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Ernst von Salomon

Ernst Friedrich Karl von Salomon est un écrivain allemand né le 25 septembre 1902 à Kiel et décédé le 9 août 1972 à Winsen, près de Hambourg. Il a d'abord été membre des Freikorps dans l'immédiat après-guerre et est devenu une des figures majeures de la Révolution conservatrice. Il s'est cependant tenu à l'écart de la vie politique sous le Troisième Reich et après la Guerre. Son livre le plus célèbre, Le Questionnaire, paru en 1951, a été le porte-voix d'un sentiment d’exaspération des Allemands face à l'absurdité de l'occupation alliée.

Découvrez 5 citations d’Ernst von Salomon

Ils comprirent subitement qu’un nouveau vouloir demande de nouvelles lois…

« Ils com­prirent subi­te­ment qu’un nou­veau vou­loir demande de nou­velles lois, des lois qui se for­mu­laient dans les cer­veaux inlas­sa­ble­ment en tra­vail de ces lut­teurs soli­taires, et qui les char­geaient d’une si mons­trueuse res­pon­sa­bi­li­té que seuls pou­vaient l’assumer ceux qui étaient dis­po­sés à se don­ner sans res­tric­tion. […] Ce sont les hommes qui décident et non pas les faits. »

Ernst von Salo­mon
Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1930, trad. Andh­rée Vaillant et Jean Kucken­berg, édi­tions Plon, coll. Feux croi­sés, 1931

Tout cela avait perdu sa valeur, tout cela appartenait au temps des victoires…

« Tout cela avait per­du sa valeur, tout cela appar­te­nait au temps des vic­toires, lorsque les dra­peaux pen­daient à toutes les fenêtres. Main­te­nant il n’y avait plus de vic­toires, main­te­nant les dra­peaux avaient per­du leur radieuse signi­fi­ca­tion, main­te­nant, à cette heure trouble où tout s’écroulait, la voie à laquelle j’avais été des­ti­né était deve­nue impra­ti­cable, main­te­nant je me trou­vais, sans pou­voir m’en sai­sir, en face de choses nou­velles, en face de choses qui accou­raient de toutes parts, de choses sans forme, où ne vibrait aucun appel clair, aucune cer­ti­tude qui péné­trait irré­sis­ti­ble­ment le cer­veau, sauf une pour­tant, celle que ce monde où j’étais enra­ci­né, que je n’avais eu ni à accep­ter ni à adop­ter, et dont j’étais une par­celle, allait s’effondrer défi­ni­ti­ve­ment, irré­vo­ca­ble­ment, et qu’il ne res­sus­ci­te­rait pas, qu’il ne renaî­trait jamais. […]
La désa­gré­ga­tion de l’ancien ordre jointe au déchaî­ne­ment des convoi­tises et des dési­rs les plus pro­fonds, les plus secrets, et au relâ­che­ment de tous les liens, fai­sait que tous s’éloignaient les uns des autres et il ne sem­blait plus néces­saire à per­sonne de dis­si­mu­ler le véri­table fond de son être. […] Et tous avaient rai­son, cette dam­née rai­son était de leur côté, et ils usaient de rai­son­ne­ments sages et mesu­rés pour étran­gler toute pro­tes­ta­tion, tout brû­lant enthou­siasme. […]
Plus de choses s’étaient anéan­ties pour nous que les seules valeurs que nous avions tenues dans la main. Pour nous s’était aus­si bri­sée la gangue qui nous rete­nait pri­son­niers. La chaîne s’était rom­pue, nous étions libres. Notre sang, sou­dain en effer­ves­cence, nous jetait dans l’ivresse et l’aventure, nous jetait à tra­vers l’espace et le péril, mais il pous­sait aus­si l’un vers l’autre ceux qui s’étaient recon­nus parents jusqu’au plus pro­fond de leurs fibres. Nous étions une ligue de guer­riers, impré­gnés de toute la pas­sion du monde, farouches dans le désir, joyeux dans nos haines comme dans nos amours. […] Si jamais du nou­veau vient au monde, c’est bien du chaos qu’il sur­git, à ces moments où la misère rend la vie plus pro­fonde, où, dans une atmo­sphère sur­chauf­fée, se consume ce qui ne peut pas sub­sis­ter et se puri­fie ce qui doit vaincre. Dans cette masse en ébul­li­tion, en fer­men­ta­tion, nous pou­vions jeter nos dési­rs et nous pou­vions voir s’élever la vapeur de nos espoirs. »

Ernst von Salo­mon
Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1930, trad. Andh­rée Vaillant et Jean Kucken­berg, édi­tions Plon, coll. Feux croi­sés, 1931

L’Allemagne brûlait sourdement dans quelques cerveaux hardis…

« L’Allemagne brû­lait sour­de­ment dans quelques cer­veaux har­dis. […] L’Allemagne était là où on lut­tait pour elle ; elle se mon­trait là où des enne­mis en armes vou­laient s’emparer de ses biens, elle brillait d’un éclat radieux là où ceux qui étaient péné­trés de son esprit ris­quaient pour elle le der­nier enjeu. »

Ernst von Salo­mon
Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1930, trad. Andh­rée Vaillant et Jean Kucken­berg, édi­tions Plon, coll. Feux croi­sés, 1931

Nous ne luttons pas pour que le peuple devienne heureux. Nous…

« Nous ne lut­tons pas pour que le peuple devienne heu­reux. Nous lut­tons pour lui impo­ser une des­ti­née. »

Ernst von Salo­mon
Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1930, trad. Andh­rée Vaillant et Jean Kucken­berg, édi­tions Plon, coll. Feux croi­sés, 1931

Par l’action, on devient autre…

« Par l’action, on devient autre. On s’arrache à soi. On se change en chan­geant le monde. »

Ernst von Salo­mon
Cité par Roger Sté­phane in Por­trait de l’aventurier, Édi­tions Gras­set, 1986

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