Le livre
Le pèlerin entre deux mondes

Le pèlerin entre deux mondes

Auteur : Wal­ter Flex
Édi­teur : édi­tions Les Amis de la Culture Euro­péenne (2020, 2ème édi­tion française)

Pré­sen­ta­tion de l’é­di­teur : Par une nuit de tem­pête sur le front de Lor­raine en 1914, un étu­diant, volon­taire de guerre, grif­fonne les pre­miers vers de ce qui va deve­nir un des plus fameux chants d’Europe : « Les oies sau­vages… » (deve­nu par les vicis­si­tudes de l’histoire hymne du feu 1er REP). C’est éga­le­ment le début d’un des ouvrages alle­mands les plus popu­laires de la Pre­mière Guerre mon­diale. Dans le havre­sac des sol­dats, ce jour­nal de guerre côtoie Nietzsche, Scho­pen­hauer ou Löns. C’est que Le pèle­rin entre deux mondes est un hymne pas­sion­né à l’esprit des Wan­der­vo­gel (Oiseaux migra­teurs), mou­ve­ment de jeu­nesse qui asso­cie retour à la nature et sagesse… Que la guerre, puisqu’elle s’est impo­sée, serve de révé­la­teur à cet art de vivre, annonce d’une nou­velle com­mu­nau­té qui doit émer­ger dans l’avenir. Les appels presque mys­tiques au soleil et à l’esprit des forêts, la ten­dresse et la poé­sie qui baignent le récit de Wal­ter Flex, les évo­ca­tions d’un chris­tia­nisme viril et d’un paga­nisme com­pa­tis­sant, l’absence de haine pour l’adversaire, le cri des oies sau­vages deviennent autant d’échos des aspi­ra­tions pro­fondes du peuple. Contre les pesan­teurs et les men­songes d’une socié­té indi­vi­dua­liste et mer­can­tile, l’esprit Wan­der­vo­gel déve­loppe une péda­go­gie de la libé­ra­tion et du res­pect (« Res­ter pur et deve­nir mûr »).
Dans cette réédi­tion, la pré­sen­ta­tion et la tra­duc­tion de Phil­lipe Marcq res­ti­tuent sobre­ment la lumi­neuse poé­sie du texte ori­gi­nal. L’introduction de Robert Steu­ckers, quant à elle, évoque par­fai­te­ment l’œuvre et le contexte spi­ri­tuel d’un auteur incon­nu en France et oublié en Alle­magne. Nous la don­nons ici à lire.

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Découvrez 18 citations extraites du livre

Le jeune être qui venait à nous était ivre de printemps...

« Le jeune être qui venait à nous était ivre de prin­temps. La tête reje­tée en arrière, il se lais­sait entiè­re­ment inon­der par les flots du soleil de mai, immo­bile en eux, il était là, les bras allon­gés en toute liber­té et les mains ouvertes. Ses lèvres s’ou­vrirent à la fer­veur des vers goe­théens, qui, libres et légers, s’en­vo­laient de ses lèvres comme s’il venait de trou­ver les mots éternels »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

Dans les tranchées, toutes sortes d'esprits étrangers...

« Dans les tran­chées, toutes sortes d’es­prits étran­gers les uns aux autres ont bien été for­cés d’êtres bons cama­rades. Avec les livres, il n’en va pas autre­ment qu’a­vec les hommes. Ils ont beau être dif­fé­rents, il leur suf­fit d’être forts et hon­nêtes et de savoir s’af­fir­mer, cela donne la meilleure cama­ra­de­rie. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

L'harmonie de cette jeune voix...

« L’har­mo­nie de cette jeune voix était un cris­tal sonore, enser­rant le vin lim­pide de la parole éter­nelle. Cet homme aux nobles pro­por­tions, aux lignes élan­cées, était en soi un monu­ment d’ac­tion de grâces dres­sé par la créa­tion dans la claire splen­deur du jar­din de Dieu, la fraî­cheur de ses lèvres exha­laient le souffle d’un prin­temps reli­gieux, répan­du sur la Terre et les hommes. »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

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