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Si le genre humain” a incontestablement une réalité zoologique…

« Si le genre humain” a incon­tes­ta­ble­ment une réa­li­té zoo­lo­gique comme n’importe quelle espèce ani­male, il n’est, dans la réa­li­té his­to­rique, qu’une abs­trac­tion, une absurdité. »

Gior­gio Locchi
Wag­ner, Nietzsche et le mythe sur­hu­ma­niste, tra­duit de l’italien par Phi­lippe Baillet et Pier­lui­gi Loc­chi, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Ago­ra, 2022

La permanence de l’impermanent…

« Le nou­vel ordre pro­duc­tif a ins­ti­tué la per­ma­nence de l’impermanent. La requête du chan­ge­ment” a fini par affo­ler les hommes. En quelques décen­nies, l’organisation glo­bale a éri­gé l’innovation” en dogme. Tou­jours plus, tou­jours dif­fé­rent, tou­jours ailleurs. De là, néces­si­té de vivre vite. Puisque tout se trans­forme, on sera tou­jours en retard. Alors, sous la menace de l’obsolescence, le résul­tat ne sera jamais satis­fai­sant : frus­tra­tion, res­sen­ti­ment, vio­lence. La requête de la mise à jour” numé­rique trans­po­sée dans le champ anthro­po­lo­gique fait de l’His­toire une valse musette avec sub­sti­tu­tion de cava­lier à chaque mesure. »

Syl­vain Tesson
Blanc, édi­tions Gal­li­mard, 2022

La Raison, la faculté de penser…

« Nietzsche ne fait que remettre la Rai­son à sa place. Il la consi­dère, ain­si que nous pour­rions consi­dé­rer aujourd’hui un cer­veau élec­tro­nique”, comme une machine logique des­ti­née à nous ser­vir, qui reçoit de nous son infor­ma­tion et ne peut four­nir que les réponses conte­nues en puis­sance dans l’information reçue. Car ce n’est pas l’homme qui est au ser­vice d’une Rai­son abs­traite, uni­ver­selle et trans­cen­dante. C’est la Rai­son, la facul­té de pen­ser et d’agir logi­que­ment, qui est pla­cée au ser­vice de l’homme et de sa volon­té. En ce sens, toute affir­ma­tion est effec­ti­ve­ment arbi­traire, parce qu’elle est humaine, et que chaque homme repré­sente une pers­pec­tive unique ouverte sur l’univers des choses. »

Gior­gio Locchi
Défi­ni­tions. Les textes qui ont révo­lu­tion­né la culture non conforme, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Ago­ra, 2022

Le philosophe doit être un artiste…

« Nietzsche n’est pas un phi­lo­sophe comme les autres. Il ne veut pas l’être, et il le pro­clame hau­te­ment. Désor­mais, affirme-t-il, la tâche du phi­lo­sophe ne se borne plus à une simple réflexion sur le pas­sé ni à une orga­ni­sa­tion du savoir. Le phi­lo­sophe doit être un artiste qui fait de l’homme lui-même sa matière pre­mière. Il doit être celui qui assigne des buts à l’humanité et qui, grâce à son œuvre, la contraint à recher­cher les moyens d’y parvenir. »

Gior­gio Locchi
Défi­ni­tions. Les textes qui ont révo­lu­tion­né la culture non conforme, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Ago­ra, 2022

Sortir de la logique occidentale du gadget…

« Sor­tir de la logique occi­den­tale du gad­get, du débat entre bureau­crates qui confrontent des courbes sta­tis­tiques pour construire un sys­tème qui satis­fasse les exi­gences fon­da­men­tales de l’homme : telle est la mis­sion à laquelle nous nous sommes atte­lés à par­tir de ce moment. La poli­tique des pro­fon­deurs, jour et nuit, sans aucune interruption. »

Giu­lia­no da Empoli
Le mage du Krem­lin, édi­tions Gal­li­mard, 2022

Il y a chez l’homme moderne un besoin de simplification…

« Il y a chez l’homme moderne un besoin de sim­pli­fi­ca­tion qui tend à se satis­faire par tous les moyens. Et cette mono­to­nie arti­fi­cielle qu’il s’ef­force de créer, et cette mono­to­nie qui enva­hit de plus en plus le monde, cette mono­to­nie est le signe de notre gran­deur. Elle marque l’empreinte d’une volon­té, d’une volon­té uti­li­taire ; elle est l’ex­pres­sion d’une uni­té, d’une loi qui régit toute notre acti­vi­té moderne : la loi de l’utilité. »

Blaise Cen­drars
Mora­va­gine, 1926, édi­tions Gras­set, coll. Le Livre de Poche, 1956

Le bourgeois n’est pas une chose, c’est un être…

« Le bour­geois n’est pas une chose, c’est un être ; cer­taines res­sem­blances éloi­gnées ont d’a­bord fait croire qu’il appar­te­nait au genre homme ; en effet, il est bipède et bimane ; c’est ce qui a induit les natu­ra­listes en erreur. Des qua­dru­pèdes peuvent apprendre à mar­cher sur les pieds de der­rière, cela se voit tous les jours, les chiens savants en font preuve ; et cepen­dant, qui a jamais son­gé à dire que les chiens étaient des hommes ? »

Théo­phile Gautier
Mono­gra­phie du bour­geois pari­sien, in La Peau de tigre, Michel Lévy frères, 1866

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