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Thème

Citations sur la connaissance

Le philosophe doit être un artiste…

« Nietzsche n’est pas un phi­lo­sophe comme les autres. Il ne veut pas l’être, et il le pro­clame hau­te­ment. Désor­mais, affirme-t-il, la tâche du phi­lo­sophe ne se borne plus à une simple réflexion sur le pas­sé ni à une orga­ni­sa­tion du savoir. Le phi­lo­sophe doit être un artiste qui fait de l’homme lui-même sa matière pre­mière. Il doit être celui qui assigne des buts à l’humanité et qui, grâce à son œuvre, la contraint à recher­cher les moyens d’y parvenir. »

Gior­gio Locchi
Défi­ni­tions. Les textes qui ont révo­lu­tion­né la culture non conforme, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Ago­ra, 2022

La connaissance scientifique est négative…

« En somme, la connais­sance scien­ti­fique est néga­tive. Les der­nières don­nées de la science ain­si que ses lois les plus stables, les plus avé­rées, nous per­mettent tout juste de prou­ver la nul­li­té de toute ten­ta­tive d’ex­pli­ca­tion ration­nelle de l’u­ni­vers, de démon­trer l’er­reur fon­da­men­tale de toutes les concep­tions abs­traites, de clas­ser la méta­phy­sique dans le musée du folk­lore des races, d’in­ter­dire toute concep­tion a prio­ri. »

Blaise Cen­drars
Mora­va­gine, 1926, édi­tions Gras­set, coll. Le Livre de Poche, 1956

Autrefois, les jeunes gens étaient obligés d’étudier…

« Autre­fois, les jeunes gens étaient obli­gés d’étu­dier ; ils n’a­vaient pas envie de pas­ser pour des ignares, ils se don­naient du mal, bon gré mal gré. Aujourd’­hui, il leur suf­fit de dire : fari­boles, tout n’est que fari­boles ! et le tour est joué […] les voi­là tout d’un coup pro­mus nihi­listes. »

Ivan Tour­gue­niev
Pères et fils, 1862, in Romans et nou­velles com­plets, tome II, trad. Fran­çoise Fla­mant, édi­tions Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade, 1982

Si l’histoire ne se reproduit pas…

« Si l’histoire ne se repro­duit pas, en revanche, elle peut appor­ter des recettes. Les deux prin­ci­pales qu’il faut rete­nir sont la place cen­trale recon­nue à l’homme de la nais­sance à ses fins der­nières et le sens du Bien com­mun. »

Louis Alphonse de Bourbon
Mes­sage de Mon­sei­gneur le Duc d’Anjou à l’occasion de la messe en mémoire de Louis XVI, legitimite.fr, 19 jan­vier 2020.

Ils sont bêtes, mais c’est pour faire rire…

« Ils sont bêtes, mais c’est pour faire rire. Ils ne savent rien, mais ils ont réponse à tout. Ils n’ont rien à dire, mais ils parlent tout le temps. Tout chez eux est incor­rect, sauf leurs idées. Ils n’ont que des amis car ils peuvent détruire ceux qui ne le sont pas. Ils ont tou­jours rai­son car ils sont applau­dis sur com­mande. Ils n’ont peur de rien, sauf de l’audimat.
Ils sont ani­ma­teurs de talk-shows ou de rea­li­ty-shows. Ils passent en prime time tous les jours ou toutes les semaines. Ils invitent les intel­lec­tuels, les artistes et les hommes poli­tiques, mais ils s’invitent aus­si entre eux. Ils disent ce qu’il faut pen­ser, ce qu’il faut aimer et ce qu’il faut détes­ter. Ce sont les grands prêtres de la pen­sée unique. »

Bru­no Mégret
L’Autre scé­na­rio pour la France et l’Europe, Édi­tions Cité liber­té, 2006

Voilà pourquoi je révère l’objet…

« Voi­là pour­quoi je révère l’ob­jet. S’il n’a­vait exis­té, je l’au­rais inven­té. À nou­veau je le sai­sis. Pour la mil­lième fois depuis que j’en ai reçu la garde, j’en prends connais­sance tac­ti­le­ment. Je me calme. Je reviens à l’es­sen­tiel. Rien ne vaut l’ar­ron­di par­fois de l’ob­jet et la paume de mes mains glis­sant sur la pierre noire, polie trois mille ans plus tôt par quel­qu’un qui, peut-être, me res­sem­blait. »

Jean Ras­pail
La hache des steppes, édi­tions Robert Laf­font, 1974

Asservie aux idées de rapport, la société, cette vieille…

« Asser­vie aux idées de rap­port, la socié­té, cette vieille ména­gère qui n’a plus de jeune que ses besoins et qui radote de ses lumières, ne com­prend pas plus les divines igno­rances de l’esprit, cette poé­sie de l’âme qu’elle veut échan­ger contre de mal­heu­reuses connais­sances tou­jours incom­plètes, qu’elle n’admet la poé­sie des yeux, cachée et visible sous l’apparente inuti­li­té des choses. Pour peu que cet effroyable mou­ve­ment de la pen­sée moderne conti­nue, nous n’aurons plus, dans quelques années, un pauvre bout de lande où l’imagination puisse poser son pied ; pour rêver, comme le héron sur une de ses pattes. Alors, sous ce règne de l’épais génie des aises phy­siques qu’on prend pour de la Civi­li­sa­tion et du Pro­grès, il n’y aura ni ruines, ni men­diants, ni terres vagues, ni super­sti­tions comme celles qui vont faire le sujet de cette his­toire, si la sagesse de notre temps veut bien nous per­mettre de la raconter. »

Jules Bar­bey d’Aurevilly
L’En­sor­ce­lée, 1852, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

Le monde moderne a fait à l’humanité des conditions telles…

« Le monde moderne a fait à l’hu­ma­ni­té des condi­tions telles, si entiè­re­ment et si abso­lu­ment nou­velles, que tout ce que nous savons par l’his­toire, tout ce que nous avons appris des huma­ni­tés pré­cé­dentes ne peut aucu­ne­ment nous ser­vir, ne peut pas nous faire avan­cer dans la connais­sance du monde où nous vivons. Il n’y a pas de précédents. »

Charles Péguy
Note conjointe sur M. Des­cartes, 1914, Œuvres en prose com­plètes, Tome III, édi­tions Gal­li­mard, coll. Biblio­thèque de la Pléiade (n° 389), 1992

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