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Citations sur le marxisme

Les droits de l’homme ne sont pas pour n’importe quel individu…

« Mais les droits de l’homme ne sont pas pour n’importe quel indi­vi­du. Les droits de l’homme sont amé­na­gés pour le pro­fit d’une classe sociale, du côté de laquelle Locke est enga­gé ; la classe des riches. La cri­tique de Marx est fon­dée. Les droits de l’homme de 1789 ser­virent la des­truc­tion de la monar­chie, mais lui sub­sti­tuèrent une oli­gar­chie. Ils ont signi­fié la domi­na­tion poli­tique de la classe bour­geoise ; dans l’économie du capitalisme. »

Michel Vil­ley
Le droit et les droits de l’homme, Presses Uni­ver­si­taires de France, coll. Qua­drige, 2014

L’Europe, la vraie, ne se fera pas sans les peuples slaves…

« À côté des âne­ries du réa­lisme socia­liste” s’est déve­lop­pé, dans des cir­cons­tances dra­ma­tiques, un under­ground” est-euro­péen d’une vita­li­té sai­sis­sante, et d’une extra­or­di­naire qua­li­té. Quatre au moins, par­mi les plus grands écri­vains du siècle, nous viennent des pays com­mu­nistes : les Russes Boul­ga­kov, Siniavs­ki et Sol­jé­nit­syne ; le Tchèque Kun­de­ra. Si enne­mis que nous soyons de l’i­déo­lo­gie mar­xiste, nous main­te­nons que l’Eu­rope, la vraie, ne se fera pas sans les peuples slaves — encore moins contre eux ! »

Pierre Gri­pa­ri
Cri­tique et auto­cri­tique, édi­tions L’Âge d’Homme, 1981

Je ne proposerai pas une alternative socialiste…

« Non, certes, armé de l’expérience du pays du socia­lisme réa­li­sé, de toute façon je ne pro­po­se­rai pas une alter­na­tive socia­liste. Que tout socia­lisme en géné­ral comme dans toutes ses nuances abou­tit à l’anéantissement uni­ver­sel de l’essence spi­ri­tuelle de l’homme et au nivel­le­ment de l’humanité dans la mort. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2019

Sous l’influence des penseurs de la déconstruction…

« Sous l’influence des pen­seurs de la décons­truc­tion, eux-mêmes issus des déter­mi­nismes mar­xistes puis freu­diens, contre toute bonne logique, voire tout bon sens, la ten­dance lourde est actuel­le­ment à la néga­tion de la nature humaine ! Or, elle existe. »

Michel Onfray
Com­ment la phi­lo­so­phie peut nous aider à tra­ver­ser cette épreuve, entre­tien au Figa­ro, par Alexandre Devec­chio, 28 mars 2020

Ce paysan est réaliste parce que sa connaissance…

« La néces­si­té d’un échange vital entre le sujet et l’ob­jet domine notre idée du réa­lisme… Ce pay­san est réa­liste parce que sa connais­sance, son amour et son tra­vail de la terre pro­cèdent d’un contact intime entre la terre et lui ; cet homme poli­tique est réa­liste parce que les lois qui régissent le fait social se reflètent fidè­le­ment dans son esprit ; et les saints sont les plus grands réa­listes parce qu’ils sont unis à la réa­li­té suprême. Inver­se­ment, nos pen­sées, nos affec­tions et nos actes sont enta­chés d’ir­réa­lisme lors­qu’ils ne sont pas nour­ris par un contact suf­fi­sant avec leur objet. Ce cita­din qui s’en­ivre d’un « retour à la terre » comme d’une idylle ou d’une fée­rie, ce poli­ti­cien qui croit qu’un chan­ge­ment d’ins­ti­tu­tions suf­fi­ra à rame­ner sur terre l’âge d’or, ce faux mys­tique au rayon​nement mal­sain sont irréa­listes parce qu’ils n’ont pas de liens vitaux avec la nature, avec l’homme, ou avec Dieu, et qu’ils sub­sti­tuent leurs rêves à la véri­té objective. »

