Le paysan a un triple rôle…

« Le pay­san a un triple rôle : un rôle éco­no­mique, nour­rir la socié­té, c’est un rôle de sou­ve­rai­ne­té poli­tique. Il a aus­si un rôle eth­nique, l’agriculture a un pou­voir assi­mi­la­teur extra­or­di­naire. Le pay­san a un rôle éco­lo­gique, c’est grâce à lui que la nature est habitable. »

Ray­mond Delatouche
Le pay­san révol­té : entre­tiens avec Ray­mond Dela­touche, édi­tions Mame, coll. Tra­jec­toires, 1993

Le fric qui efface paysages et pays est un phénomène bactérien…

« Le fric qui efface pay­sages et pays est un phé­no­mène bac­té­rien, cor­rup­teur et des­truc­teur. Aux biens natu­rels, au plai­sir de l’œuvre per­son­nelle, il sub­sti­tue ses fan­tasmes qui se suc­cèdent sur l’écran de télé qu’on offre au peuple en guise de vie. Les vraies richesses qui sont le fruit de la terre ou le don de l’homme, le fric si prompt à nous en pri­ver, est impuis­sant à nous les don­ner. Vrai­ment, où va le fric ? Ques­tion stu­pide : au fric. »

Ber­nard Charbonneau
Il court, il court le fric…, édi­tions Opales, 1996

La liquidation de l’agriculture et des campagnes par l’agrochimie…

« La liqui­da­tion de l’agriculture et des cam­pagnes par l’agrochimie signi­fie qu’elle est en train d’effacer les der­nières traces de para­dis sur terre : ce qui reste de nature et de biens gra­tuits, d’autarcie per­son­nelle ou fami­liale, de joie et d’espaces libres dont on peut dis­po­ser sans pas­ser à la caisse. »

Ber­nard Charbonneau
Il court, il court le fric…, édi­tions Opales, 1996

Le curé ressemblait au maire…

« Le curé res­sem­blait au maire, sauf qu’il n’a­vait pas de mous­taches. C’é­tait en effet, de par la fonc­tion, son frère jumeau. C’est ain­si que fonc­tionne le monde : dans chaque vil­lage, dans chaque cam­pe­ment, il y a un sor­cier et un chef. Ils se détestent, mais sont com­plices, et les bonnes gens ont bien besoin d’eux. »

Pierre Drieu la Rochelle
La Comé­die de Char­le­roi, 1934, édi­tions Gal­li­mard, coll. L’Imaginaire, 1996

Ils avaient concentré sur eux…

« Pen­dant des siècles et même des mil­lé­naires, ils avaient concen­tré sur eux toutes les ter­reurs des cam­pagnes pro­fondes où l’on col­por­tait sur leur compte des his­toires à vous gla­cer le sang. Ain­si, tout en effrayant le Gévau­dan, les loups ont-ils han­té les fan­tasmes de maints petits cha­pe­rons rouges, peu­plant aus­si l’imaginaire d’hommes et de gar­çons que sédui­sait leur répu­ta­tion de fier­té sau­vage et indomp­tée. Les Romains ne furent pas les seuls à se pro­cla­mer fils de la louve”. Incor­po­ré vers l’âge de huit ans dans une meute de lou­ve­teaux”, je me suis ini­tié à la fra­ter­ni­té des loups que nous ensei­gnait Rudyard Kipling. Il m’en est res­té quelque chose. »

Domi­nique Venner
Dic­tion­naire amou­reux de la chasse, édi­tions Plon, coll. Dic­tion­naire amou­reux, 2006

Qui ne sait le charme des landes ?

« Qui ne sait le charme des landes ?… Il n’y a peut-être que les pay­sages mari­times, la mer et ses grèves, qui aient un carac­tère aus­si expres­sif et qui vous émeuvent davan­tage. Elles sont comme les lam­beaux, lais­sés sur le sol, d’une poé­sie pri­mi­tive et sau­vage que la main et la herse de l’homme ont déchi­rée. Haillons sacrés qui dis­pa­raî­tront au pre­mier jour sous le souffle de l’industrialisme moderne ; car notre époque, gros­siè­re­ment maté­ria­liste et uti­li­taire, a pour pré­ten­tion de faire dis­pa­raître toute espèce de friche et de brous­sailles aus­si bien du globe que de l’âme humaine. »

Jules Bar­bey d’Aurevilly
L’En­sor­ce­lée, 1852, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

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