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François-René de Chateaubriand

François-René, vicomte de Chateaubriand, né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 et mort à Paris le 4 juillet 1848, est un écrivain, mémorialiste et homme politique français. Il est considéré comme l'un des précurseurs du romantisme français et l'un des plus grands noms de la littérature française. Issu de la noblesse bretonne, Chateaubriand s'inscrit politiquement dans la mouvance royaliste. Plusieurs fois ambassadeur, il est nommé ministre des Affaires étrangères de 1822 à 1824 sous le règne de Charles X. Des publications comme Essai sur les révolutions (1796) et Génie du christianisme (1802) manifestent son engagement politique en défense de la société d'Ancien Régime. Mais la question idéologique s'entremêle aussi à une esthétique originale qui remporte un grand succès populaire et littéraire : la description de la nature et l'analyse des sentiments du Moi. Néanmoins, l'œuvre monumentale de Chateaubriand réside dans les Mémoires d'outre-tombe. Outre son enfance et sa formation dans son milieu social de petite noblesse, il y brosse un tableau historique des périodes dont il a été le témoin de 1789 à 1841.

Découvrez 7 citations de François-René de Chateaubriand

Je suis né gentilhomme…

« Je suis né gen­til­homme. Selon moi, j’ai pro­fi­té du hasard de mon ber­ceau, j’ai gar­dé cet amour plus ferme de la liber­té qui appar­tient prin­ci­pa­le­ment à l’aris­to­cra­tie dont la der­nière heure est son­née. L’aristocratie a trois âges suc­ces­sifs : l’âge des supé­rio­ri­tés, l’âge des pri­vi­lèges, l’âge des vani­tés ; sor­tie du pre­mier, elle dégé­nère dans le second et s’éteint dans le dernier. »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Mémoires d’outre-tombe, 1849 – 1850, Livre pre­mier, texte éta­bli par Edmond Biré, Gar­nier frères édi­teur, 1910

La misère de l’homme…

« La misère de l’homme ne consiste pas seule­ment dans la fai­blesse de sa rai­son, l’in­quié­tude de son esprit, le trouble de son cœur ; elle se voit encore dans un cer­tain fond ridi­cule des affaires humaines. Les révo­lu­tions sur­tout découvrent cette insuf­fi­sance de notre nature : si vous les consi­dé­rez dans l’en­semble, elles sont impo­santes ; si vous péné­trez dans le détail, vous aper­ce­vez tant d’i­nep­tie et de bas­sesse, tant d’hommes renom­més qui n’é­taient rien, tant de choses dites l’œuvre du génie qui furent l’œuvre du hasard, que vous êtes éga­le­ment éton­né et de la gran­deur des consé­quences et de la peti­tesse des causes. »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Pen­sées, réflexions et maximes, Pour­rat frères édi­teurs, 1836

On s’étonne du succès de la médiocrité…

« On s’é­tonne du suc­cès de la médio­cri­té ; on a tort. La médio­cri­té n’est pas forte par ce qu’elle est en elle-même, mais par les médio­cri­tés qu’elle repré­sente ; et dans ce sens sa puis­sance est for­mi­dable. Plus l’homme en pou­voir est petit, plus il convient à toutes les peti­tesses. Cha­cun en se com­pa­rant à lui se dit : Pour­quoi n’ar­ri­ve­rais-je pas à mon tour ?” »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Pen­sées, réflexions et maximes, Pour­rat frères édi­teurs, 1836

Les tableaux de la création que l’on découvre du sommet des montagnes…

« Les tableaux de la créa­tion que l’on découvre du som­met des mon­tagnes aug­mentent dans le cœur de l’homme le sen­ti­ment reli­gieux ; à la vue de tant de mer­veilles, on se trouve natu­rel­le­ment dis­po­sé à ado­rer la main qui les tira du néant. Plus on s’é­lève vers le ciel, moins il semble que la prière ait d’es­pace à fran­chir pour arri­ver à Dieu : les anciens Perses sacri­fiaient sur les hau­teurs, et les Grecs avaient cou­ron­né de leurs temples les cimes de l’O­lympe, du Cythé­ron et du Tay­gète. Les rochers des Alpes étaient consa­crés par les divi­ni­tés du Capi­tole ; mais si les Romains avaient un Jupi­ter Pœn­nin sur le Saint-Gothard, ils n’y avaient pas un hos­pice : per­sonne ne s’y enter­rait vivant pour secou­rir le voya­geur ; ce sont là les œuvres du chris­tia­nisme. »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Sur le mont Valé­rien, 1819, Dufour, Mulat et Bou­lan­ger édi­teurs, 1854

Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts…

« Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts ; les morts, au contraire, ins­truisent les vivants. »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Mémoires d’outre-tombe, 1849 – 1850, tome 4, édi­tions Le Livre de poche, 2002

Je m’avançais vers Athènes avec une espèce de plaisir qui…

« Ce n’est pas dans le pre­mier moment d’une émo­tion très vive que l’on jouit le plus de ses sen­ti­ments. Je m’avançais vers Athènes avec une espèce de plai­sir qui m’ôtait le pou­voir de la réflexion ; non que j’éprouvasse quelque chose de sem­blable à ce que j’avais sen­ti à la vue de Lacé­dé­mone. Sparte et Athènes ont conser­vé jusque dans leurs ruines leur dif­fé­rent carac­tère : celles de la pre­mière sont tristes, graves, soli­taires, celle de la seconde sont riantes, légères, habi­tées. À l’aspect de la patrie de Lycurgue, toutes les pen­sées deviennent sérieuses, mâles et pro­fondes ; l’âme for­ti­fiée semble s’élever et s’agrandir. Devant la ville de Solon, on est comme enchan­té par les pres­tiges du génie ; on a l’idée de l’homme consi­dé­ré comme un être intel­li­gent et immor­tel. Les sen­ti­ments de la nature humaine pre­naient à Athènes quelque chose d’élégant qu’ils n’avaient point à Sparte. L’amour de la patrie et de la liber­té n’étaient point pour les Athé­niens un ins­tinct aveugle mais un sen­ti­ment éclai­ré, fon­dé sur ce goût du beau dans tous les genres que le ciel leur avait si libé­ra­le­ment dépar­ti ; enfin, en pas­sant des ruines de Sparte aux ruines d’Athènes je sen­tis que j’aurais vou­lu mou­rir avec Léo­ni­das et vivre avec Périclès. »

Fran­çois-René de Chateaubriand
Iti­né­raires de Paris à Jéru­sa­lem, en pas­sant par la Grèce, et en reve­nant par l’É­gypte, la Bar­ba­rie et l’Es­pagne, 1811, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 2005

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