Le progrès pose des définitions…

« Le ratio­na­lisme pro­gres­siste s’accommode de tout. Il ignore la nature des choses comme il ignore l’instinct. Le « pro­grès » pose des défi­ni­tions. Il ne voit pas l’animal et ses lois. Et tout peut sor­tir des défi­ni­tions. L’élasticité morale du monde moderne est infi­nie, ses formes d’expression également. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Conscience, fille de Dieu…

« Conscience, ins­tinct non pas divin mais géné­ro­si­té du cœur, fille de la rage, paroles et fumées qui s’élèvent du sang, fier­té qui sort des naseaux furieux, tu es la source de toute pure­té et de toute intran­si­geance, de toi pro­cèdent tout cou­rage et toute révolte. Tu es la petite Anti­gone qui se lève devant le prince injuste. Tu es la main qui panse les bles­sures, tu es la sœur bien-aimée qui se penche sur le front des morts sacri­fiés. Tu es la conso­la­trice et la cer­ti­tude. Tu es la source fraîche à laquelle vont boire les vain­cus. Tu es la dou­ceur et le refuge et tu es aus­si la déesse qui ne plie pas sous le fouet des hommes. Tu marches devant la mort et sur les genoux, sur tes genoux d’enfant pure, nous cachons notre tête bles­sée à l’heure où s’approche la Mois­son­neuse sans regard. Conscience, fille de Dieu, nous dérou­le­rons éter­nel­le­ment devant tes pas le tapis qui mène jusqu’à nos âmes. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Un mouvement de tout l’être…

« Il y a chez les hommes une sorte de pen­sée qui engage l’être tout entier. A cer­tains moments, nous sen­tons bien que ce n’est plus le cer­veau seul qui décide, mais quelque chose en nous de plus pro­fond. C’est un mou­ve­ment de tout l’être qui nous dicte le refus ou qui accepte. Cette pen­sée ins­tinc­tive som­meille chez l’homme. Elle est végé­ta­tive, elle est lente, elle se mani­feste par le malaise et l’inquiétude et il faut du temps pour qu’elle devienne claire : tan­dis que la pen­sée gré­gaire qui s’exprime dans les jour­naux et dans les dis­cours des aca­dé­mi­ciens mène une danse allègre et fait entendre par­tout ses flûtes et ses grelots. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Nos libertés sont des chaînes…

« Nos liber­tés ne sont que des chaînes plus ou moins longues qui nous attachent à la niche. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, édi­tions Les Sept Cou­leurs, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

La mort, en soi, n’est peut-être pas une chose si horrible…

« La mort, en soi, n’est peut-être pas une chose si hor­rible, après tout. Nous l’au­rons tous. Mais mal­heur à nous si nous savons, même si c’est dans un siècle ou deux siècles, le temps pré­cis où elle viendra. »

Dino Buz­za­ti
Équi­va­lence, in Les nuits dif­fi­ciles, nou­velles, 1971, trad. Michel Sager, édi­tions Robert Laf­font, Coll. Pavillon, 1972

Une suspension d’égoïsme dépassant le dévouement…

« Ce n’est que dans l’activité réso­lue que nous trou­vons une sus­pen­sion d’égoïsme dépas­sant le dévoue­ment conventionnel. »

Chris­to­pher Lasch
Les femmes et la vie ordi­naire (Women and the Com­mon Life), 1997, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs, 2018

Je pars de cette constatation que les Européens sont vulnérables…

« Je pars de cette consta­ta­tion que les Euro­péens sont vul­né­rables parce qu’ils n’ont pas conscience de ce qu’ils sont. Ils ne sont pas conscients de leur iden­ti­té ni de leurs valeurs spé­ci­fiques. La tâche la plus urgente est donc de leur don­ner les fon­de­ments d’une struc­ture men­tale, d’une conscience de leur iden­ti­té. »

Domi­nique Venner
Car­nets rebelles – volume I, édi­tions de La Nou­velle Librai­rie, 2021

Tout est à faire…

« Rien n’est jamais acquis par avance de ce qui advien­dra. Tout est à faire, chaque jour, par cha­cun et pour sa Cité. Le deve­nir, en résu­mé, n’est pas sans repères ; il est seule­ment sans pro­gramme acquis par avance ; c’est la pre­mière des leçons poli­tiques du paga­nisme : le monde n’a pas de fina­li­té ; seule l’action en porte une, la sienne, si et seule­ment si elle est adé­quate, appro­priée aux circonstances. »

Jean-Fran­çois Gautier
À pro­pos des Dieux. L’esprit des poly­théismes, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Nous devons être jeunes et nouveaux…

« La jeu­nesse, comme l’étranger, nous boute hors des atmo­sphères chaudes et des lieux connus. Sa ver­tu n’est pas de chan­ger le monde : le chan­ge­ment peut être recul, et le nou­veau n’est pas tou­jours du neuf. Elle est d’être la jeu­nesse, c’est-à-dire cette pure­té inté­rieure, cette bonne grâce, cette frai­cheur et cette abon­dance que l’on voit plus par­ti­cu­liè­re­ment dans les choses qui viennent de naître. Nous devons être jeunes et nou­veaux, non parce que l’être est mou­ve­ment, mais parce que la durée maté­rielle momi­fie, et qu’il n’est qu’un moyen de res­ter purs, de bonne grâce, frais et féconds, qui est de renaître tou­jours. Para­doxes du monde : comme l’abandon conso­lide la per­sonne, c’est le per­pé­tuel renou­veau qui sau­ve­garde les richesses éter­nelles. Une direc­tion, un contour, voi­là la véri­té : mais à l’intérieur un voyage inépuisable. »

Emma­nuel Mounier
« Pour une réha­bi­li­ta­tion de la com­mu­nau­té », in Kri­sis n°16, juin 1994

S’il faut une opposition pour défendre et sauver la personne…

« S’il faut une oppo­si­tion pour défendre et sau­ver la per­sonne, nous sommes de cette oppo­si­tion. Mais nous refu­sons, en com­bat­tant pour la per­sonne, de com­battre pour cette réa­li­té agres­sive et avare qui se retranche der­rière elle. Une per­sonne, ce n’est pas un fais­ceau de reven­di­ca­tions tour­nées vers le dedans à l’intérieur d’une fron­tière arbi­traire, et je ne sais quel désir d’affirmation. C’est un style réduc­teur des influences, mais lar­ge­ment ouvert à elles, une puis­sance orien­tée d’attente et d’accueil. C’est une force ner­veuse de créa­tion et de maî­trise, mais au sein d’une com­mu­nion humaine où toute créa­tion est un rayon­ne­ment, toute maî­trise un ser­vice. C’est une liber­té d’initiative, c’est-à-dire un foyer de com­men­ce­ments, une pre­mière pente vers le monde, une pro­messe d’amitiés mul­tiples, une offre de soi. On ne se trouve qu’en se per­dant ; on ne pos­sède que ce qu’on aime. Allons plus loin, jusqu’au bout de la véri­té qui nous sau­ve­ra : on ne pos­sède que ce qu’on donne. Ni reven­di­ca­tion, ni démis­sion : nous refu­sons le mal de l’Orient et le mal de l’Occi­dent. Mais un mou­ve­ment croi­sé d’intériorisation et de don […]. »

Emma­nuel Mounier
« Pour une réha­bi­li­ta­tion de la com­mu­nau­té », in Kri­sis n°16, juin 1994

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