèlerin les flancs de la montagne, la clarté de ses yeux gris débordant d’éclat et d’une nostalgie sûre de son objet, était Zarathustra descendant des hauteurs, ou bien le Pèlerin de Goethe. Le soleil jouait dans la fine poussière de craie que ses pieds et les nôtres soulevaient, et la lumineuse roche du chemin semblait sonner sous ses semelles… »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

La mort et la naissance ne me semblent pas être en opposition…

« La mort et la naissance ne me semblent pas être en opposition, mais sont comme des stades supérieurs et inférieurs dans le développement de la vie… Ceux qui sont tombés pour le soleil de leur terre et pour protéger la joie des générations futures ne veulent pas que nous les trahissions par des deuils qui ne sont indices que de nos faiblesses, des deuils qui ne pleurent que la part que nous aurions pu avoir dans les moissons de leur vie. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

De plus en plus abrupte, la pente de la route…

« De plus en plus abrupte, la pente de la route nous poussait dans l’étendue de la plaine lorraine. Faisant un brusque coude, elle forçait, à mi-hauteur, le regard à se retourner soudain et à monter jusqu’à l’église de Hâtonchatel baignant dans les feux de l’aurore et les brumes du matin. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Pourquoi est-ce toute la beauté de la vie qui saisit…

« Pourquoi est-ce toute la beauté de la vie qui saisit, au lieu que ce soit nous qui la saisissions ? Hélas, de même que l’homme est poussière et redeviendra poussière, toute beauté est nostalgie et redevient nostalgie. Nous la poursuivons jusqu’à ce qu’elle devienne nostalgie. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

L’évolution de l’humanité a atteint sa forme la plus parfaite…

« Je crois, en effet, que l’évolution de l’humanité a atteint sa forme la plus parfaite, pour l’individu comme pour son évolution intérieure, dans le peuple, et que le patriotisme pan-humanitaire représente une dissolution qui libère une nouvelle fois l’égoïsme personnel, normalement bridé par l’amour porté au peuple, et fait revenir l’humanité entière à l’égoïsme dans sa forme la plus crue. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Venant de Galicie, grondait le tonnerre de nouveaux combats violents…

« Venant de Galicie, grondait le tonnerre de nouveaux combats violents, et les membres gigantesques de l’armée de Hindenburg, apparemment engourdis dans un repos de fer, se mirent à s’étirer et à s’étendre, jusqu’à ce que le grondement des combats gagne, sans crier gare, toute l’étendue du front. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Nous poursuivions notre marche…

« « Nous poursuivions notre marche, traversant des villages vides aux cabanes noircies par l’âge avec des toits de chaume, feutrés de mousse, passant devant des tombes fraîchement creusées, passant devant le fantomatique spectacle des cimetières lettons à l’abandon avec leurs gigantesques croix de bois noires, dont les… »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Le monde a bien besoin d’autant d’éclat…

« Glüh, Sonne, Sonne glüh !
Die Welt braucht so viel Glanz ! »
Traduction : « Resplendis, ô Soleil, ô Soleil, resplendis ! Le monde a bien besoin d’autant d’éclat ! »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Les voix humaines ont à se taire…

« À ce moment-là les voix humaines ont à se taire. Les voix des amis aussi… Ne cherchez donc pas, ne désirez pas d’ultimes paroles ! Qui parle avec Dieu n’a plus de mots pour les hommes. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Le jeune être qui venait à nous était ivre de printemps…

« Le jeune être qui venait à nous était ivre de printemps. La tête rejetée en arrière, il se laissait entièrement inonder par les flots du soleil de mai, immobile en eux, il était là, les bras allongés en toute liberté et les mains ouvertes. Ses lèvres s’ouvrirent à la ferveur des vers goethéens, qui, libres et légers, s’envolaient de ses lèvres comme s’il venait de trouver les mots éternels »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Dans les tranchées, toutes sortes d’esprits étrangers…

« Dans les tranchées, toutes sortes d’esprits étrangers les uns aux autres ont bien été forcés d’êtres bons camarades. Avec les livres, il n’en va pas autrement qu’avec les hommes. Ils ont beau être différents, il leur suffit d’être forts et honnêtes et de savoir s’affirmer, cela donne la meilleure camaraderie. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Les yeux, les oreilles et les lèvres doivent se fermer…

« Les yeux, les oreilles et les lèvres doivent se fermer devant toutes les petites mesquineries, laideurs et misères, et l’âme tout entière doit se consacrer aux moments, aux choses et aux personnes qui nous révèlent le beau : voilà tout l’art de la vie. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

Notre vie sur terre ne constitue nullement un but…

« Notre vie sur terre ne constitue nullement un but en soi, mais n’est seulement qu’une parcelle infime de notre être éternel, qui nous pousse graduellement, par la lente action du temps, vers le divin. »

Robert Steuckers Le pèlerin entre deux mondes, Préface au livre Le pèlerin entre deux mondes (Der Wanderer zwischen beiden Welten) de Walter Flex, 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

L’harmonie de cette jeune voix…

« L’harmonie de cette jeune voix était un cristal sonore, enserrant le vin limpide de la parole éternelle. Cet homme aux nobles proportions, aux lignes élancées, était en soi un monument d’action de grâces dressé par la création dans la claire splendeur du jardin de Dieu, la fraîcheur de ses lèvres exhalaient le souffle d’un printemps religieux, répandu sur la Terre et les hommes. »

Walter Flex Le pèlerin entre deux mondes,  (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020

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