Il y a non seulement la nature en dehors de l’homme…

« Comme le montre très bien Camus, il y a non seule­ment la nature en dehors de l’homme, dont l’écologie poli­tique s’est empa­rée, mais aus­si la nature en l’homme, qui n’est d’ailleurs ni bonne, ni mau­vaise. Sans ce contre­poids qu’est l’amour du monde et des hommes tels qu’ils sont, sans cette accep­ta­tion du tra­gique de l’existence humaine, la révolte s’adosse à un pro­jet de sub­ver­sion, de décons­truc­tion, ou bien de des­truc­tion, comme les tota­li­ta­rismes qui ont cher­ché à saper tous les fon­de­ments anthro­po­lo­giques des socié­tés humaines pour fabri­quer de toutes pièces un homme nou­veau, libé­ré des entraves du pas­sé. »

Jacques Dewitte
« L’esprit conser­va­teur est le sou­ci de ce qui tient ensemble le monde de manière invi­sible », Limite, 12 mai 2016

Si le mouvement écologique est une prise de conscience…

« Si le mou­ve­ment éco­lo­gique est une prise de conscience de la déme­sure tech­no­lo­gique, cette conscience devrait s’étendre aux limites inhé­rentes à la condi­tion humaine et ne pas adhé­rer aux pro­jets divers mais conver­gents, qui vou­draient s’en prendre à la condi­tion sexuée, à l’énigme de la nais­sance et à la condi­tion mor­telle, qui favo­risent le carac­tère inter­chan­geable de toute chose et de tout être. Je constate aus­si qu’une autre branche de l’écologie, qui s’exprime chez les défen­seurs de la cause ani­male”, mani­feste fré­quem­ment une véri­table haine de l’humanité. »

Jacques Dewitte
« L’esprit conser­va­teur est le sou­ci de ce qui tient ensemble le monde de manière invi­sible », Limite, 12 mai 2016

Le sauvage protège…

« Le sau­vage pro­tège, le sau­vage soigne les maux d’une socié­té tech­ni­cienne et son grand retour fera de nous de véri­tables hommes aug­men­tés. »

Sté­phan Car­bon­naux
« Pour une école de la diplo­ma­tie éco­lo­gique à la fran­çaise », Élé­ments n°175, décembre-jan­vier 2019

Il ne s’agit certes pas de le domestiquer…

« Il ne s’agit certes pas de le domes­ti­quer, mais de se fami­lia­ri­ser à nou­veau avec le loup, de retrou­ver la fami­lia­ri­té avec tous les ani­maux sau­vages, avec toute une nature sau­vage qui n’est pas contre l’homme ni hors de lui, mais autour de lui, avec lui et en lui. »

Falk van Gaver
« Qui veut la peau des grands pré­da­teurs ? Au loup ! », Élé­ments n°170, février-mars 2018

C’est aussi en posant des limites à notre emprise…

« Ce n’est pas sim­ple­ment en vou­lant opti­mi­ser nos rela­tions avec notre habi­tat (par une ges­tion durable des éco­sys­tèmes) que nous nous sau­ve­rons. C’est aus­si en posant des limites à notre emprise, en res­pec­tant l’espace du sau­vage pour ce qu’il est, en posant un regard gra­tuit et, en un sens, fra­ter­nel sur le loup, le lynx et l’ours des Pyré­nées, sur le san­glier et le cra­paud accou­cheur, sur la chouette de teng­malm et l’azuré des paluds. Ain­si seule­ment, nous appro­che­rons peut-être, un peu mieux, ce que nous sommes et la signi­fi­ca­tion de notre appar­te­nance au monde. Médi­tons les vers d’Hölderlin : C’est en poète que l’homme habite sur cette terre.” »

Fabien Niez­go­da
Le sens de l’é­co­lo­gie poli­tique : une vision par delà droite et gauche, édi­tions Sang de la Terre, 2017

N’aborder la nature que dans le rapport utilitaire…

« N’aborder la nature que dans le rap­port uti­li­taire que l’homme peut entre­te­nir avec elle est pour­tant très pro­blé­ma­tique, y com­pris pour l’homme lui-même, comme j’ai cher­ché à le mon­trer pré­cé­dem­ment en m’appuyant sur la phi­lo­so­phie de Hei­deg­ger. Quoi qu’il en soit, entrer dans la logique comp­table de l’intérêt et ne pas accor­der à la nature une valeur intrin­sèque, c’est ris­quer de la voir pas­ser par pertes et pro­fits. L’évaluation de l’avantage résul­tant de la pré­ser­va­tion d’un espace natu­rel peut très bien esti­mer cet avan­tage infé­rieur à celui d’une exploi­ta­tion à court terme ou d’une des­truc­tion pure et simple. »

Fabien Niez­go­da
Le sens de l’é­co­lo­gie poli­tique : une vision par delà droite et gauche, édi­tions Sang de la Terre, 2017

Les Anciens et les médiévaux habitaient un cosmos…

« Les Anciens et les médié­vaux habi­taient un cos­mos, c’est-à-dire, au sens pre­mier du terme grec, un ensemble ordon­né et har­mo­nieux, où il reve­nait à l’homme de jouer sa propre par­tie. Les Modernes se trouvent pla­cés dans un uni­vers sans qua­li­tés” – démo­ra­li­sé”, pour reprendre l’expression de Rémi Brague – qu’ils sont appe­lés à exploi­ter pour satis­faire leurs dési­rs. À l’exploitation de la nature, les Verts entendent sub­sti­tuer sa pro­tec­tion : on pré­tend tout chan­ger, mais le para­digme ges­tion­naire demeure. »

Oli­vier Rey
L’écologie ne se résume pas à la trot­ti­nette et aux éoliennes, entre­tien au Figa­ro, pro­pos recueillis par Alexandre Devec­chio, 10 juillet 2020

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