Quand Valéry disait notre civilisation mortelle…

« Quand Valé­ry disait notre civi­li­sa­tion mor­telle, en véri­té elle était déjà morte, et nous répé­tons cette phrase comme un man­tra pour ten­ter de n’être pas mort. On peut le voir par exemple à Sète même, ville natale de Valé­ry, où je suis retour­né, après trente ans, à l’heure de Midi le juste, pour contem­pler une der­nière fois la mer depuis le cime­tière marin, dont je gage que le poème qui porte ce titre n’évoque plus rien pour per­sonne. Sète est aujourd’hui une ville qua­si arabe, comme Béziers, Lunel, La Cour­neuve ou Trappes. »

Richard Millet
Paris bas-ventre. Le RER comme prin­cipe éva­cua­teur du peuple fran­çais, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Dans l’arène, 2021

Par leur fantasme d’entendre encore le bruit de bottes…

« Par leur fan­tasme d’entendre encore le bruit de bottes des années trente, les mon­dia­listes sont plus que jamais dans le déni : ce sont les bottes de l’immigration de masse qu’on entend par­tout, et qui pro­voquent des situa­tions explo­sives, dès lors qu’on en arrive au para­doxe, éle­vé en iré­nique et insup­por­table contra­dic­tion, qui fait qu’un Tchét­chène, un Turc, un Malien, un Algé­rien vit en France non seule­ment comme il le ferait dans son pays d’origine, mais contri­bue acti­ve­ment, eût-il des papiers fran­çais, à la décom­po­si­tion de la France. »

Richard Millet
Paris bas-ventre. Le RER comme prin­cipe éva­cua­teur du peuple fran­çais, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Dans l’arène, 2021

Je ne porte nul jugement de valeur sur les races…

« Je ne porte nul juge­ment de valeur sur les races, les eth­nies, les cultures extra-euro­péennes, bien que j’en estime cer­taines plus que d’autres ; je m’insurge contre l’idéologie qui pré­tend faire coexis­ter l’hétérogène le plus délé­tère en le pré­sen­tant comme le des­tin eth­nique, cultu­rel et poli­tique de la France, alors que la popu­la­tion en tran­sit intes­ti­nal, ce soir, à Châ­te­let-Les Halles, n’a plus rien de fran­çais, ni même d’européen. »

Richard Millet
Paris bas-ventre. Le RER comme prin­cipe éva­cua­teur du peuple fran­çais, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Dans l’arène, 2021

Les penseurs de la gauche radicale font de Schmitt leur ami conceptuel…

« Les pen­seurs de la gauche radi­cale font de Schmitt leur ami concep­tuel (ami­tié aus­si rela­tive que clan­des­tine) tout en le dési­gnant comme l’en­ne­mi public nazi ou libé­ral-auto­ri­taire dont il convient de se débar­ras­ser au plus vite, une fois réa­li­sée la cap­ta­tion intellectuelle. »

Aris­tide Leucate
Carl Schmitt et la gauche radi­cale : Une autre figure de l’en­ne­mi, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Les idées à l’endroit, 2021

A force d’avoir tutoyé les dieux…

« A force d’a­voir tutoyé les dieux, Dumé­zil a fini par deve­nir l’un des leurs. Ain­si, l’on ne sau­rait plus, impu­né­ment, le défier, par-delà les années, sans s’at­ti­rer les foudres de ses naïves incon­sé­quences, sauf, lit­té­ra­le­ment, à ren­ver­ser la struc­ture ter­naire des Indo-Euro­péens. »

Aris­tide Leucate
Dumé­zil, édi­tions Par­dès, coll. « Qui suis-je ? », 2021

La force et la santé demeurent en l’intrépide…

« La force et la san­té demeurent en l’intrépide. Au contraire, la crainte assiège ceux même qui s’arment jusqu’aux dents – et ceux-là plus que les autres. On peut en dire autant de ceux qui nagent dans l’abondance. Les armes, les tré­sors sont impuis­sants à conju­rer les menaces. Ce ne sont que des pis-aller. »

Ernst Jün­ger
Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1995

Le divorce entre l’ethnos et la polis semble aujourd’hui bel et bien consommé…

« Le divorce entre l’ethnos et la polis semble aujourd’hui bel et bien consom­mé, de telle sorte que la nation […] ne ras­semble plus, en de larges por­tions de son ter­ri­toire, qu’une agré­ga­tion de « citoyens », dont cer­tains – le plus sou­vent d’origine autoch­tone – sont pri­vés de toute mémoire iden­ti­taire, tan­dis que d’autres s’assemblent en com­mu­nau­tés sou­dées autour d’une iden­ti­té eth­no­cul­tu­relle de plus en plus clai­re­ment reven­di­quée, très dif­fé­rente pour­tant de celle que pos­sé­dait le pays d’accueil quelques décen­nies aupa­ra­vant. Tous ces indi­vi­dus, res­sor­tis­sants d’une nation désor­mais écla­tée, sont moins ani­més du désir de « vivre ensemble » que sou­mis à la néces­si­té de « vivre côte à côte »

Hen­ri Levavasseur
L’identité, socle de la cité, édi­tions La nou­velle Librai­rie, 2021

Pour ma part, je loue donc aussi Agésilas…

« Pour ma part, je loue donc aus­si Agé­si­las d’avoir, pour gar­der l’agrément des Grecs, dédai­gné l’hospitalité du Roi. Et j’admire aus­si qu’il ait pen­sé que ce n’était pas, entre eux deux, celui qui avait le plus de richesses et gou­ver­nait le plus de monde qui devait s’enorgueillir le plus, mais celui qui était le meilleur com­man­dant aux meilleurs. »

Xéno­phon
Agé­si­las, trad. Michel Case­vitz, édi­tions Les Belles Lettres, 2008

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