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Citations sur le marxisme

Je ne proposerai pas une alternative socialiste…

« Non, certes, armé de l’expérience du pays du socia­lisme réa­li­sé, de toute façon je ne pro­po­se­rai pas une alter­na­tive socia­liste. Que tout socia­lisme en géné­ral comme dans toutes ses nuances abou­tit à l’anéantissement uni­ver­sel de l’essence spi­ri­tuelle de l’homme et au nivel­le­ment de l’humanité dans la mort. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2019

Sous l’influence des penseurs de la déconstruction…

« Sous l’influence des pen­seurs de la décons­truc­tion, eux-mêmes issus des déter­mi­nismes mar­xistes puis freu­diens, contre toute bonne logique, voire tout bon sens, la ten­dance lourde est actuel­le­ment à la néga­tion de la nature humaine ! Or, elle existe. »

Michel Onfray
Com­ment la phi­lo­so­phie peut nous aider à tra­ver­ser cette épreuve, entre­tien au Figa­ro, par Alexandre Devec­chio, 28 mars 2020

Ce paysan est réaliste parce que sa connaissance…

« La néces­si­té d’un échange vital entre le sujet et l’ob­jet domine notre idée du réa­lisme… Ce pay­san est réa­liste parce que sa connais­sance, son amour et son tra­vail de la terre pro­cèdent d’un contact intime entre la terre et lui ; cet homme poli­tique est réa­liste parce que les lois qui régissent le fait social se reflètent fidè­le­ment dans son esprit ; et les saints sont les plus grands réa­listes parce qu’ils sont unis à la réa­li­té suprême. Inver­se­ment, nos pen­sées, nos affec­tions et nos actes sont enta­chés d’ir­réa­lisme lors­qu’ils ne sont pas nour­ris par un contact suf­fi­sant avec leur objet. Ce cita­din qui s’en­ivre d’un « retour à la terre » comme d’une idylle ou d’une fée­rie, ce poli­ti­cien qui croit qu’un chan­ge­ment d’ins­ti­tu­tions suf­fi­ra à rame­ner sur terre l’âge d’or, ce faux mys­tique au rayon​nement mal­sain sont irréa­listes parce qu’ils n’ont pas de liens vitaux avec la nature, avec l’homme, ou avec Dieu, et qu’ils sub­sti­tuent leurs rêves à la véri­té objec­tive. »

Gus­tave Thi­bon
L’ir­réa­lisme moderne, in Les hommes de l’é­ter­nel : Confé­rences au grand public (1940−1985), édi­tions Mame, Coll. Rai­sons d’Être, 2012

Comme le marxisme, la démocratie tient qu’il existe une vérité morale…

« Nous en sommes arri­vés, sans nous en rendre compte, à un régime où il n’est pas per­mis de pen­ser incor­rec­te­ment, et où il n’est pas per­mis non plus de vivre incor­rec­te­ment. Comme le mar­xisme, la démo­cra­tie tient qu’il existe une véri­té morale parce qu’elle croit comme le mar­xisme à un pro­grès de l’hu­ma­ni­té et par consé­quent à un sens de l’his­toire. »

Mau­rice Bar­dèche
Sparte et les Sudistes, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1969

J’étais surtout irrité par l’incompréhension (et le mépris) du paysan chez Marx…

« J’étais sur­tout irri­té par l’incompréhension (et le mépris) du pay­san chez Marx. Il a osé écrire que c’est la classe qui repré­sente la bar­ba­rie au sein de la civi­li­sa­tion” (Les Luttes de classes en France). C’est une sot­tise, on ne peut dire autre­ment. Il igno­rait le monde des cam­pagnes, en vrai cita­din. Il ne pou­vait com­prendre, du coup, que ce sont les ver­tus pay­sannes – un capi­tal de téna­ci­té, de fru­ga­li­té, de patience, accu­mu­lé depuis vingt-cinq ou trente siècles – qui ont per­mis de construire la socié­té indus­trielle, qui l’ont mise en route. Elles s’y sont usées, d’ailleurs, et on voit assez comme elles manquent aujourd’hui : la vie urbaine les détruit.
Pour Marx, je pense, le pay­san c’est l’isolement au lieu de l’échange, la rési­gna­tion au lieu de la révolte. Mais cette rési­gna­tion aux maux éter­nels (on n’a pas encore sup­pri­mé la guerre – ni les trem­ble­ments de terre ou la séche­resse) s’accompagne d’une lutte de chaque jour. Et le pay­san n’est nul­le­ment un iso­lé dans la durée. C’est lui, le séden­taire, qui garde et trans­met la sagesse du pro­verbe. Il est la mémoire de l’humanité par les contes et par les cou­tumes. »

