Le devenir de l’âme musicale d’un peuple est en jeu…

« En toute hypo­thèse, le grand rem­pla­ce­ment eth­nique ne peut être déjoué que s’il est dou­blé de parades évi­tant un grand rem­pla­ce­ment musi­cal. Les musiques venues d’ailleurs ne peuvent pas être har­mo­ni­sées, ni chan­tées à plu­sieurs voix, elles ne sont pas faites pour cela. Le deve­nir de l’âme musi­cale d’un peuple est en jeu. »

Jean-Fran­çois Gautier
La trans­mis­sion par le patri­moine musi­cal, 3e col­loque annuel de l’Ins­ti­tut Iliade, 18 mars 2017

Faire pousser des lierres…

« Les monas­tères, de quelque obé­dience qu’ils soient, cherchent tous leur écrin de nature dans le res­pect des éner­gies tel­lu­riques. Ceux qui les habitent savent que la tête est le siège des tour­ments et le cœur celui de l’apaisement. La civi­li­sa­tion indus­trielle – à de pré­cieuses excep­tions près – est un pro­duit pur et sec de l’intellect que le cœur rejette et que l’âme ne visite pas. Il faut pour la rendre vivable l’attendrir par un immense effort de créa­tion : l’intégrer au cycle éter­nel de la nature comme dans les arrière-plans du Qua­tro­cen­to. Faire pous­ser des lierres dans cha­cun de ses interstices. »

Slo­bo­dan Despot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Limite, foyer, prudence, beauté : tels devraient être les points cardinaux d’une écologie authentique…

« Limite, foyer, pru­dence, beau­té : tels devraient être les points car­di­naux d’une éco­lo­gie authen­tique. Il fau­drait lui en ajou­ter une cin­quième : l’écologie de la conscience, c’est-à-dire le droit de pré­ser­ver son âme de la publi­ci­té, du bruit, de la pol­lu­tion lumi­neuse et de tout ce qui dans le monde moderne conspire contre toute forme de vie inté­rieure” (Ber­na­nos). »

Eugé­nie Bastié
« Pour un sou­ve­rai­nisme vert », Front Popu­laire n°1, été 2020

Quelle faim morale lui crispait l’âme…

« Quelle était donc cette faim qui tenaillait le vieillard ? Quelle faim morale lui cris­pait l’âme sans qu’il pût la tra­duire autre­ment qu’en termes de gibier dis­pa­ru et de jeunes gens déser­teurs ? Je crois que je la connais­sais. Je l’a­vais déjà ren­con­trée. Sans doute la faim de ce qui fut, de ce qui ne sera plus, la silen­cieuse et invi­sible famine qui conduit les peuples per­dus à la mort plus sûre­ment encore que la vraie faim du corps. »

Jean Ras­pail
Pêcheur de lunes. Qui se sou­vient des hommes…, édi­tions Robert Laf­font, 1990

Exactement aptes à émouvoir les âmes sensibles…

« Un héli­co­ptère de l’Associated Press la sur­vo­la à vingt reprises à dif­fé­rentes alti­tudes, héris­sé de télé­ob­jec­tifs et de grands angu­laires. Par­mi les pho­tos qui furent publiées dans la presse du monde entier, cer­taines étaient pro­pre­ment bou­le­ver­santes, exac­te­ment aptes à émou­voir les âmes sen­sibles sans trop les effrayer. »

Jean Ras­pail
Le Camp des saints, édi­tions Robert Laf­font, 1973

L’émotion que j’avais ressentie…

« Tran­si, mouillé jus­qu’à l’os, l’âme déso­lée, je rega­gnai ma cabine. Par le hublot je ne vis plus rien que la pluie, et le pot du soir, au car­ré, fut empreint de mélan­co­lie. L’é­mo­tion que j’a­vais res­sen­tie est demeu­rée aus­si forte durant les cin­quante années qui ont suivi… »

Jean Ras­pail
Adiós, Tier­ra del Fue­go, édi­tions Albin Michel, 2001

Ces marginaux parasites que l’Europe a sécrétés…

« En jeans et bas­kets déla­vés, les che­veux longs, blonds et sales, l’aspect géné­ral négli­gé, le regard tra­his­sant l’avachissement de l’âme, il repré­sen­tait assez bien ces mar­gi­naux para­sites que l’Europe a sécré­tés par cen­taines de mil­liers et qui forment déjà en son sein, comme un can­cer, une sorte de tiers monde volontaire. »

Jean Ras­pail
Le Camp des saints, édi­tions Robert Laf­font, 1973

Votre royaume est double Monseigneur…

« Votre royaume est double Mon­sei­gneur. Il y a le royaume visible, un peuple et un ter­ri­toire. Vous n’en êtes plus le roi, vous n’en êtes pas le roi, vous n’en serez sans doute plus jamais le roi. Et il y a le royaume invi­sible, celui qui n’a ni terres ni fron­tières, ce qui est un élan de l’âme. Celui-là est le fon­de­ment de l’autre et c’est pour le moment le seul qui vous reste. Ne le ris­quez pas dans la cohue et la confu­sion. Empor­tez-le avec vous en exil. »

Jean Ras­pail
Le Roi au-delà de la mer, édi­tions Albin Michel, 2000

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