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Citations sur l'Allemagne

Il faut sauver l’idéologie…

« Aujourd’hui, tous les pays euro­péens, y com­pris l’Allemagne, ont réta­bli leurs contrôles aux fron­tières. Seule la France se pré­oc­cupe de sau­ver le sol­dat Schen­gen”. C’est dire la puis­sance de l’idéologie, quand on pré­fère les morts du coro­na­vi­rus à la véri­té pro­tec­trice. Les belles âmes du Nou­veau Monde” à l’agonie pré­fèrent encore avoir tort avec le coro­na­vi­rus que rai­son avec les sou­ve­rai­nistes. Quoi qu’il arrive, il ne s’agit pas, selon eux, de sau­ver les malades, il faut sau­ver l’idéologie. Mais le Réel, qui est impi­toyable quand il tient à pleine main la faux du tré­pas, vient contra­rier leurs cer­ti­tudes et ino­cu­ler le doute dans leurs syl­lo­gismes mor­ti­fères. »

Phi­lippe de Vil­liers
Le nou­veau monde est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus, entre­tien avec Bas­tien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020

Il regardait ses pieds…

« Il regar­dait ses pieds qui pas à pas le rap­pro­chaient de sa mai­son. En Rus­sie aus­si il regar­dait ses pieds en mar­chant dans la steppe ; aus­si en Alba­nie, en Pologne, en Alle­magne. Même les pas qui l’avaient éloi­gné étaient des pas pour reve­nir. De temps à autre il levait les yeux pour regar­der la route qu’il lui res­tait à faire : les petites lignes droites lui sem­blaient très longues et les mon­tagnes encore bien loin. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

Le message de Jean Scot Erigène…

« Le mes­sage de Jean Scot Eri­gène, et à tra­vers lui des pen­seurs néo­pla­to­ni­ciens, n’a jamais ces­sé de tra­vailler sou­ter­rai­ne­ment la conscience occi­den­tale, des flam­boie­ments de la mys­tique rhé­nane à la grande insur­rec­tion du roman­tisme alle­mand, en pas­sant par Jacob Boehme et William Blake. Plus près de nous, c’est sa redé­cou­verte par Yeats qui, de l’aveu même du poète, don­na à la Renais­sance irlan­daise son élan et sa pro­fon­deur. »

Michel Le Bris
Jean Scot Eri­gène, dis­si­dent cel­tique en Europe, in L’Irlande ou les musiques de l’âme, Asso­cia­tion Artus, édi­tions Ouest-France, 1995

L’Allemagne brûlait sourdement dans quelques cerveaux hardis…

« L’Allemagne brû­lait sour­de­ment dans quelques cer­veaux har­dis. […] L’Allemagne était là où on lut­tait pour elle ; elle se mon­trait là où des enne­mis en armes vou­laient s’emparer de ses biens, elle brillait d’un éclat radieux là où ceux qui étaient péné­trés de son esprit ris­quaient pour elle le der­nier enjeu. »

Ernst von Salo­mon
Les Réprou­vés (Die Geäch­te­ten), 1930, trad. Andh­rée Vaillant et Jean Kucken­berg, édi­tions Plon, coll. Feux croi­sés, 1931

Dans le monde germanique le héros est un idéal moral…

« Dans le monde ger­ma­nique le héros est un idéal moral. Le chant qui lui est consa­cré n’est pas seule­ment un agréable passe-temps pour les heures de loi­sirs, il a en outre une signi­fi­ca­tion bien plus haute. Le chant héroïque devait offrir à l’antrustionnat du prince ger­ma­nique à la cour duquel il était décla­mé, dans une grande salle, un magni­fique exemple de ver­tus viriles que chaque guer­rier devait ten­ter d’égaler. C’est pré­ci­sé­ment cela qui donne à l’épopée héroïque sa valeur d’éternité : un type d’humanité qui s’y est en effet éle­vé au rang d’un modèle uni­ver­sel de prouesse guer­rière aux dimen­sions presque sur­hu­maines. »

Jan de Vries
L’univers men­tal des Ger­mains, édi­tions du Porte-glaive, 1988

Les hommes des corps-francs sont les fils de la guerre…

« Les hommes des corps-francs sont les fils de la guerre, de la défaite et de la révo­lu­tion de novembre. Ils sont direc­te­ment appa­ren­tés aux ardi­ti de Fiume et aux squa­dristes qui sur­gissent un peu plus tard en Ita­lie, consti­tuant un type d’homme bien spé­ci­fique qu’on ne rever­ra plus. Ils ont été façon­nés d’abord par les com­bats des tran­chées de la guerre. Celle-ci avait trié entre les hommes que l’épreuve a ner­veu­se­ment ou mora­le­ment écra­sés, et ceux qui en sont sor­tis plus forts et plus durs qu’avant. Par­lant d’eux, Jün­ger les com­pa­re­ra aux lans­que­nets d’autrefois qui n’avaient plus d’autre patrie que leur dra­peau. Ce sont des hommes chez qui la guerre a abo­li toute dif­fé­rence sociale, les éga­li­sant selon un stan­dard sans sup­port avec celui de la vie civile. Ils ont rem­pla­cé les dis­tinc­tions de classe par celle de l’audace et du cou­rage. Et cette nou­velle échelle de valeurs, ils vou­dront plus tard la trans­po­ser dans la vie civile d’après-guerre. À leur façon ce sont des socia­listes. Mais leur socia­lisme est mili­taire, sans lien avec la recherche de la sécu­ri­té et du bon­heur maté­riel. Ils ne recon­naissent plus d’autre hié­rar­chie que celle du mérite. Tous par­tagent la même foi dans le pou­voir de la volon­té et un goût évident pour les méthodes expé­di­tives.
En eux ne se résume sans doute pas toute l’essence du fas­cisme et du natio­nal-socia­lisme, mais ils en portent une part fon­da­trice dans la mesure où ils incarnent la révolte la plus radi­cale contre le monde bour­geois de leur temps. »

Domi­nique Ven­ner
Le Siècle de 1914 : Uto­pies, guerres et révo­lu­tions en Europe au XXe siècle, édi­tions Pyg­ma­lion, coll. His­toire, 2006

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