« Dans le monde ger­ma­nique le héros est un idéal moral. Le chant qui lui est consa­cré n’est pas seule­ment un agréable passe-temps pour les heures de loi­sirs, il a en outre une signi­fi­ca­tion bien plus haute. Le chant héroïque devait offrir à l’antrustionnat du prince ger­ma­nique à la cour duquel il était décla­mé, dans une grande salle, un magni­fique exemple de ver­tus viriles que chaque guer­rier devait ten­ter d’égaler. C’est pré­ci­sé­ment cela qui donne à l’épopée héroïque sa valeur d’éternité : un type d’humanité qui s’y est en effet éle­vé au rang d’un modèle uni­ver­sel de prouesse guer­rière aux dimen­sions presque sur­hu­maines. »

Jan de Vries
L’univers men­tal des Ger­mains, édi­tions du Porte-glaive, 1988