Gus­tave Thibon
L’ir­réa­lisme moderne, in Les hommes de l’é­ter­nel : Confé­rences au grand public (1940−1985), édi­tions Mame, Coll. Rai­sons d’Être, 2012

Comme le marxisme, la démocratie tient qu’il existe une vérité morale…

« Nous en sommes arri­vés, sans nous en rendre compte, à un régime où il n’est pas per­mis de pen­ser incor­rec­te­ment, et où il n’est pas per­mis non plus de vivre incor­rec­te­ment. Comme le mar­xisme, la démo­cra­tie tient qu’il existe une véri­té morale parce qu’elle croit comme le mar­xisme à un pro­grès de l’hu­ma­ni­té et par consé­quent à un sens de l’histoire. »

Mau­rice Bardèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

J’étais surtout irrité par l’incompréhension (et le mépris) du paysan chez Marx…

« J’étais sur­tout irri­té par l’incompréhension (et le mépris) du pay­san chez Marx. Il a osé écrire que c’est la classe qui repré­sente la bar­ba­rie au sein de la civi­li­sa­tion” (Les Luttes de classes en France). C’est une sot­tise, on ne peut dire autre­ment. Il igno­rait le monde des cam­pagnes, en vrai cita­din. Il ne pou­vait com­prendre, du coup, que ce sont les ver­tus pay­sannes – un capi­tal de téna­ci­té, de fru­ga­li­té, de patience, accu­mu­lé depuis vingt-cinq ou trente siècles – qui ont per­mis de construire la socié­té indus­trielle, qui l’ont mise en route. Elles s’y sont usées, d’ailleurs, et on voit assez comme elles manquent aujourd’hui : la vie urbaine les détruit.
Pour Marx, je pense, le pay­san c’est l’isolement au lieu de l’échange, la rési­gna­tion au lieu de la révolte. Mais cette rési­gna­tion aux maux éter­nels (on n’a pas encore sup­pri­mé la guerre – ni les trem­ble­ments de terre ou la séche­resse) s’accompagne d’une lutte de chaque jour. Et le pay­san n’est nul­le­ment un iso­lé dans la durée. C’est lui, le séden­taire, qui garde et trans­met la sagesse du pro­verbe. Il est la mémoire de l’humanité par les contes et par les cou­tumes. »

Georges Laf­fly
Mes livres poli­tiques, édi­tions Publi­ca­tions F.B, 1992

L’idéologie droit de l’hommiste qui s’est imposée à la faveur de la chute du communisme…

« L’idéologie droit de l’hommiste qui s’est impo­sée à la faveur de la chute du com­mu­nisme, de la mise en œuvre du sys­tème libé­ral mon­dia­li­sé et de l’effacement pro­gram­mé des nations a impo­sé de fait le prin­cipe de libre cir­cu­la­tion pour tout le monde et n’importe qui, et a pro­cla­mé l’obsolescence pro­chaine, sou­hai­table et défi­ni­tive des fron­tières. Les incan­ta­tions anti­ra­cistes for­mu­lées pour inter­dire tout débat sur la ques­tion et l’exaltation de l’homme nomade cher à Jacques Atta­li ne sont cepen­dant pas par­ve­nues à étouf­fer la résis­tance des peuples (…).
D’ores et déjà, les pro­mo­teurs du vil­lage glo­bal” sou­mis à la démo­cra­tie” et au mar­ché semblent avoir per­du la par­tie et il y a quelque chose de pathé­tique à voir la tech­no­cra­tie bruxel­loise, aus­si illé­gi­time qu’irresponsable et nui­sible, s’accrocher à ses lubies immi­gra­tion­nistes et à se pré­va­loir de ses valeurs” pour jus­ti­fier l’arrivée en Europe de cin­quante mil­lions d’immigrés dans les deux décen­nies qui viennent, un afflux néces­saire pour assu­rer demain le paie­ment de nos retraites… »

Phi­lippe Conrad
Rele­ver le défi migra­toire, rendre à l’Europe son iden­ti­té, allo­cu­tion au troi­sième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 9 avril 2016

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