Georges Laf­fly
Mes livres poli­tiques, édi­tions Publi­ca­tions F.B, 1992

L’idéologie droit de l’hommiste qui s’est imposée à la faveur de la chute du communisme…

« L’idéologie droit de l’hommiste qui s’est impo­sée à la faveur de la chute du com­mu­nisme, de la mise en œuvre du sys­tème libé­ral mon­dia­li­sé et de l’effacement pro­gram­mé des nations a impo­sé de fait le prin­cipe de libre cir­cu­la­tion pour tout le monde et n’importe qui, et a pro­cla­mé l’obsolescence pro­chaine, sou­hai­table et défi­ni­tive des fron­tières. Les incan­ta­tions anti­ra­cistes for­mu­lées pour inter­dire tout débat sur la ques­tion et l’exaltation de l’homme nomade cher à Jacques Atta­li ne sont cepen­dant pas par­ve­nues à étouf­fer la résis­tance des peuples (…).
D’ores et déjà, les pro­mo­teurs du vil­lage glo­bal” sou­mis à la démo­cra­tie” et au mar­ché semblent avoir per­du la par­tie et il y a quelque chose de pathé­tique à voir la tech­no­cra­tie bruxel­loise, aus­si illé­gi­time qu’irresponsable et nui­sible, s’accrocher à ses lubies immi­gra­tion­nistes et à se pré­va­loir de ses valeurs” pour jus­ti­fier l’arrivée en Europe de cin­quante mil­lions d’immigrés dans les deux décen­nies qui viennent, un afflux néces­saire pour assu­rer demain le paie­ment de nos retraites… »

Phi­lippe Conrad
Rele­ver le défi migra­toire, rendre à l’Europe son iden­ti­té, allo­cu­tion au troi­sième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 9 avril 2016

Ceux qui avaient interprété la démocratie individualiste issue des Lumières…

« Ceux qui avaient inter­pré­té la démo­cra­tie indi­vi­dua­liste issue des Lumières comme une déca­dence, semblent sou­vent jus­ti­fiés aujourd’­hui. Elle est bel et bien entrée elle-même en déca­dence par rap­port à ses propres valeurs et à ses ambi­tions. Son sys­tème de socia­bi­li­té qui n’a jamais bien fonc­tion­né en Europe est en plein déra­page, sur­tout en France, lieu de sa fon­da­tion. La répu­blique contrac­tuelle une et indi­vi­sible implose sous nos yeux. Dans sa luci­di­té, Ray­mond Aron, pour­tant libé­ral convain­cu, l’avait pres­sen­ti au terme de ses Mémoires (Jul­liard, 1983) : « Sans adop­ter l’interprétation spen­glé­rienne selon laquelle la civi­li­sa­tion urbaine, uti­li­taire, démo­cra­tique marque en tant que telle une phase de déca­dence des cultures, il est légi­time de se deman­der, […] si l’épanouissement des liber­tés, le plu­ra­lisme des convic­tions, l’hédonisme indi­vi­dua­liste ne mettent pas en péril la cohé­rence des socié­tés et leur capa­ci­té d’action. »
De cette noci­vi­té, la plus grande par­tie du monde euro­péen était convain­cue avant 1914. Mais ce qui don­nait de la force au rejet de l’idéologie des Lumières et de 1789, c’est que ce monde euro­péen des monar­chies et de l’ancien ordre féo­dal réno­vé était aus­si le plus effi­cace, le plus moderne et le plus com­pé­ti­tif sur le ter­rain éco­no­mique, social et cultu­rel. Ce fait oublié, il convient de le rap­pe­ler. D’a­bord parce que c’est une réa­li­té his­to­rique et à ce titre méri­tant d’être connue. Ensuite, parce que cette réa­li­té per­met de prendre du champ par rap­port à l’illusion d’optique que les vic­toires répé­tées des États-Unis ont impo­sé depuis la fin du XXe siècle. Illu­sion qui fait prendre le phé­no­mène par­ti­cu­lier et contin­gent de la socié­té amé­ri­caine pour une néces­si­té uni­ver­selle. Cette sédui­sante chi­mère s’est ins­tal­lée d’autant plus aisé­ment que dans nos socié­tés les esprits ont été for­més depuis long­temps par l’imprégnation incons­ciente de la vul­gate mar­xiste à une inter­pré­ta­tion déter­mi­niste et fina­liste de l’histoire où le suc­cès momen­ta­né vaut preuve. »

