Toute censure est un aveu…
« Toute censure est un aveu. On ne bâillonne que la bouche qui dit vrai. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983

Auteur français
Pierre Gripari, né à Paris le 7 janvier 1925 et mort dans cette ville le 23 décembre 1990, est un écrivain français. Excellent connaisseur des patrimoines littéraires nationaux, il sut mettre à profit les mythes et le folklore populaire, sans dédaigner les récits fantastiques et la science-fiction. Son parcours est également marqué par de constants engagements politiques. D’abord communiste de tendance stalinienne, il s’est ensuite rapproché des milieux de droite nationale, devenant notamment membre du mouvement Europe-Action. Pierre Gripari fut par la suite membre du GRECE, figurant au comité de patronage de la revue Nouvelle École.
« Toute censure est un aveu. On ne bâillonne que la bouche qui dit vrai. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« Les peuples colonisés ne pouvaient plus supporter les Européens. Le malheur, c’est qu’ils peuvent encore moins se supporter eux-mêmes. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« L’artiste ne doit pas se marier : ni avec une femme, ni avec une église, ni avec un parti. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« C’est le Zola de Germinal qui a raison, et Karl Marx qui raisonne comme un Philistin. L’ouvrier véritable ne désire qu’une chose : devenir artisan, s’établir à son compte. Il n’a pas le moindre goût pour la caserne socialiste. Le socialisme est, par nature, une idée de bourgeois. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« J’ai mille fois plus de respect pour le bon banlieusard qui se fout du cambouis jusqu’aux yeux parce qu’il aime vraiment la mécanique que pour le bon con ouvrier “évolué” qui se contrait à lire Madame Triolet. »
Pierre Gripari Frère Gaucher ou le voyage en Chine, éditions L'Âge d'Homme, 1975
« Le problème de la sagesse est justement de trouver la joie de vivre dans le monde tel qu’il est, et non dans un fantôme de monde conforme à nos désirs. »
Pierre Gripari Frère Gaucher ou le voyage en Chine, éditions L'Âge d'Homme, 1975
« Si tu ne veux pas que la gauche trahisse, ne lui donne pas le pouvoir. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« Tu es, par nature, un clairvoyant, donc un pessimiste. Apprends maintenant à être un pessimiste gai, ou, ce qui est la même chose, un optimiste sans illusions. »
Pierre Gripari Frère gaucher ou le voyage en Chine, éditions L’Âge d’Homme, 1975
« L’oisiveté, pour l’homme, est une prison. »
Pierre Gripari Les derniers jours de l’éternel, éditions L’Âge d’Homme, 1990
« Il y a, c’est certain, des nuées de mondes possibles ; mais un monde raisonnable, cela n’existe pas. »
Pierre Gripari Vies parallèles de Roman Branchu, éditions L'Age d'Homme, 1978
« Les gens qui jugent un écrivain sur ses sentiments religieux, ou sur la couleur de son bulletin de vote, sont des gens qui ne savent pas ce que c’est que lire. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« On n’a jamais su ce qu’était devenu le corps de Mozart, mais on a empaillé la charogne de Lénine. Et c’est très bien ainsi. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« Lorsqu’un jeune bourgeois “va au peuple”, il lui faut surmonter deux tentations : la première tient à ce qu’on peut appeler ses habitudes de caste : répugnance et dégoût devant le travail manuel, la saleté, la sueur, la pauvreté et, il faut bien le dire aussi, l’étroitesse petite-bourgeoise qui tient lieu de vertu aux… »
Pierre Gripari La Scierie (préface), éditions L'Âge d'Homme, 1975
« En aucun cas l’individu n’est un commencement absolu. Sa vision du monde correspond toujours à une réalité. Mais cette réalité est toujours déformée, car le miroir parfaitement plan n’est pas de ce monde. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« L’homme en sait trop pour être heureux. C’est son malheur. C’est aussi sa noblesse.»
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« Le simple jeu de l’imagination, cette faculté que nous avons de créer, par des mots, un monde irréel, et de l’imposer, ne serait-ce que fugitivement, à l’esprit d’autrui, c’est une sorte de sport, aussi satisfaisant, à sa manière, que celui qui consiste à feindre une petite guerre entre deux équipes dont chacune s’efforce de rejeter, dans le camp adverse, un ballon ovale ou un ballon rond. »
Pierre Gripari Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
« « À côté des âneries du “réalisme socialiste” s’est développé, dans des circonstances dramatiques, un “underground” est-européen d’une vitalité saisissante, et d’une extraordinaire qualité. Quatre au moins, parmi les plus grands écrivains du siècle, nous viennent des pays communistes : les Russes Boulgakov, Siniavski… »
Pierre Gripari Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
« Certes l’Amérique exporte beaucoup de camelote, mais le roman de série noire et la science-fiction sont des genres bien vivants, qui ont sorti le roman contemporain du bourbier naturaliste et lui ont redonné un certain sens du mythe, de la grandeur. »
Pierre Gripari Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
« On ne le dira jamais assez, nous sommes les grands vaincus de 1944, et le vainqueur, notre ennemi, c’est la Sainte-Alliance des banquiers de Wall Street et des bureaucrates staliniens. »
Pierre Gripari Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
« Tel est le romantisme : une passionnante plongée dans le subconscient européen, un inventaire, non encore exhaustif, mais déjà d’une richesse incroyable, de notre domaine culturel. Après cela, l’Europe se consolide sous la forme que nous lui connaissons : bourgeoise, mercantile, colonialiste, démocratisante, niveleuse, nationaliste… »
Pierre Gripari Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
« Sur le champ de bataille d’Azincourt, la noblesse féodale, imbue d’idéal chevaleresque, a été battue à plate couture par une Angleterre déjà mercantile, qui s’embarrasse fort peu de courtoisie. La France ne se relèvera qu’avec Louis XI, le roi des marchands. »
Pierre Gripari Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
« « L’Europe est née d’une catastrophe. Avant elle, il y avait l’Empire romain, empire méditerranéen, donc maritime et non continental. Bien avant sa chute, il s’était divisé, déjà, en deux parties culturellement distinctes : l’Empire d’Orient qui parlait grec, et l’Empire d’Occident qui parlait latin — l’un et l’autre… »
Pierre Gripari Critique et autocritique, éditions L’Âge d’Homme, 1981
« Il ne suffit pas à l’homme de ne pas souffrir, il a besoin de donner, de se donner. Celui qui n’a rien à donner, le pur consommateur, celui-là est un pauvre type, un être déséquilibré. »
Pierre Gripari Cité dans Gripari mode d'emploi (Alain Paucard), éditions L’Âge d’Homme, 1985
« Le chauvinisme, c’est la doctrine des buveurs de vin chaud.
Le racisme, c’est la doctrine des mangeurs de pain rassis. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« Un bon livre n’est jamais une copie de la réalité. Mais il est, par lui-même, une réalité. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
« Comparé à l’essai, le recueil de maximes représente quelque chose comme une boîte de bonbons comparée à un repas ordinaire. C’est moins équilibré, moins nutritif, peut-être, mais cela dure plus longtemps, on y revient plusieurs fois… avec, cependant, une différence : les maximes ne gâtent pas les dents, et les petits écrits ne font pas grossir. »
Pierre Gripari Reflets et réflexes, éditions L'Âge d'Homme, 1983
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