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Citations sur l'idéal

Une idéologie de vieillards…

« À 18 ou à 20 ans, com­ment un gar­çon épris d’absolu, d’enga­ge­ment, de sacri­fice, de foi… pour­rait-il être démo­crate, sys­tème basé sur le com­pro­mis, le scep­ti­cisme et la rela­ti­vi­sa­tion des idées, la réduc­tion de toute chose aux petits inté­rêts et à la tran­quilli­té bour­geoise. C’est une idéo­lo­gie de vieillards et de ren­tiers, ima­gi­née par des bour­geois (des gens qui pensent bas­se­ment) pour leur satis­fac­tion propre. »

Domi­nique Venner
Car­nets rebelles – volume I, édi­tions de La Nou­velle Librai­rie, 2021

Les hommes ont besoin de donner du sens à leur vie…

« À la dif­fé­rence des autres mam­mi­fères, les hommes ont besoin de don­ner du sens à leur vie. Ils en ont besoin plus encore que de pain ou de riz. Ils n’existent que par les « repré­sen­ta­tions » qu’ils se font d’eux-mêmes, de l’existence et de ses fina­li­tés. Ces repré­sen­ta­tions changent selon les cultures, les croyances et les époques, seule leur néces­si­té est universelle. »

Domi­nique Venner
Le Choc de l’Histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

L’admiration de l’excellence humaine relève d’un éthos aristocratique…

« L’ad­mi­ra­tion de l’ex­cel­lence humaine relève d’un éthos aris­to­cra­tique. Il est peut-être un peu excen­trique de par­ler d’a­ris­to­cra­tie à notre époque, mais il convient de tenir compte de cette véri­té para­doxale : l’éga­li­té est elle-même un idéal aris­to­cra­tique. C’est l’i­déal de l’a­mi­tié entre ceux qui se tiennent à dis­tance de la masse et se recon­naissent entre eux comme des pairs. Cela peut concer­ner des pro­fes­sion­nels spé­cia­li­sés ou des tra­vailleurs sur un chan­tier. En revanche, l’i­déal bour­geois ne repose pas sur un prin­cipe d’éga­li­té, mais sur un prin­cipe d’é­qui­va­lence – sur l’i­dée d’une inter­chan­gea­bi­li­té qui efface les dif­fé­rences de rang. »

Mat­thew B. Crawford
Eloge du car­bu­ra­teur : Essai sur le sens et la valeur du tra­vail (Shop Class as Soul­craft : An Inqui­ry Into the Value of Work), 2009, trad. par Marc Saint-Upé­ry, édi­tions La Décou­verte, 2010

Affronter une mort certaine…

« Qu’il nous soit don­né (…) d’affronter les périls afin de chas­ser toutes divi­ni­tés mau­vaises et tous esprits pervers.
Qu’il nous soit don­né, for­geant entre nous ami­tié pro­fonde, de nous entrai­der comme des cama­rades, en affron­tant les périls aux­quels est expo­sée la patrie.
Qu’il nous soit son­né, sans cher­cher le pou­voir, sans sou­ci de récom­pense per­son­nelle, d’affronter une mort cer­taine pour deve­nir les pre­mières pierres de la Restauration. »

Yukio Mishi­ma
Che­vaux échap­pés, 1969, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard 1980, coll. Quar­to, 2004

Se dresser pour combattre sans rien d’autre que le sabre…

« Se dres­ser pour com­battre sans rien d’autre que le sabre, accep­ter jusqu’au risque d’une défaite écla­tante – c’était là l’unique moyen qu’avaient de s’exprimer les aspi­ra­tions fer­ventes de chaque membre de la Socié­té. C’était l’essence même du vaillant esprit de Yamato. »

Yukio Mishi­ma
Che­vaux échap­pés, 1969, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard 1980, coll. Quar­to, 2004

Le besoin où j’étais d’éduquer mon corps…

« Le besoin où j’étais d’éduquer mon corps aurait pu être pré­vu dès l’instant où je res­sen­tis l’attirance des don­nées pro­fondes de la sur­face. Je savais que la seule chose qui pou­vait for­ti­fier une telle idée c’était le muscle. Qui accorde la moindre atten­tion à un théo­ri­cien d’éducation phy­sique décrépit ? »

Yukio Mishi­ma
Le soleil et l’a­cier, 1968, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1973, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1993

Une beauté exempte absolument de toute corrosion…

« (…) Je conclus que si le pou­voir cor­ro­sif des mots avait quelque fonc­tion créa­trice, c’est dans la beau­té for­melle de ce « corps idéal » qu’il devait trou­ver un modèle, et que l’idéal, dans les arts du verbe, devait repo­ser uni­que­ment sur l’imitation de cette beau­té phy­sique, en d’autres termes, sur la pour­suite d’une beau­té exempte abso­lu­ment de toute corrosion. »

Yukio Mishi­ma
Le soleil et l’a­cier, 1968, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1973, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1993

C’était le moment ou jamais de ressusciter le vieil idéal japonais…

« Au cours de la période d’après-guerre, où étaient ren­ver­sées toutes les valeurs conve­nues, j’avais sou­vent pen­sé et fait part à autrui que c’était le moment ou jamais de res­sus­ci­ter le vieil idéal japo­nais, où se com­bi­naient les lettres et les arts guer­riers, l’art et l’action ? »

Yukio Mishi­ma
Le soleil et l’a­cier, 1968, trad. Tan­guy Kenec’hdu, édi­tions Gal­li­mard, coll. Du monde entier, 1973, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1993

Quelle honte pour le genre humain…

« En effet, l’Eu­rope qui s’é­ta­lait sous les yeux de Leon­tiev contras­tait avec celle de sa bien-aimée Renais­sance. Ne serait-il pas atroce et vexant de pen­ser que Moïse n’a gra­vi le Sinaï, que les Hel­lènes n’ont édi­fié leurs gra­cieuses Acro­poles, que les Romains n’ont fait les guerres puniques, que le génial, le superbe Alexandre, coif­fé d’un casque emplu­mé, n’a fran­chi le Gra­nique et com­bat­tu à Arbèles, que les apôtres n’ont prê­ché, les mar­tyrs souf­fert, les poètes chan­té, les peintres peint, les che­va­liers brillé dans les tour­nois, qu’à cette fin unique qu’un bour­geois fran­çais, alle­mand ou russe, affu­blé de ses habits ridi­cules et hideux, jouisse d’un confort indi­vi­duel” et col­lec­tif” sur les ruines de toute gran­deur pas­sée ?… Quelle honte pour le genre humain si ce vil idéal de l’u­ti­li­té com­mune, de la mes­qui­ne­rie du tra­vail et de l’i­gno­mi­nie du tran­tran devait triom­pher pour toujours !” »

Vla­di­mir Volkoff
Le com­plexe de Pro­custe, édi­tions Jul­liard – L’Âge d’Homme, 1981

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