Domi­nique Ven­ner
Le Siècle de 1914 : Uto­pies, guerres et révo­lu­tions en Europe au XXe siècle, édi­tions Pyg­ma­lion, coll. His­toire, 2006

Une véritable historiographie de droite devrait embrasser…

« Une véri­table his­to­rio­gra­phie de droite devrait embras­ser les mêmes hori­zons que l’historiographie mar­xiste, avec la volon­té de sai­sir l’essentiel du pro­ces­sus his­to­rique des der­niers siècles, pris en dehors des mythes, des super­sti­tions ou de la simple chro­nique des faits. Tout en inver­sant, natu­rel­le­ment, les signes et les pers­pec­tives, et en voyant dans les pro­ces­sus conver­gents de l’histoire récente non pas les phases d’un pro­grès poli­tique et social, mais celles d’une sub­ver­sion géné­rale. Selon toute logique, le pré­sup­po­sé éco­no­mi­co-maté­ria­liste serait éli­mi­né, une fois démas­quée la fic­tion de l’homo oeco­no­mi­cus et le déter­mi­nisme pré­ten­du­ment fatal des sys­tèmes de pro­duc­tion. Des forces beau­coup plus vastes, pro­fondes et com­plexes que celles que connaît le misé­rable maté­ria­lisme his­to­rique mar­xiste, sont en action dans l’histoire. »

Julius Evo­la
Il Conci­lia­tore, novembre 1959

Votre délire d’égalité était une attaque meurtrière contre l’être…

« Votre délire d’éga­li­té était une attaque meur­trière contre l’être, contre toutes ses richesses et ses valeurs ; c’était la soif de piller le monde divin et d’anéantir toute gran­deur ici-bas. L’esprit du néant vous anime, c’est lui qui vous a ins­pi­ré ces idées et ces pas­sions éga­li­taires. La loi de l’entropie, qui mène à la mort par une dif­fu­sion égale de la cha­leur, agit à tra­vers vous dans la vie sociale […] Exi­ger l’égalité abso­lue, c’est vou­loir retour­ner à l’état ori­gi­nel, chao­tique, téné­breux, au nivel­le­ment et à la non-dif­fé­ren­cia­tion ; c’est vou­loir le néant. L’exigence révo­lu­tion­naire du retour à l’égalité dans le néant est née du refus d’assumer les sacri­fices et les souf­frances par les­quels passe la voie de la vie supé­rieure. Voi­là la réac­tion la plus effrayante, la néga­tion du sens de tout le pro­ces­sus créa­teur du monde. L’enthousiasme de la révo­lu­tion est un enthou­siasme réac­tion­naire. L’exigence contrai­gnante de l’égalisation qui pro­cède de l’obscurité chao­tique est une ten­ta­tive pour détruire la struc­ture hié­rar­chique du cos­mos for­mé par la nais­sance créa­trice de la lumière dans les ténèbres ; c’est un essai pour détruire la per­sonne même de l’homme en tant que degré hié­rar­chique né dans l’inégalité ; c’est un atten­tat contre la place royale de l’homme dans l’ordre cos­mique. »

Nico­las Ber­diaev
De l’inégalité, Édi­tions L’Âge d’homme, 2008

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