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Citations sur la sainteté

Citations sur la sainteté : découvrez 4 citations de Maurice Barrès, Gustave Thibon, Ernst Jünger, Marcel Conche

En Jeanne nous voyons agir, à son insu…

« En Jeanne nous voyons agir, à son insu, les vieilles ima­gi­na­tions cel­tiques. Le paga­nisme sup­port et entoure cette sainte chré­tienne. La Pucelle honore les saints, mais d’ins­tinct elle pré­fère ceux qui abritent sous leurs vocable les fon­taines fées. Les diverses puis­sances reli­gieuses éparses dans cette val­lée meu­sienne, Jeanne les ramasse et les accorde, dût-elle en mou­rir par un effet de sa noblesse natu­relle… Fon­taines drui­diques, ruines latines et vieilles églises romanes forment un concert. (…) Autant que nous aurons un cœur cel­tique et chré­tien, nous ne ces­se­rons d’ai­mer cette fée dont nous avons fait une sainte. »

Mau­rice Bar­rès
L’œuvre de Mau­rice Bar­rès (Phi­lippe Bar­rès, Mau­rice Bar­rès), tome XII, édi­tions Au Club de l’hon­nête homme, 1967

Ce paysan est réaliste parce que sa connaissance…

« La néces­si­té d’un échange vital entre le sujet et l’ob­jet domine notre idée du réa­lisme… Ce pay­san est réa­liste parce que sa connais­sance, son amour et son tra­vail de la terre pro­cèdent d’un contact intime entre la terre et lui ; cet homme poli­tique est réa­liste parce que les lois qui régissent le fait social se reflètent fidè­le­ment dans son esprit ; et les saints sont les plus grands réa­listes parce qu’ils sont unis à la réa­li­té suprême. Inver­se­ment, nos pen­sées, nos affec­tions et nos actes sont enta­chés d’ir­réa­lisme lors­qu’ils ne sont pas nour­ris par un contact suf­fi­sant avec leur objet. Ce cita­din qui s’en­ivre d’un « retour à la terre » comme d’une idylle ou d’une fée­rie, ce poli­ti­cien qui croit qu’un chan­ge­ment d’ins­ti­tu­tions suf­fi­ra à rame­ner sur terre l’âge d’or, ce faux mys­tique au rayon​nement mal­sain sont irréa­listes parce qu’ils n’ont pas de liens vitaux avec la nature, avec l’homme, ou avec Dieu, et qu’ils sub­sti­tuent leurs rêves à la véri­té objec­tive. »

Gus­tave Thi­bon
L’ir­réa­lisme moderne, in Les hommes de l’é­ter­nel : Confé­rences au grand public (1940−1985), édi­tions Mame, Coll. Rai­sons d’Être, 2012

Le courage est toujours quelque chose de saint…

« Le cou­rage est tou­jours quelque chose de saint, un juge­ment divin entre deux idées. Défendre notre cause de plus en plus vigou­reu­se­ment est conforme à la nature humaine. Notre suprême rai­son d’être est donc de lut­ter ; on ne pos­sède vrai­ment que ce qu’on acquiert en com­bat­tant. »

Ernst Jün­ger
La Guerre notre Mère (Der Kampf als inneres Erleb­nis), 1922, trad. Jean Dahel, édi­tions Albin Michel, 1934

Le héros était l’idéal du Grec. Peut-on dire qu’il est sublime ?

« Le héros était l’idéal du Grec. Peut-on dire qu’il est sublime ? Achille est beau. Les héros, comme les dieux grecs sont beaux. Les meilleurs des Grecs sont beaux. Le sublime, me semble-t-il, appar­tient au chris­tia­nisme. Une église est sublime parce qu’elle tend vers l’infini, comme l’idéal chré­tien de la sain­te­té qui se réa­lise dans l’au-delà. Alors que le temple grec est beau parce que le dieu est là. Le temple est la demeure du dieu où son rayon­ne­ment se res­sent. »

Mar­cel Conche
Épi­cure en Cor­rèze, édi­tions Stock, 2014

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