La Fille aînée de l’Église n’est pas seule…

« Heu­reu­se­ment, la Fille aînée de l’Église n’est pas seule. La Pro­vi­dence s’est mani­fes­tée avec une force inha­bi­tuelle au cours de l’histoire de notre nation, depuis le bap­tême et le cou­ron­ne­ment de Clo­vis, la sain­te­té de Louis IX, l’onction du sacre, l’ardente volon­té de Louis XIII de consa­crer la France à Notre-Dame de l’As­somp­tion. Avec Jeanne d’Arc, le des­tin éli­ra une per­sonne humble, pour que la France puisse tenir ses pro­messes de fidé­li­té. Une pay­sanne, sans expé­rience mili­taire ou poli­tique, pour réa­li­ser un double exploit inex­pli­cable : chas­ser les enne­mis du royaume en redon­nant à tous les Fran­çais la digni­té per­due et la foi. »

Louis Alphonse de Bour­bon
Mes­sage de Mon­sei­gneur le Duc d’An­jou pour la Fête natio­nale de Jeanne d’Arc, legitimite.fr, 10 mai 2020

Les dieux ne sont pas morts : seule est morte notre perception…

« Les dieux ne sont pas morts : seule est morte notre per­cep­tion des dieux. Ils ne sont pas par­tis : nous avons ces­sé de les voir […] Mais ils conti­nuent d’être là et de vivre comme ils ont tou­jours vécu, dans la même per­fec­tion et la même séré­ni­té. »

Fer­nan­do Pes­soa
Le livre de l’intranquillité (Livro do Desas­sos­se­go por Ber­nar­do Soares, 2 vol.),1982 (post­hume), trad. Fran­çoise Laye, Chris­tian Bour­geois édi­teur, 2 vol., 1988 – 1992

Ce tournant exigera de nous une flamme spirituelle…

« Le monde, aujourd’hui, est à la veille sinon de sa propre perte, du moins d’un tour­nant de l’Histoire qui ne le cède en rien en impor­tance au tour­nant du Moyen Âge sur la Renais­sance : ce tour­nant exi­ge­ra de nous une flamme spi­ri­tuelle, une mon­tée vers une nou­velle hau­teur de vues, vers un nou­veau mode de vie où ne sera plus livrée à la malé­dic­tion, comme au Moyen Âge, notre nature phy­sique, mais où ne sera pas non plus fou­lée aux pieds, comme dans l’ère moderne, notre nature spi­ri­tuelle. »

Alexandre Sol­je­nit­syne
Le déclin du cou­rage, dis­cours à l’université de Har­vard du 8 juin 1978, trad. Gene­viève et José Johan­net, édi­tions Les Belles Lettres, 2014

La corporation est une communauté de vie…

« La cor­po­ra­tion n’est pas indé­pen­dante du corps poli­tique, mais en est un com­po­sant fonc­tion­nel. À ce titre éga­le­ment, la com­mu­nau­té de métiers ne limite pas son rôle aux seuls aspects éco­no­miques, mais s’in­tègre dans la vie sociale et reli­gieuse : chaque cor­po­ra­tion a son saint patron, ses propres fêtes (ce qui explique que juifs et musul­mans en soient exclus). Pour ses membres, la cor­po­ra­tion est une com­mu­nau­té de vie ; elle joue, dans le monde urbain, le rôle rem­pli par la com­mu­nau­té vil­la­geoise dans le monde rural. »

Guillaume Tra­vers
Éco­no­mie médié­vale et socié­té féo­dale. Un temps de renou­veau pour l’Eu­rope, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

Je n’ai jamais été attiré par l’absolutisme des religions monothéistes…

« Je me suis tou­jours ins­tinc­ti­ve­ment méfié du monde désen­chan­té ven­du par la socié­té occi­den­tale moderne comme l’étape ultime d’une libé­ra­tion per­son­nelle. D’un autre côté, je n’ai jamais été atti­ré par l’absolutisme des reli­gions mono­théistes.
Chez les Kalash, j’ai décou­vert un paga­nisme jubi­la­toire, chaud et vivant, s’adressant au cœur et tou­chant l’âme. J’ai eu alors le regret sin­cère et pro­fond, que cette façon de voir et de vivre, qui était aus­si la nôtre de nom­breux siècles plus tôt, ait dis­pa­ru. »

Erik L’Homme
Des pas dans la neige. Aven­tures au Pakis­tan, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Pôle fic­tion, 2010

On enterre à la pelle, plus au goupillon…

« Jadis, quand il y avait un grand mal­heur dans la cité, jusqu’à Paul Rey­naud en 1940 qui alla à pied récla­mer un miracle à Notre-Dame, on se pré­ci­pi­tait dans les églises. Les curés se pro­me­naient avec le Saint Sacre­ment, asper­geaient les rues et les malades, les appels à la prière étaient par­tout. (…) Aujourd’hui, les com­mu­ni­qués épis­co­paux ont revê­tu à leur tour la phra­séo­lo­gie du com­mun : La San­té est le pre­mier de nos biens com­muns”. Il y a même des évêques qui viennent d’interdire aux per­sonnes âgées de plus de 70 ans de par­ti­ci­per aux enter­re­ments. On enterre à la pelle, plus au gou­pillon. Et Lourdes ferme ses portes. Il n’y a plus de miracle. On ferme la grotte, on éteint les cierges. On confine Ber­na­dette. Ren­ver­se­ment de pers­pec­tive qui ne sera pas sans consé­quence. Foin de la pié­té popu­laire et des cierges de sup­pli­ca­tion. Quand on entend les appels à de nou­velles voca­tions, je me dis par-devers moi : une Église qui ferme ses églises ne peut sus­ci­ter qu’une sorte de voca­tion : la voca­tion de ser­ru­rier. »

Phi­lippe de Vil­liers
Le nou­veau monde est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus, entre­tien avec Bas­tien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020

À l’ère des plus grandes machines à bourlinguer, l’Acropole d’Athènes…

« À l’ère des plus grandes machines à bour­lin­guer, l’Acropole d’Athènes reçoit chaque année plus de visi­teurs qu’elle n’en accueillit durant le total des vingt-cinq siècles qui pré­cé­dèrent, au cours de ces époques bénies où elle était encore debout, vivante et fière. Ce pour­rait être une conso­la­tion. Mais il faut se méfier des nombres. Ils sont trom­peurs, jusque sur l’Acropole. Com­bien de voya­geurs y viennent encore prier ? Et quels dieux ? Le scin­tille­ment du soleil pro­pose une réponse : il rosit chaque soir de ses teintes mor­do­rées les bleus épars du ciel cou­chant. »

Jean-Fran­çois Gau­tier
À pro­pos des Dieux. L’esprit des poly­théismes, La Nou­velle Librai­rie édi­tions, Coll. Longue Mémoire, 2020

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